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mardi 21 novembre 2017
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IBK et le Développement rural: la moisson d’une version

S’il y a un domaine dans lequel l’État a mis des moyens à la hauteur des ambitions et du potentiel avéré du pays, c’est bien celui du développement rural : Agriculture, Élevage et pêche. En visionnaire et en homme d’État éclairé, le président IBK ne s’est pas trompé dans son choix lorsqu’il a réaffirmé son dévolu en faveur du monde rural en disant : « Quand on a l’ambition, il faut se donner les moyens. Les gens disent dans notre pays, on a de l’or, du diamant. Moi, mon or, c’est le vert, c’est l’agriculture ».
Résultat : en quatre années, ces deux secteurs ont accompli de grandes prouesses en termes de modernisation et de diversification tout en se positionnant au cours du quinquennat du locataire de Koulouba comme un véritable réservoir d’emplois.

Faire de l’agriculture un moteur de croissance économique et un outil efficace de lutte contre la pauvreté rurale, telle est la vision incarnée par le Projet de société du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, et constitue une haute priorité pour le Gouvernement. Ce qui lui a valu d’affecter plus de 15 % de nos ressources budgétaires au secteur agricole, et d’ériger au rang des priorités absolues toutes initiatives susceptibles d’amorcer le décollage véritable de ce secteur.
L’atteinte de cette vision présidentielle a mobilisé toutes les énergies des départements en charge de l’agriculture et celui de l’élevage et de la pêche, depuis 4 ans. Dans cette perspective, d’ambitieuses réformes ont été entreprises pour favoriser une modernisation avérée et en faire un secteur pourvoyeur intensif d’emplois et de revenus conséquents, par l’exportation de produits crus et de produits transformés. Ces réformes visent à assurer la sécurité alimentaire, la stabilité sociale, l’instauration d’un meilleur cadre de vie des populations, à travers la création d’emploi et l’ouverture de plusieurs opportunités d’affaires favorisant l’amélioration des revenus des producteurs représentant aujourd’hui 80 % de la population malienne.

Révolution de la productivité
En effet, l’amélioration de la Production et de la Productivité agricole passe indéniablement par certaines actions notamment le développement de la recherche agricole, la disponibilité des intrants (Engrais et autres produits) ainsi que la disponibilité des matériels agricoles.
Sur ce plan, le département, se référant sur le projet de société du président de la République, a déjà enregistré d’énormes avancées.
Au niveau de la Recherche, le Président de la République a prôné, dans sa vision, de faire de la recherche agricole un instrument de développement. Ce qui a amené le département à développer une politique de renforcement des capacités des systèmes de recherche agricole nationaux. Avec des actions focalisées sur les petits agriculteurs, il vise à améliorer la productivité, la compétitivité.
Ici, les réalisations ont porté sur le développement des technologies et innovations, notamment près de 200 projets de recherches stratégiques et appliquées, de recherche-développement sur des problématiques nationales et sous régionales intéressant le Mali, la production de semences de pré-base et de base (300 ha concernés sur les différents sites de recherche dans les régions et le District de Bamako) et surtout la mise au point de variétés de riz de 8 à 10 tonnes à l’hectare, de mil/sorgho de 2 à 3 tonnes/hectares ; de maïs de plus de 5 tonnes/hectares, de niébé 1, 5 à 2 tonnes/hectares.
Les chercheurs maliens ont également mis en place de plates-formes d’innovations multi-acteurs (20 plates-formes d’innovations multi-acteurs ont été mises en place sur les filières riz, fonio, lait, maïs, pomme de terre) ainsi que la diffusion à grande échelle de technologies, notamment 220 semoirs philippins pour le repiquage du riz ont été introduits dans les différentes zones de l’Office du Niger, dans la plaine ARPASO de San, à l’Office de Développement rizicole de Sélingué (ODRS), 6 prototypes du Semoir Nafama livrés à des paysans, la diffusion des résultats de recherche. Ainsi, depuis trois ans, l’Institut d’Économie rurale (IER) se présente comme l’un des centres recherche les plus performantes de la sous-région.

