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jeudi 19 avril 2018
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Gouvernance: la cote de popularité du Président chute

L’ingénieur-statisticien, Sidiki Guindo, connu pour ses sondages scientifiques, celui-là même qui s’est révélé au public malien à la veille des échéances électorales de 2013, par ses enquêtes respectées, est de retour. Depuis hier mardi, les résultats de son « sondage sur l’actualité malienne en décembre 2017 » sont disponibles. Ils portent entre autres sur le retour de l’ancien président ATT, la cote de popularité du président IBK, celle du chroniqueur Ras Bath, ainsi que l’opinion des Bamakois sur des opposants du régime, dont Soumaïla CISSE. La phase terrain de ce premier sondage s’est déroulée du 27 décembre 2017 au 03 janvier 2018 sur un échantillon de 1300 individus à Bamako, selon ses initiateurs. Les résultats dudit sondage représentent l’opinion des Bamakois et non celle de tous les Maliens. Ainsi, si 90 % des Bamakois se disent satisfaits du retour de ATT ; 87 % satisfaits de l’implication de IBK dans ce retour ; entre 2013 et 2017, la cote de popularité du président IBK a chuté de plus de 85 % à moins de 40 %.

Comme en 2013, l’ingénieur-statisticien, selon ses propres confidences, compte mener une série de sondages d’opinion en vue de prédire les résultats des élections présidentielles prévues en 2018. Mais avant, le premier du genre a concerné : la gestion du pays, le retour de ATT, la démission du ministre de la Justice, la démission du Général Moussa Sinko Coulibaly, la cote de popularité du chroniqueur Ras Bath, les élections du maire du District, la popularité de nos hommes politiques (Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé, Cheick Modibo Diarra, Moussa Mara, etc.).

Double langage des Bamakois
Sur le retour de ATT au Mali, 9 Bamakois sur 10 interrogés se disent satisfaits de ce retour (avec 59 % de très satisfaits et 31 % de plutôt satisfaits) contre 9 % qui ne sont pas satisfaits du retour (1 % de la population n’ont pu donner de réponse à cette question).
Concernant la cote de popularité d’ATT : 86 % de la population ont une opinion favorable de sa personne contre 14 % qui ont une opinion défavorable d’ATT.
L’enquête a également réévalué l’opinion de la population sur le fait de poursuivre ATT pour haute trahison. Il ressort des résultats que seulement 9 % de la population estiment qu’ATT est coupable et qu’il doit être poursuivi ; 38 % pensent qu’il est coupable, mais qu’on doit le pardonner et 42 % pensent qu’il n’est même pas coupable.
Il faut donc noter un changement considérable de l’opinion de la population sur la personne d’ATT. En effet, selon les résultats des sondages d’opinion, en 2014, moins de 35 % des Bamakois avaient une opinion favorable d’ATT et plus de 65 % étaient pour la poursuite de l’ancien Président.

L’implication d’IBK appréciée
Au jour d’aujourd’hui, ils sont plus de 85 % des Bamakois à avoir une opinion favorable de la personne et seulement 9 % sont pour sa poursuite.
Ces résultats, selon le responsable du sondage, pourraient être interprétés comme une insatisfaction des attentes de la population envers le pouvoir actuel et non comme une appréciation positive de la gestion du pays « à la ATT ».
Par ailleurs, les Bamakois ont positivement apprécié l’implication du président IBK dans le retour d’ATT. En effet, 87 % de la population pensent que l’implication de IBK dans ce retour a été une bonne chose (avec 49 % de très bonne et 38 % de plutôt bonne).
Par contre, sur la gestion du pays, seulement 29 % de la population sont satisfaits de la gestion actuelle du pays et 40 % ont une opinion favorable du président IBK.
Pour rappel, en 2013, plus de 85 % des Bamakois avaient une opinion favorable du Président IBK. Il s’agit bien d’une pierre dans le jardin de l’équipe dirigeante actuelle qui doit donc accepter la réalité en face et chercher les causes profondes de cette insatisfaction de la population.

La France lâchée
L’opinion de la population sur la France a radicalement changé. Ainsi, seulement 22 % de la population sont satisfaits du travail de la France au Mali contre plus de 75 % qui ne sont pas satisfaits (avec 60 % de très insatisfaits et 17 % de plutôt insatisfaits).
Concernant la cause de la présence française au Mali, plus de 80 % de la population pensent que la France est au Mali uniquement pour ses propres intérêts, 8 % pensent qu’elle est là uniquement pour nous aider et 10 % pensent qu’elle est au Mali pour les deux (pour nous aider et pour ses propres intérêts).
En fait, la population qui applaudissait la France est donc loin d’être satisfaite de son comportement cinq ans après. Il est important pour la France de se rendre compte de l’évidence et d’en tirer toutes les conséquences.

Qu’en est-il du Rasta ?
Selon les résultats du sondage, 97 % des Bamakois ont entendu parler de Ras Bath. Et que 73 % des Bamakois sondés ont une opinion positive du Rasta, contre 21 % qui ont une opinion négative de la personne et 6 % n’ont pu donner leur opinion sur la personne. Concernant ses émissions, 43 % de la population pensent qu’elles sont à 100 % bonnes pour le pays, 41 % pensent que ses émissions sont bonnes, mais qu’il exagère quelquefois et 11 % pensent qu’elles sont mauvaises pour le Mali et qu’il doit arrêter. Ainsi, au moins 80 % des Bamakois qui apprécient très positivement ou plutôt positivement les émissions du chroniqueur.

