IBK à l’inauguration de la station d’eau de Kalaban: « c’est un paradoxe de fêter l’eau potable au 21ème siècle »

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Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA a inauguré, lundi dernier, la station compacte de production d’eau potable de Kalaban-Coro qui a coûté plus de 9 milliards de FCFA, dont 8,4 milliards de FCFA financés par la Banque islamique de développement. Les nouvelles infrastructures connexes à cette station compacte permettront d’assurer l’accès à l’eau potable de plus de 300.000 âmes dans les localités de Kabala, Kalaban-Coro, Tiébani et de la Commune V du District de Bamako.

La cérémonie a enregistré la présence du Premier ministre, de plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre de l’Énergie et de l’eau, Malick ALHOUSSEINI ; des présidents des Institutions de la République ; du corps diplomatique ; des représentants des partenaires financiers du Mali ; des autorités administratives et politiques du District de Bamako et de la Commune de Kalaban-Coro, des chefs religieux et coutumiers et des populations bénéficiaires sorties massivement pour accueillir le Président IBK.

La joie du maire
L’honneur est revenu au maire de la commune urbaine de Kalaban -Coro, Issa Boubacar BALLO, de souhaiter la bienvenue à tous les participants au 1er rang desquels le président IBK.
« Je suis un maire comblé, d’une population heureuse, qui chante en ce jour grandiose à nul autre pareil », a déclaré le maire.
Aussi, a-t-il exprimé la satisfaction de la population pour la réalisation de cette station d’eau, moteur de tout développement. Car l’eau est source de vie et l’eau potable est source de santé et d’une longue vie.
Par ailleurs, il a profité de l’occasion pour présenter certaines doléances au Président IBK. Il s’agit du lotissement de N’Golobougou, village qui abrite la Cité universitaire ; la construction d’un centre multifonctionnel à Kalaban -Coro pour la jeunesse (le terrain est disponible), etc.
Quant au représentant de la BID, il a fait savoir que le total de l’approbation de son institution pour le secteur eau et assainissement dans notre pays s’élève à 178,9 millions de dollars pour le financement de 4 projets.

L’intérêt manifeste des PTF
Selon M. BAGAYOKO, le présent projet est l’aboutissement de la volonté commune des plus hautes autorités du Mali et des responsables de la BID à accroître le taux d’accès des populations à l’eau potable de la ville de Bamako, à contribuer à la lutte contre la pauvreté ; et à assurer le développement des services sociaux de base. Toutefois, il a déploré le retard de 3 ans qu’a accusé ce projet. Toute chose qui interpelle tous les acteurs.
Pour sa part, l’ambassadeur de France au Mali, Mme Évelyne DECORPS, dira que ce projet répond à un besoin d’accès à l’eau potable pour les populations. En effet, soutient Mme DECORPS, l’ouvrage, objet de la présente cérémonie, est financé à hauteur de 50 millions d’euros (32,7 milliards de FCFA) par la Banque européenne d’investissement, de 66 millions d’euros (43,3 milliards de FCFA) par l’Agence française de développement) et de 18 millions d’euros (11,8 milliards de FCFA) par l’Union européenne.

Une mission accomplie
Selon le ministre de l’Énergie et de l’eau, Malick ALHOUSSEINI, c’est le projet de société du Président IBK qui est à l’origine de cet événement.
« En acceptant de présider cet après-midi, la cérémonie d’inauguration de la nouvelle station compacte de production d’eau potable de Kalabancoro, vous témoignez une fois de plus, toute l’attention que vous ne cessez d’accorder au bien-être des populations maliennes », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Ce 17 octobre 2016 qui constitue un jalon décisif dans la lutte contre la soif pour une partie importante de notre capitale est le couronnement d’un travail de chaîne, du travail de tout le gouvernement, et de mes prédécesseurs à ce poste. Dieu a voulu que ce soit ma modeste personne qui ait le privilège de vous accueillir ici, et de vous dire : « voici mené à bien le projet de station compacte de Kalabancoro » ».
En effet, dira le ministre, les besoins en eau des populations de la capitale vivant dans les quartiers situés à la rive droite du fleuve Niger, ne représentaient que 17 % des besoins, comparés à la rive droite, il y a 30 ans. Actuellement, ces besoins ont atteint le seuil de 50 %, car la population croît et Bamako s’étend. Ainsi, l’accès à l’eau potable devient une question de survie dans la capitale, selon le ministre. Face à cette situation, il fallait penser et mettre en œuvre des actions d’urgence en rive droite du fleuve Niger, à travers l’installation rapide de stations préfabriquées de production d’eau potable, communément appelées Stations Compactes.