L’engagement présidentiel
Dans les domaines des intrants, l’engagement présidentiel a été total. En effet, de 12 500 FCFA en 2012, le sac d’engrais est cédé aujourd’hui à 11 000 FCFA. En termes de chiffres, la politique de subvention des intrants et équipements agricoles a couté 54 100 014.000 FCFA pour la production végétale au titre de la campagne 2016/2017, reparti entre 41.500.014.000FCFA pour la subvention des intrants des productions végétales (soit plus de 400 000 tonnes engrais et semences de maïs hybride) contre 12,6 milliards de FCFA pour le Programme de subvention des équipements agricoles.
Pour cette année, le budget global de la campagne agricole 2017-2018 est arrêté à la somme de 287,6 milliards de FCFA, dont 53,5 milliards sont destinés à l’acquisition des intrants agricoles (engrais, semences) et 6,3 milliards de FCFA pour les équipements agricoles. Sur le montant total du budget, l’État doit débourser 153,6 milliards de FCFA tandis que les producteurs s’acquitteront de 134,07 milliards de FCFA.
Depuis la campagne agricole 2007-2008, le gouvernement a expérimenté avec beaucoup de succès la subvention des intrants agricoles (engrais, semences améliorées et équipements agricoles de production et de transformation). Les producteurs ont de plus en plus plaidé pour le maintien de ce dispositif qui se perfectionne d’année en année. Il a surtout permis d’augmenter considérablement la production céréalière du pays et cela malgré les aléas climatiques et les attaques des déprédateurs. Le Mali conforte de plus en plus sa place de leader en matière de production céréalière dans la sous-région. Cette politique forgée dans les veines des structures concernées commence à faire des émules et le département en charge de l’Agriculture s’efforce de verrouiller avec succès toutes les tentatives de fraudes sur la délivrance des cautions relatives aux engrais. Le ministre de l’Agriculture, Kassoum Denon, en a fait son cheval de bataille pendant toute la campagne agricole passée. Et le message a porté ses fruits. Le mécanisme est maintenant suffisamment rodé.

Équipement et mécanisation
En effet, le taux d’équipement moyen estimé par région en 2012 (tout équipement confondu) avait été estimé à 4 % pour Kayes, 6 % pour Koulikoro, 49 % pour Sikasso, 36 % pour Ségou, 4 % pour Mopti, 2,4 % pour Gao et 0,5 % pour Tombouctou et 0,1 % pour Kidal.
Pour la grande motorisation en développement croissant, le nombre de tracteurs est estimé à 1204 en 2014. Ce parc est composé en grande majorité de tracteurs de moyenne puissance (25 à 50 CV), très adaptés aux travaux de préparation du sol et essentiellement concentrés dans la zone CMDT (régions de Sikasso et Ségou).
La petite motorisation ou motorisation intermédiaire était composée de : motoculteurs (1328), très utilisés dans les casiers de l’Office du Niger, de motopompes (au nombre de 3211) utilisées dans le Delta du Niger, à Tombouctou et à Gao, de matériels de post-récoltes à poste fixe qui sont constitués principalement de batteuses (974), de décortiqueuses (2335) et de moulins (734), et les plate-forme multifonctionnelles (120) mini rizeries (13) qui font de plus en plus leur apparition dans les zones rizicoles et dans d’autres régions du pays.
Cependant, depuis 4 ans, ce taux connait une croissance réelle grâce aux actions entreprises par le Gouvernement, à travers le département de l’agriculture et à l’engagement personnel et volontariste du Président de la République, à travers l’Opération 1000 tracteurs. Cette opération exceptionnelle a permis au monde paysan de bénéficier de tracteurs subventionnés à 50 % avec des facilités de remboursements.
Pour la remise solennelle de tels matériels qui vont révolutionner le monde rural, les autorités nationales ne pouvaient retenir meilleure date que le 22 septembre 2015 jour commémorant le 55e anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance.
Les 1000 tracteurs flambant neufs, qui étaient stationnés sur les berges du fleuve Niger, ont coûté la bagatelle de 13,6 milliards de FCFA financés conjointement le gouvernement et des banques de la place.