Démissions
Sur la démission de l’ancien ministre de la Justice, Mamadou Ismaël Konaté : 67 % des Bamakois sont au courant de la démission du ministre de la Justice. Parmi ceux qui sont au courant, 43 % pensent que cette démission est une bonne décision contre 57 % qui pensent le contraire. Concernant la popularité du ministre démissionnaire, 24 % ont une opinion positive de la personne, 32 % ont une opinion négative de la personne contre 44 % qui n’ont pas pu donner leur opinion sur la personne.

Quant au Général Moussa Sinko Coulibaly, 64 % des Bamakois sont au courant de sa démission. Parmi ceux-ci, 52 % pensent que cela est une bonne décision contre 48 % qui pensent le contraire.
Concernant la popularité du Général, 32 % ont une opinion positive de la personne, 19 % ont une opinion négative de la personne contre 49 % qui n’ont pas pu donner d’opinion sur la personne.

D’autres personnalités évaluées
Parmi celles-ci, l’honorable Soumaila Cissé, président de l’URD et non moins chef de file de l’opposition. Il devance le Président IBK avec 45 % des Bamakois sondés qui ont une image positive de lui contre 47 % qui ont une image négative de la personne (8 % n’ont pu donner de réponse).
Il faut noter que dans les sondages de M. Guindo, la cote de popularité de «Soumi champion» a toujours varié entre 35 % et 50 % au cours des deux dernières années.
Quant à l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, ils sont 44 % des Bamakois à avoir une image positive de cet ancien PM contre 44 % qui ont une image négative de lui (et 12 % n’ont pu donner de réponse).
L’ancien président de la transition (2012-2013), Dioncounda Traoré recueille 60 % d’opinions positives des Bamakois contre 34 % (et 6 % n’ont pu donner de réponse).
Moussa Mara, président du parti Yelema, et ancien PM lui est crédité de 85 % des Bamakois favorables contre 10 % qui ont une image négative de lui (et 5 % n’ont pu donner de réponse).
Le Premier ministre de plein pouvoir, Cheick Modibo Diarra, président du parti RPdM enregistre 81 % d’opinion favorable des Bamakois contre 10 % alors que 9 % n’ont pu donner de réponse.

Élection du maire de Bamako
La question posée tentait de savoir si les principaux candidats seront de bons ou mauvais maires du District de Bamako, une fois élus. Il ressort des résultats que le candidat Moussa Mara se distingue nettement des autres. En effet, indiquent les sondages, plus de 85 % des Bamakois pensent que Moussa Mara sera un bon maire. Le maire sortant Adama Sangaré arrive en deuxième position avec 30 %. Il est suivi de Demba Traoré avec 17 % et 14 % pour Issa Guindo.
Concernant les intentions de vote, si on organisait les élections la semaine prochaine, sans aucun doute, Moussa Mara viendrait en tête avec plus de 60 % des voix, Adama Sangaré aura moins de 20 % des voix, Issa Guindo et Demba Traoré auront chacun moins de 10 % des voix.
M Guindo en déduit, comme IBK lors des présidentielles de 2013, Moussa Mara pourra donc remporter les élections du District de Bamako sans aucune ambiguïté.
En ce qui concerne les élections présidentielles de 2018, l’ingénieur- statisticien estime qu’il il est encore trop tôt pour prédire les résultats, en fonction de diverses considérations. Toutefois, M Guindo a tenté de savoir des intentions sur ses sondés. Il en ressort que cinq candidats sortent du lot à Bamako. Par ordre alphabétique des prénoms, il s’agit de Cheick Modibo Diarra, Ibrahim Boubacar Keita, Moussa Mara, Soumaila Cissé et Zoumana Sacko.
L’ingénieur précise toutefois que chacun, de ces 5 candidats, présente des forces et des faiblesses. Ainsi, Cheick Modibo Diarra et Zoumana Sako sont connus à Bamako, mais peu connus à l’intérieur du pays.
Moussa Mara est connu à Bamako et est resté en contact avec l’intérieur du pays grâce à ses tournées. Cependant, son parti ne semble pas être bien installé au niveau national.
Soumaila Cissé a un parti bien installé au niveau national, il a fait ses preuves lors des dernières élections, cependant, depuis le coup d’état de 2012, il est victime de mauvaises publicités le présentant comme un des candidats qui ne milite pas pour l’intérêt supérieur de la nation. Par ailleurs, contrairement à Moussa Mara, Soumaila Cissé ne part pas au contact des villageois qu’à l’approche des élections.
Quant à Ibrahim Boubacar Keita, il est taxé de pas pu choisir pendant les 4 années, de collaborateurs efficaces. Les partis de la majorité présidentielle, surtout le RPM, sont restés dans des luttes de positionnement. Aussi, selon les initiateurs du sondage, en 2013, IBK a-t-il eu le soutien total d’une bonne partie de la population y compris des chefs religieux…

Par Sidi Dao




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