La portée d’un ouvrage
Le présent ouvrage, a-t-il rappelé, a coûté un peu plus de 9 milliards de FCFA, dont 8,4 milliards de FCFA financé par la BID. Les nouvelles infrastructures permettront d’assurer l’accès à l’eau potable de plus de 300.000 âmes dans les localités de Kabala, Kalabancoro, Tiébani et de la Commune V du District de Bamako.
Aussi, a souligné le ministre Malick ALHOUSSEINI, les travaux réalisés ont essentiellement porté sur : la construction d’une station compacte pouvant produire 18,5 millions de litres d’eau potable par jour ; la pose d’un réseau d’adduction et de distribution d’eau sur une longueur de 74,2 km ; la construction d’un réservoir de stockage de 4000 m3 ; la réalisation de 1000 branchements promotionnels et de bornes-fontaines.
Les travaux ont été réalisés par le Groupement d’entreprises DEGREMONT/BUILDERS DIAWARA SOLAR. Le contrôle de qualité desdits travaux est l’œuvre du bureau d’Ingénieurs Conseils-CIRA.
Par ailleurs, a-t-il reconnu, en dépit de tous les efforts consentis jusque-là, pour améliorer l’accès à l’eau potable des populations de Bamako et environs, force est de reconnaitre que la capacité de production d’eau potable est nettement inférieure à la demande.
« Rien que pour la population déjà connectée au réseau, la demande dépasse l’offre de près de 50 millions de litres d’eau par jour. Ce déficit pour l’ensemble de la population de Bamako atteint 150 millions de litres d’eau potable par jour », a-t-il noté. C’est pourquoi le gouvernement a adopté le Schéma directeur d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako jusqu’à l’horizon 2032 qui verra la population de Bamako dépasser les 7 millions d’habitants. Cet outil important de planification prévoit la mise en œuvre du projet structurant de Kabala en 4 phases.
En effet, le chantier de Kabala est actuellement dans sa 1 ère phase de réalisation pour un financement de plus 170 milliards de FCFA, entièrement mobilisés.
Mieux, avec le soutien de nos partenaires techniques et financiers, le gouvernement a déjà mobilisé près de 102 milliards de FCFA sur un besoin de financement de 150 milliards de FCFA en anticipation à la mise en œuvre de la 2e phase dudit Schéma directeur.
Les infrastructures attendues de ce projet structurant permettront d’assurer l’accès à l’eau potable à plus de 1,2 million de personnes et d’atteindre, ainsi, un taux d’accès à l’eau de plus de 90 % contre 65 % présentement.
L’état d’avancement de cet important projet et multibailleurs est satisfaisant, a assuré le ministre. Les travaux, qui ont été lancés il y a quelques mois, se poursuivent normalement.
Le Département ne ménagera aucun effort pour assurer le respect de ces délais, à savoir, décembre 2018, afin que contre la période de forte chaleur de l’année 2019 se dresse la nouvelle station de pompage d’une capacité journalière de 144 millions de litres, prête à desservir plus de 1,2 million de personnes.

Les notes positives d’IBK
C’est un IBK très heureux qui a coupé le ruban symbolique d’inauguration de la station compacte de Kalaban -Coro.
« Nous sommes dans un jour faste. Le maire de Kabala a chanté ce jour est un jour béni, ce jour de bonheur. Il aurait pu danser le djandjo. Je m’en suis rendu compte, figurez-vous, en venant aujourd’hui à Kabala par l’accueil des populations.
De mon entrée sur le territoire jusqu’à ici, cette station compacte, la population est sortie massive et compacte pour dire sa joie, son bonheur d’être enfin délivrée de la pénible corvée d’eau potable. C’est un paradoxe singulier que l’on en soit là encore là à fêter l’eau potable au 21e siècle. Hélas, hélas ! Tel est notre lot. J’ai vu aujourd’hui une grande joie. Mais, nous n’avons pas de mérite en réalité ; cela aurait dû être fait depuis belle lurette, depuis très longtemps », a-t-il déclaré.
Pour le Président IBK, il est bon, il est sain que les populations aient accès à l’eau potable de qualité. Car, a-t-il rappelé, l’eau de mauvaise qualité cause d’énormes dégâts de santé publique. Mieux, toutes les maladies hydriques, les gastro-entérites sont dues à la mauvaise eau de consommation.
« Que Kabala et environ et la Commune V du District de Bamako en soient délivré est un bonheur. Cela va continuer ! 171 milliards de FCFA ont été investis ici. On vous a dit, le financement est bouclé. Les 4 phases Inch Allah vont se dérouler. Et enfin de parcours, nous aurons un potentiel quotidien 300 millions de titres d’eau potable par jour. Nous pourrons dire ce jour-là Alhamdoulilaye Allabil Allamina », a souligné le Président IBK.
Il n’a pas manqué de saluer tous les partenaires nationaux et internationaux qui ont pris part à cette grande aventure, toujours à leurs côtés pour les œuvres de développement du Mali et tous les autres.
Le président IBK a exprimé son souhait que ceux qui auront à travailler ici pour le bonheur des populations feront en sorte qu’un très bon usage soit fait des infrastructures pour que celles-ci puissent se maintenir très longtemps.
« Le bonheur suprême, on me dit que ce qui a été fait ici à Kabala est transportable demain ailleurs en République du Mali. Quand on n’a pas beaucoup de ressources, ce qui a été réalisé à Bamako sera demain à Ségou, pourquoi pas à Mopti, Tombouctou, Gao ou Kidal. Très bonne nouvelle ! Je voudrais terminer en disant que nous avons peiné, nous avons souffert avec notre peuple, avec nos parents de Kabala et de la zone, dont nous avons su la pénibilité de la vie quotidienne, le difficile accès à l’eau potable, les enfants qui vont à l’école dans des conditions de pénibilité et qui se lèvent tôt le matin pour aider à la recherche de l’eau. Cela est terminé », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, dira le Président IBK, la solidarité internationale n’est pas un vain mot. Et pour cause, les sommes fabuleuses, qui ont été mobilisées, l’ont été grâce à ce sentiment humain très fort qui unit les hommes. « Et qui fait que ceux nantis au Nord pensent à ceux du Sud en difficultés. En illustre une belle chaîne humaine de solidarité ce que ton autre vit, je le vis également ».
Enfin, il a tenu à féliciter les entreprises maliennes, notamment BULDERS DIAWARA et CIRA, qui participent de la « plus belle manière » dans la réalisation de ce magnifique projet de Kabala.

Par Sékou CAMARA

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