Promesse tenue
Ce sont les sociétés Toguna Agro-industries SA et Mali Tracteurs SA qui ont remporté l’appel d’offres international.
Toguna Agro-industries SA a remporté le marché de 800 tracteurs de marque Foton (Chine) et Mali Tracteurs SA a fièrement exposé ses 200 tracteurs de marque indienne Mahindra montés sur place ici à Samanko.
Tous les tracteurs étaient présentés avec leurs accessoires (remorques, herses, multiculteurs, semoirs, etc.).
Le président Ibrahim Boubacar Kéita a remis symboliquement les clés de ces machines à des paysans venus de Mahou (cercle de Yorosso), de Kéniéba, de Tombouctou et de Sélingué.
En honorant ainsi sa promesse faite, aux paysans, le Président IBK n’a pas fait que des heureux parmi ce brave monde. Il a aussi honoré, par la même occasion, les premiers des responsables du monde rural.
Voilà pourquoi tous, ils ont remercié du fond du cœur le Président IBK pour ce « geste inoubliable » au nom de tous les producteurs qui s’ajoute à d’autres promesses tenues relatives à la subvention des intrants qui a ramené le prix d’achat de l’engrais minéral à 11 000 FCFA le sac de 50 kg, la reconduction des 15,01 % du budget national à l’agriculture, la mise en application d’un programme d’insémination artificielle de 125 000 doses de semences animales offertes par le Royaume du Maroc à notre pays.
Tous ces gestes témoignent, si besoin en est, témoignent de la volonté manifeste du chef de l’État de booster l’agriculture malienne pour la sortir des contraintes, et incitent à croire que le monde paysan, sous l’impulsion des nouvelles autorités, est résolument lancé dans la voie de l’intensification, de la modernisation et de la diversification de la production agricole par le biais d’un appui conséquent à la mécanisation et à la motorisation.
Ainsi, sur les 1000 tracteurs prévus, 887 ont été enlevés par les producteurs à la date du 8 août 2016. Les tracteurs non enlevés concernaient les bénéficiaires résidents dans le nord du pays où les conditions d’accès pour le pool bancaire sont difficiles pour la collecte de données indispensables à l’établissement des contrats de vente.
À ce jour, tous les 1 000 tracteurs ont été enlevés dans le cadre de l’achèvement du programme pilote de 1 000 tracteurs.
Il faut dire que déjà, l’impact de ces machines est réel sur le terrain. En effet, dans les zones de culture où plus de 500 exploitations ont reçu des tracteurs subventionnés, les superficies emblavées sont aujourd’hui estimées, au titre des céréales toutes spéculations confondues, à 4 891 299 ha, soit 85 % contre 4 521 254 ha en 2016-23017 avec une production céréalière attendue estimée à plus de 9 millions de tonnes.
Les superficies réalisées concernant le coton sont de 730 826 ha, soit 101 % contre 692 631 ha en 2016-2017, avec une production cotonnière attendue pour la campagne 2017-2018 évaluée 725 tonnes contre 647 300 tonnes en 2016-2017. S’y ajoute la modernisation de trois usines d’égrenage et la construction de deux nouvelles usines (Kadiolo et Kimparana).

Hectares aménagés
Outre ce programme de 1000 tracteurs, le département dans le cadre de la matérialisation de l’engagement présidentiel, est à pied d’œuvre pour la mise à disposition très prochainement des producteurs de 500 motoculteurs, 300 tracteurs équipés, 1 000 multicultures équipés, 400 batteuses, 100 motopompes.
Il faut dire que face au contexte de changement climatique couplé à la rareté de la ressource en eau, le président de la République a instruit au département de l’agriculture la mise en place d’une politique visant à soustraire notre agriculture des aléas climatiques, à travers le développement de l’irrigation de proximité et l’aménagement de 100 000 ha pour la période 2014- 2018.
À ce jour, les aménagements achevés et réceptionnés sont estimés à 71 971 ha, soit les 71 % des objectifs globaux du Programme. Les réalisations ont porté sur les grands aménagements au niveau des Offices et des petits barrages de retenue d’eau dans le cadre des aménagements de proximité. Des dispositions sont en cours à travers l’Agence d’aménagement des terres et de fourniture de l’eau d’irrigation (ATI) pour accélérer le rythme d’aménagement des terres et améliorer les conditions d’habitat des populations rurales, à travers l’installation d’un programme pilote de « Nouveaux Villages Agricoles ». Des sites sont identifiés en Zone Office du Niger, à Sélingué et Manatali et les études techniques et financières sont en cours.
L’Agence d’aménagement des terres et de fourniture de l’eau d’irrigation, qui est l’un des engagements majeurs du projet de société du Président Ibrahim Boubacar KEITA, est considérée comme un des instruments privilégiés pour la promotion et le développement durable de notre Agriculture, à travers la réalisation et la gestion d’infrastructures et d’équipements ruraux appropriés.
L’ATI a comme missions de contribuer à la satisfaction des besoins en terres agricoles aménagées, d’appuyer la réalisation des infrastructures et équipements ruraux dans les bassins de production et d’accompagner les producteurs dans la gestion des aménagements hydro agricoles. L’Agence vise à accélérer le rythme des aménagements et à faciliter l’accès des producteurs aux terres aménagées et garantir la disponibilité et la fourniture de l’eau pour la satisfaction des besoins des exploitations agricoles dans les grands bassins de production.

