Hervé Ladsous: des accusations à géométrie variable

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Le secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, qui n’est pas à son coup essai de partie pris en faveur de la CMA, a accusé les FAMAS et le GATIA de graves violations des droits de l’homme, dans le nord de notre pays. La révélation a été faite, le 6 octobre dernier, lors de la présentation au Conseil de sécurité de l’ONU du rapport trimestriel de Ban Ki-Moon sur la situation du Mali. Entre temps, les protégés de la MINUSMA, de Barkhane et de l’ONU (la Coordination des mouvements armés qui contrôle Kidal), peuvent se permettre de régler impunément ses comptes. L’ONU ignore-t-elle réellement la réalité ou s’agit-il d’une volonté manifeste d’étouffer les faits ?

Après sa sortie controversée à Bamako, dans la mouvance de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, l’incorrigible sous-secrétaire de l’ONU en charge des opérations de maintien de la paix, enfonce les FAMAS et le groupe d’autodéfense, GATIA, accusés d’exactions, de violations graves des droits de l’homme à Kidal et dans d’autres localités de notre pays.
Comme si le jeu était d’avance fait, aucune allusion n’est faite à la CMA dont des membres sont pourtant, à tout moment, auteurs de tueries, d’enlèvements, de séquestrations contre les populations civiles. Des faits qui sont à longueur de journée dénoncés par ces derniers, mais sans avoir la moindre chance d’être entendus.
Pas plus tard que le samedi dernier, dans les régions de Gao et Ménaka, la CMA était indexée pour avoir exécuté une vingtaine de civils. Les massacres, selon les sources, ont eu lieu à Sehene dans la toute nouvelle région de Ménaka et à Intakabart dans celle de Gao. Les assaillants à bord de véhicules lourdement armés ont surpris les paisibles populations en train d’abreuver leurs animaux autour des puits, rapporte-t-on. Les sources indiquent que les victimes, des bergers, ont été prises, à tort ou à raison, pour des partisans du GATIA. Depuis l’annonce de la triste nouvelle, aucune enquête n’a été diligentée pour faire la lumière sur ces atrocités, comme si une vie valait mieux qu’une autre dans notre pays.
Cependant, dès qu’il s’agit de membres de la CMA ou du MNLA, en particulier, c’est la réaction fulgurante de la MINUSMA, ce sont des mesures de protection qui sont immédiatement prises pour protéger les protégés de la force onusienne. Comme on a vu lors des différentes défaites de la CMA contre le GATIA où la MINUSMA n’a pas lésiné sur les moyens sous prétexte de protéger les populations civiles de la ville rebelle de Kidal.
À l’exception de la MINUSMA et de l’ONU qui ont opté de fermer les yeux et les oreilles sur toutes les exactions commises par la CMA et ses alliés djihadistes, l’unanimité est de plus en plus faite autour de l’indiscipline de cet ex-groupe rebelle auteur de l’assassinat de dizaines de nos militaires à Aguel’hock, de l’exécution sommaire des FAMAS et des fonctionnaires civils à la suite de la visite de l’ancien Premier ministre de Moussa MARA à Kidal, en 2014.
En tout cas, notre voisin, le Niger, ne dit pas le contraire. Son ministre de la Défense, à la suite à l’attaque du jeudi 6 octobre dernier, contre un centre d’accueil de réfugiés maliens à Tazalit, dans la région de Tahoua au Niger, qui a fait 22 morts, a accusé formellement les groupes armés qui opèrent dans la région de Kidal.
« (…). Les groupes armés dans le Nord du Mali, c’est un continuum entre les groupes terroristes et les groupes armés qui participent parfois au processus d’Alger et les groupes de trafiquants, narcotrafiquants. Donc, il n’y a pas de distinction entre ces différents groupes : Ançar Eddine, Aqmi, HCUA, narcotrafiquants. En réalité, ils passent d’un statut à l’autre. Nous les avons poursuivis, ils sont entrés en territoire malien. Nous allons faire en sorte que cela leur coûte de plus en plus cher de mener ce genre d’attaque contre notre pays, contre nos soldats », a déclaré le ministre nigérien de la Défense sur RFI.
Face à tous ces drames, aucune poule n’a été incommodée. Et pourtant, il est facile d’accuser le GATIA et les FAMAS de violation des droits de l’homme à Kidal et dans d’autres localités de notre pays, comme la stigmatisation en a été faite, le 6 octobre dernier, par le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de paix.
Le rapport trimestriel présenté par le secrétaire général de l’ONU sur la situation dans notre pays, à travers ses représentants, a adhéré à l’analyse relative à la persistance des attaques asymétriques des terroristes contre les Forces de défense et de sécurité maliennes et les Forces internationales dans le Nord et le Centre du pays. Ces facteurs, rappellent-ils, entravent la mise en œuvre diligente de l’Accord pour la paix.
Si la délégation du Mali reste préoccupée par la situation des droits de l’homme, au même titre que Ban Ki-Moon, elle ne partage toutefois pas le point de vue de ce dernier au sujet de la lutte contre le terroriste, menée par les Forces maliennes.
« Le recours excessif à la force imputé aux Forces de défense et de sécurité du Mali dans la lutte contre le terrorisme nous paraît exagéré », a regretté notre représentant, M. Issa KONFOUROU.
L’appréciation du secrétaire général est d’autant plus biaisée qu’elle « ne prend pas en compte les efforts du Gouvernement du Mali en matière de promotion et de protection des droits de l’homme, et ce, dans un contexte difficile, marqué par l’absence du contrôle de l’État sur certaines parties du territoire national », a-t-il mis en exergue. Il s’agit d’initiatives ayant trait notamment aux volets politique et institutionnel ainsi qu’à celui du développement.

Par Sidi DAO

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