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mercredi 25 mai 2022
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Grogne des travailleurs du Groupe 4 Sécuricom: le Syndicat sollicite l’implication des autorités

Le 15 mars 2014, à la suite d’un préavis de grève, un accord est signé entre la direction et le syndicat du Groupe 4 Sécuricom pour mettre fin à la grogne des travailleurs. Plus de 6 mais après, les travailleurs ne constatent aucune amélioration. Ces derniers ont décidé de porter l’affaire devant le Tribunal du travail.
La signature dudit accord avait suscité beaucoup d’espoir chez une centaine de travailleurs quant à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, puisque la direction générale de G4S, du côté de l’Afrique de Sud, avait donné son avis favorable pour son application.
Plus de 6 mois après, le Syndicat constate que la direction n’a pas appliqué l’accord du 15 mars 2014. Car, au lieu de sentir une nette augmentation sur les salaires, comme cela était convenu, les rémunérations sont restées inchangées, si elles n’ont pas été amputées, nous a confié Oumarou dit Barou Diallo, chargé des questions économiques, des revendications et conflits de travail à la CSTM (Confédération syndicale des travailleurs du Mali).
Il s’est avéré que la grille salariale, appliquée par le G4S avant la signature de l’accord du 15 mars, était plus avantageuse pour les travailleurs, selon M Diallo. Malgré tout, la direction de G4S se défend d’avoir calculé les salaires sur la base du barème de la convention, a-t-il indiqué. Pour cause, avant d’appliquer l’accord, la direction a procédé à une diminution dans le panier des primes de transport, a-t-il fait constater. Ce qui, dit-il, est une atteinte aux avantages des travailleurs.
Pour protester contre cette attitude réfractaire de la direction du groupe G4S, le Comité syndical a décrété une grève illimitée, le 4 août 2014.
Le 29 septembre 2014, le conseil d’arbitrage s’est penché sur le différend entre les deux parties, a rappelé Oumarou Barou Diallo.
Sous l’égide du conseiller juridique du ministère du Travail, de la fonction publique et des relations avec les institutions, Kamanfily Dembélé, le 7 octobre 2014, le conseil d’arbitrage s’est réuni.
Le constat était que la direction de G4S n’est pas de bonne foi. Ainsi, le conseil d’arbitrage, conformément à la Convention Collective, a sommé l’employeur à payer la prime de transport, conformément au taux d’avant l’accord du 15 mars 2014, soit 6 046 FCFA au lieu de 4 240 FCFA avec la régularisation du reliquat dû, exception faite de la période de grève.
L’employeur a été invité à élaborer un projet de plan de carrière dans un délai de trois mois, à compter de la date de la présente décision, en date du 7 octobre 2014.
Nouvelle déception
Dans l’espoir que la décision du conseil d’arbitrage sera mise en application et de favoriser un climat de collaboration entre les deux parties, le Comité syndical a demandé à ses militants de reprendre le travail, le 9 octobre 2014, selon notre interlocuteur.
Mais, il se trouve que la direction de G4S était dans une autre logique, constatent -ils. Ainsi, au lieu de profiter de cette opportunité offerte par le syndicat, elle a plutôt saisi l’inspection du travail pour proposer le licenciement de 155 agents dont 7 délégués syndicaux qui étaient en poste à l’ambassade Américaine, au motif que cette représentation aurait souhaité ne plus recevoir les grévistes dans ses locaux. Des arguments fallacieux que l’inspection du travail a logiquement rejetés.
Par ailleurs, toujours dans une logique de vengeance, la direction de G4S a adressé «un acte d’opposition» à la décision du conseil d’arbitrage, nous a fait savoir Cheickna Konaté, secrétaire général adjoint du comité syndical du G4S.
«Suite à cette reprise, il y a eu des actes de harcèlement, ainsi que de violences psychologiques et financières sur les travailleurs grévistes, à savoir: amputations de salaires non motivées, des licenciements abusifs, de la part de la direction, a expliqué le responsable syndical.
Défiance des autorités
Ainsi malgré l’opposition de l’inspection du travail et du Conseil d’arbitrage, le G4S a mis en œuvre son projet de licenciement des 155 agents à la suite de cette grève. D’ores et déjà, 4 travailleurs ont été licenciés et 20 autres sont menacées de licenciement immédiat, selon M Konaté.
Face à cette situation, le comité syndical a saisi la Confédération syndicale des travailleurs du Mali, les autorités en charges des questions d’emplois au Mali (inspection et tribunal du travail) et même le ministère a été saisi, nous a révélé M Konaté. Mais, aucune de ses instances n’est parvenu à faire plier la direction, a-t-il déploré.
De l’avis du syndicat, le G4S ne traite pas ses clients en dessous de 350 000 F CFA. Même si les textes prévoient que l’agent doit recevoir les 60% de cette somme, le G4S ne donne que des miettes à ses pauvres agents qui sont obligés de l’accepter, sans autres alternatives, a regretté M Konaté.
Comme si cette défiance aux autorités ne suffisait pas, les responsables du G4S se livrent à des licenciements abusifs pour motifs: «sommeil au travail», « abandon de poste sans motif valable».
Dans la procédure, la direction adresse une demande d’explication au travailleur concerné. Et la suite est connue, on amène cette décision à l’Inspection du travail. Aussitôt, l’employé perd son boulot.
Deux responsables de la boîte indexés
Deux responsables de la boîte sont généralement indexés pour conduire ces sales boulots contre les travailleurs, nous a-t-on confié.
Selon Checkna Konaté, après la grève, les agents n’ont pas été normalement employés par la direction. Chaque jour, ils se présentaient au service sans que le chef ne daigne les dire de faire quoi que ce soit. A la suite de ce triste constat, ces agents ont vu leur salaire mensuel amputé de moitié, par la direction, avec comme motifs: «temps de travail non effectif».
Actuellement, ce point précis de l’affaire est porté devant le tribunal du travail. Le jugement est attendu pour le 2 mars prochain pour la troisième fois.
En tout cas, le syndicat ne cache pas sa détermination à aller jusqu’au bout. Car, même s’il venait à prendre le jugement à ce niveau, il est prêt à saisir les instances supérieures; et s’il faut les organisations internationales du travail.
«Au-delà des juridictions nationales, nous comptons saisir l’organisation internationale du travail (OIT) et l’OCDE pour le règlement de ce litige», a affirmé Cheickna Konaté. Avant d’ajouter: «le G4S fait aujourd’hui, en toute impunité, un traitement esclavagiste des Maliens».
Pour un dénouement heureux de cette situation, les responsables syndicaux en appellent l’implication des autorités nationales.
Contacter par nos soins, la direction de G4S n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
Ce que dit l’accord du 15 mars
Pour rappel, l’accord du 15 mars 2014, prévoyait : le reclassement des grades dans la 4ème catégorie de la Convention collective des personnels des sociétés de surveillance, de gardiennage et de prestation de service ; le calcul des primes conformément aux taux de ladite convention; le paiement des heures supplémentaires, conformément à la réglementation en vigueur ; l’augmentation des salaires de 1 982 FCFA sur le salaire brut pour les travailleurs qui ont moins de 3 ans d’ancienneté et 2 500 FCFA pour ceux qui ont plus de 3 ans d’ancienneté ; l’instauration d’un plan de carrière.
PAR ABDOULAYE OUATTARA




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