Impulsion du secteur
Les superficies en irrigation localisées ont marqué une croissance continue ces quatre dernières années. Mieux, un dispositif incitatif mis en place, à travers le Programme d’Irrigation de Proximité financé par la coopération allemande, la coopération canadienne et l’Union européenne, prévoit de prendre en charge la totalité de la micro-irrigation pour les petites exploitations. Notons que le Programme d’irrigation de Proximité, l’objectif de reconversion des superficies actuellement irriguées en gravitaire vers l’irrigation localisée est fixé à 126 000 ha à l’horizon 2022.
Par ailleurs, d’autres initiatives importantes visant à impulser vigoureusement le secteur du développement rural sont en cours ou en chantier.
Il s’agit de l’adoption de la politique foncière agricole. Conformément au projet présidentiel, celle-ci définit les directions dans lesquelles doit être déployée l’action publique pour apporter des réponses appropriées aux problèmes fonciers des acteurs ruraux. L’objectif général de la politique foncière agricole (véritable new deal malien) est d’assurer l’accès équitable de tous les producteurs maliens et les autres utilisateurs aux terres agricoles et sécurisées afin de favoriser des investissements publics, communautaires, individuels et privés maîtrisés susceptibles de rendre les différentes formes d’exploitation plus performantes et viables.
Elle vise spécifiquement à : assurer un accès équitable des exploitations familiales et des entreprises agricoles aux ressources foncières du Mali ; favoriser la sécurité foncière des exploitations familiales en priorité et des entreprises agricoles pour permettre aux générations actuelles de produire de façon durable sans compromettre l’avenir des générations futures ; créer une plus grande synergie d’action entre les acteurs du foncier agricole pour assurer une cohérence nationale dans le mode d’accès et de sécurisation au foncier ; identifier et sécuriser les terres légitimement détenues par les autres acteurs ; partager les informations pertinentes sur le foncier agro-sylvo-pastoral avec les populations à la base.
Participe de cette dynamique le programme d’aménagement hydro-agricole 2014-2018, qui prévoit l’aménagement de 100 049 ha en maîtrise totale de l’eau et 47.848 ha en maîtrise partielle de l’eau. Le financement de ces aménagements, qui sont programmés dans toutes les régions et le District de Bamako, est assuré par le Gouvernement du Mali, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé pour un montant de 321 733 906 094 FCFA, dont 116 491 865 308 FCFA (soit plus de la moitié) sont acquis à la date, depuis janvier 2015.

Sécurité alimentaire
Aussi, pour assurer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté dans les zones du Bassin du Bani et à Sélingué par l’accroissement de façon durable de la production rizicole, agro-sylvo-pastorale et piscicole, et par l’amélioration des revenus et de l’environnement socio-économique, le gouvernement a-t-il décidé en juillet 2015 de la création du Programme de Développement de l’Irrigation dans le Bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS). Ce programme, créé pour une durée de cinq ans, sous forme de service rattaché à la Direction nationale du Génie rural, a pour mission de réaliser des infrastructures hydro-agricoles dans les zones de Sélingué, Bla, San et Djenné et de créer les conditions de leur exploitation.
Il prévoit notamment : la construction de deux seuils de dérivation, dont un à Djenné sur le Bani et l’autre à Kourouba sur le Sankarani ; la mise en valeur de 24 540 hectares de terres rizicoles en submersion contrôlée, de 915 hectares de riziculture en double culture sous maîtrise totale de l’eau, de 6 820 hectares de bourgoutières pour le développement de l’élevage, de 554 hectares de cultures maraîchères et de 460 hectares de mares piscicoles.
Dans le cadre de la modernisation et de la promotion de l’agro-industrie pour la transformation et la labellisation des produits, le régime IBK a décidé de la création du Projet de Développement de la Ferme Rizicole de Sabé. Créé sous forme de service rattaché pour une durée de 5 ans, le Projet de Développement de la Ferme Rizicole de Sabé a pour mission de proposer et d’exécuter les programmes et projets concourant à la promotion de la filière riz dans la plaine de Sabé, notamment par : la maîtrise d’ouvrage déléguée pour les travaux, les études et le contrôle des aménagements ; l’entretien des infrastructures et équipements ; la gestion des terres et la fourniture de l’eau d’irrigation ; la formation et l’appui-conseil des exploitants agricoles installés sur les terres aménagées de la Ferme en vue de la promotion de l’entrepreneuriat agricole rural ; la mise en œuvre d’un plan opérationnel d’activités visant la transformation et la commercialisation du riz et de ses sous-produits.
Le Projet permettra l’exploitation mécanisée de la plaine rizicole de Sabé, la valorisation de la chaîne de transformation, de conservation, de labellisation et de commercialisation du riz. Le Projet de Développement de la Ferme Rizicole de Sabé servira aussi d’appui à des activités expérimentales de recherche et de production de semences de base de qualité.

Assistance alimentaire
Par ailleurs, les événements douloureux que vit notre pays, depuis plusieurs années, ont provoqué la rupture de certains équilibres, qui étaient déjà fragiles. Il s’agit, entre autres, de la sécurité alimentaire devenue insécurité dans certaines régions du pays, des mouvements des populations (réfugiés et déplacés), dus autant à l’insécurité qu’aux caprices météorologiques ; phénomènes qui ont freiné l’ardeur au travail de nos producteurs et perturbé gravement les campagnes agricoles. Aussi, existe-t-il ça et là des poches d’insatisfaction se graduant d’un niveau modéré à un niveau chronique, en termes de disponibilité et d’accès aux produits alimentaires.
Pour faire face à ces différents cas de figure, l’Etat a été amené à reconstituer le Stock national de Sécurité en le portant à hauteur de 37 000 tonnes de céréales. De son côté, le Commissariat à la Sécurité alimentaire (CSA) a apporté une assistance alimentaire à travers des distributions gratuites de céréales portant sur plusieurs dizaines de tonnes à plusieurs millions de personnes vulnérables. Le CSA a aussi mis des milliers de tonnes d’aliment bétail à la disposition des pasteurs vulnérables des régions de Mopti, Tombouctou et Gao.
Il faut saluer ces initiatives du Commissariat à la Sécurité alimentaire, qui a pu ainsi expérimenter plusieurs formules judicieuses, venant en appui aux populations nécessiteuses et/ou approvisionnant des marchés qui étaient en rupture de stock. Afin de démultiplier les capacités du CSA, le Mali a adhéré, il y a deux ans, à la Mutuelle Panafricaine de Gestion des Risques. Un mécanisme novateur auquel les États peuvent faire appel, pour la couverture des risques agricoles basés sur le climat.
Enfin, au titre de l’année 2016, en plus de la reconstitution du Stock national de Sécurité alimentaire, une véritable Politique nationale de Sécurité alimentaire et nutritionnelle a été élaborée sous le magistère du ministre commissaire Oumar Ibrahim TOURÉ.
Les efforts dans le domaine de l’Agriculture ne sont pas les seules prouesses du Président IBK au cours de ce premier quinquennat qui s’achève. Puisque d’autres grands exploits sont également enregistrés dans d’autres domaines du développement rural, notamment les secteurs de l’élevage et de la pêche.

Élevage : des progrès tangibles
L’un des exemples illustratifs de ces succès aura été la promotion de la pisciculture à travers le lancement d’un projet-pilote d’un montant de plus de 1,3 milliard de FCFA (plus de 2,1 millions USD). Des sessions de formation ont été organisées en faveur de 100 futurs pisciculteurs sous l’égide de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) aux termes desquelles de jeunes pisciculteurs ont été installés à leur propre compte au niveau de l’Office du Niger. Ils sont dotés en kits piscicoles suivant la technique de la cage flottante sur financement de l’APEJ. Chaque exploitation piscicole générera cinq emplois, soit au total 500 emplois ».
À ce programme, s’ajoute le programme national d’insémination artificielle.
Faut-il rappeler que notre pays dispose d’un cheptel bovin important estimé à plus de 10 millions de têtes, mais dépense chaque année entre 15 et 20 milliards de FCFA dans l’importation du lait et des produits laitiers. Cette situation insupportable est imputable notamment au faible potentiel génétique des races locales et aux conditions d’élevage défavorables.
Pour faire y faire face, conformément aux objectifs du projet présidentiel, le gouvernement a mis en œuvre des programmes d’amélioration génétique des races locales par la sélection et le croisement avec des races étrangères à haut potentiel laitier et en viande, grâce à la technique de l’insémination artificielle. Cette technique a suscité l’engouement des éleveurs et la pratique de l’insémination artificielle par les privés conformément aux règles régissant la production, l’importation, l’exportation, la diffusion et le contrôle des semences, ovules et embryons d’origine animale et des reproducteurs, règles fixées par la loi 2012-004 du 23 janvier 2012. La création, le mercredi 25 mars 2015 par le gouvernement, du Centre national de l’insémination artificielle animale vient appuyer le dispositif existant pour consolider l’implication du privé dans ce secteur de production. Ce Centre est un établissement public à caractère administratif qui a pour mission de contribuer à l’amélioration des productions animales par l’utilisation de la technique de l’insémination artificielle.
À ce sujet, il est heureux et normal de faire un clin d’œil à un grand ami du Mali : Sa Majesté le Roi Mohamed VI qui, lors de sa visite dans notre pays, a offert 100 000 doses de semences pour l’insémination artificielle, en vue de l’amélioration de nos races bovines.
C’est un IBK très reconnaissant qui a salué ce geste de solidarité du Souverain marocain : « Cela est heureux et visitant la foire de Bamako, j’ai eu l’heureuse surprise d’être devant des spécimens d’espèces nouvelles, nés de cette insémination artificielle. Je pense, c’est cela la coopération amicale entre les peuples, entre les pays. Et c’est la voie de l’avenir pour un domaine comme l’élevage où l’amélioration des races bovines est aujourd’hui une réalité au Mali. Et nos éleveurs qui sont habiles, qui sont des hommes et des femmes d’intelligence avérée ont saisi la balle au rebond et aujourd’hui l’élevage malien est très performant ».
Par ailleurs, de 2013 à nos jours, le ministère de l’Élevage et de la pêche, dans le cadre du programme présidentiel, a réalisé près de 40 000 ha de périmètre de culture fourragère, d’une vingtaine de périmètres et aires pastorales sur une superficie de plus 400 000 ha.
Pour minimiser et/ou mettre fin aux conflits entre éleveurs et cultivateurs, le département a mis les bouchées doubles pour restaurer des parcours pastoraux et de pâturages. Ces efforts ayant permis de booster l’effectif du cheptel qui est estimé de nos jours à 15 millions de bovins, 32 millions de d’ovins/caprins, 37 millions de volailles et 980 000 camelins.
Ce qui place le Mali au premier rang des pays d’levage de la zone UEMOA.

Le secteur de la pêche, gage d’emplois sûrs
Rien qu’en 2016 et courant cette année, les réalisations de nouveaux périmètres ont porté sur une superficie totale de 58 592 ha sans compter la réhabilitation d’anciens dans le cadre des aménagements pastoraux ; ainsi que la distribution de 1 013 tonnes d’aliment bétail aux éleveurs.
S’y ajoutent la construction et la mise en place de plusieurs dizaines de marchés de bétails et volailles, de banques d’aliments bétail, des aires d’abattage, à travers le pays.
Des centres de collectes de lait, des abattoirs modernes et des moyens adéquats, des produits laitiers et de la viande sont de nos jours disponibles pour que la chaine de valeur de l’élevage puisse être un pourvoyeur d’emplois et de revenus pour les acteurs.
Dans le cadre du programme quinquennal d’aménagements aquacoles, plus de 300 cages flottantes ont été installées et empoissonnées à travers le pays. Ce programme a créé 1000 emplois directs. Outre ces cages flottantes, 800 étangs piscicoles ont été mis en place et 400 mares aménagées et empoissonnées dans le cadre du programme. À travers ce programme, un marché à poissons a été construit pour les femmes vendeuses de poissons de Sikasso. La coopérative des vendeuses de poisson a bénéficié de 80 kiosques au marché central de Bamako. En plus, le port de poisson de Manantali est doté d’un débarcadère.
Par ailleurs, la politique de la santé animale et de la santé publique vétérinaire n’est pas restée en marge de l’attention accordée par le département de tutelle sous la vision éclairée du président IBK.
Voilà qui justifie la poursuite de la mise en œuvre du plan de contingence pour la prévention et la lutte contre la grippe aviaire depuis l’éclosion des foyers au Burkina Faso en avril 2015. Résultat : aucun cas de grippe aviaire n’a été signalé au Mali.
Les campagnes de vaccination du cheptel national contre les principales maladies animales ont également constitué des moments forts et des succès éclatants durant ces quatre années du mandat présidentiel ; de même que les opérations de déparasitage contre les trypanosomiases, les parasitoses internes et externes et les carences alimentaires de plusieurs millions de têtes, toutes espèces ; la mise en œuvre d’un plan d’action contre la fièvre de la vallée du Rift (FVR) suite à l’éclosion d’un foyer de fièvre de la vallée de Rift au Niger.
Tous ces engagements du chef de l’État ont un seul dénominateur commun : faire du secteur de l’Agriculture, le moteur de la croissance économique.
Mais il s’agit et surtout de faire comprendre que le Mali, comme il ne cesse de le répéter, est un pays agro-pastoral ; et que son socle de développement n’est ni dans l’or ni dans le pétrole ; mais dans la terre : l’agriculture, l’élevage et la pêche.
« Quand on a l’ambition, il faut se donner les moyens. Les gens disent dans notre pays, on a de l’or, du diamant. Moi, mon or, c’est le vert, c’est l’agriculture », a déclaré le président IBK, lors de l’interview qu’il a accordée à l’occasion du second anniversaire de son investiture à la magistrature suprême du pays.

De bonnes perspectives
Au-delà de la vision politique, l’agriculture malienne s’illustre aujourd’hui par la nouvelle approche imprimée par le Président de la République depuis son accession à la magistrature. Ainsi, les actions majeures posées ces 4 années ouvrent la voie à d’autres chantiers aussi importants que fondamentaux pour le développement du secteur rural. Il s’agit entre autres de la déclinaison du Plan national d’Investissement dans le Secteur agricole (PNISA), l’opérationnalisation accrue de la Politique nationale de maitrise de l’eau agricole, à travers l’Agence d’aménagement des terres rurales et de fourniture de l’eau d’irrigation (ATI), le démarrage des études de faisabilité et la mise en place des agropoles, notamment dans le péri urbain et à l’Office du Niger ainsi que l’élaboration et la mise œuvre du plan d’action de la Politique foncière agricole.
Par ailleurs, l’opérationnalisation du Recensement général Agricole (RGA) a commencé et les agents recenseurs ont reçu plus de 550 motos et autant de tablettes. Aussi, la mise en œuvre du programme de mécanisation et de motorisation agricoles pour rehausser le taux d’équipement de 40 % à 60 % à l’horizon 2018 et la politique de subventions des intrants agricoles ainsi que le renforcement de capacités des producteurs, des cadres et des structures de l’État seront poursuivis. Le renforcement en ressources humaines des dispositifs de la recherche et de la vulgarisation agricoles, à travers le recrutement de 500 nouveaux agents est en cours ainsi que la mise en œuvre des Projets liés aux effets des changements climatiques afin de rendre notre agriculture moins vulnérable et de création de nouvelles interprofessions dans le cadre d’une meilleure opérationnalisation des filières agricoles.
Aussi, d’autres chantiers phares sont également en cours d’exécution notamment, la poursuite de la création des Centres ruraux de prestation de services agricoles pour la modernisation et la création d’emplois en vue de faire reculer la pauvreté en milieu rural et périurbain, l’installation des jeunes sur les terres aménagées par l’ATI et la construction d’habitats ruraux (HR) au profit desdits jeunes pour la création de richesse, l’amélioration des conditions de vie des populations rurales.
Dans le secteur de l’Élevage et de la pêche, les perspectives sont également bonnes avec la réhabilitation et le balisage dans les mois à venir de 445 km pistes pastorales de transhumance et de commercialisation et l’aménagement de 300 km de pare feux ; la poursuite de la mise en œuvre du Programme national d’empoissonnement, du plan de campagne halieutique et aquacole 2017- 2018 et du Programme quinquennal d’aménagements aquacoles ; l’installation et l’empoissonnement de nouvelles cages flottantes pour la pisciculture intensive ; la réalisation de dix nouveaux parcs de vaccination ; la poursuite de la production de vaccins (35 millions de doses) dans le cadre de la santé animale.

Par Mohamed D. DIAWARA




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