IBK, la jeunesse et l’emploi: de la promesse à l’ambition politique

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Le projet présidentiel « le Mali d’abord » est une véritable dédicace à la jeunesse avec comme objectif de créer 200 000 emplois « directs et durables ». Et cela, avant la fin du quinquennat du président IBK. Par une mobilisation financière à hauteur de 250 milliards Francs CFA, l’ambition présidentielle vise également des milliers d’emplois indirects, à l’horizon 2018. Le ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, dès septembre 2013, s’est fixé ce cap ; celui de la poursuite des travaux visant à concevoir la politique nationale de l’emploi (PNE) et son plan d’action. Lors de son dernier passage à l’émission « Action gouvernementale », sur les ondes des médias publics, le ministre de l’Emploi a indiqué que le gouvernement est dans la logique de dépasser ces 200 000 emplois. Une façon de rétorquer à ceux qui estiment que la promesse d’IBK en faveur de l’emploi des jeunes ne représente rien dans un pays qui comptera plus d’un million de demandeurs d’emploi en 2018.

Les statistiques officielles en disent long sur la problématique de l’emploi des jeunes : 200 000 jeunes diplômés arrivent, chaque année sur le marché de l’emploi. Mais seulement 10 % d’entre eux arrivent à s’en sortir. Il est donc clair que la problématique de l’emploi constitue un défi majeur pour les autorités gouvernementales. Compte tenu de l’ampleur du phénomène, beaucoup d’observateurs considèrent cette question comme une bombe sociale. Le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Mahamane BABY, lui, qui perçoit le phénomène comme une question de sécurité nationale, et même internationale, n’en est pas moins persuadé. Lors de l’émission « Action gouvernementale », sur l’ORTM, il a notamment dit ceci : « C’est une urgence pour le gouvernement qui a pris des initiatives pour désamorcer cette situation ».
Face à l’impatience des jeunes, le ministre se veut d’un optimisme mesuré et soutient qu’au-delà de la vaine critique, le gouvernement, à travers le ministère de l’Emploi, est à pied d’œuvre pour créer de l’emploi aux jeunes. D’ailleurs, estime-t-il, les résultats sont déjà palpables. En effet, la PNE, à travers son plan d’action, contribue à l’accroissement des opportunités d’emploi « décent et durable », tel qu’il apparaît dans la vision du président IBK, en prenant en considération les trois défis majeurs qui sont liés à la problématique de l’emploi, à savoir l’insuffisance structurelle de l’offre d’emplois productifs et décents ; le faible niveau du capital humain et la faible employabilité de la main-d’œuvre ; et le dysfonctionnement du marché du travail en termes d’informations sur l’emploi, d’organisation du marché et de capacités institutionnelles.

Le défi de la fiabilité des chiffres
Le ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle a également pris à bras le corps un autre paramètre, celui de la fiabilité des chiffres relatifs aux demandeurs d’emploi dans notre pays et même dans l’espace UEMOA, en mettant en place l’observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle (ONEF), ouvrant la voie à l’autonomisation de cette structure nationale, comme cela a été demandé à tous les pays membres de l’espace UEMOA. C’est ainsi que l’ONEF a réalisé, entre 2014 et 2015, une enquête sur les perspectives de recrutement et les besoins en formation auprès des entreprises formelles (750 entreprise enquêtées). Il en résulte un rapport annuel situationnel qui a été établi sur le marché du travail, réalisé en 2014 et 2015. Sept rapports thématiques sur l’emploi, une enquête sur l’insertion des diplômés de l’enseignement technique et professionnel, au Mali, et un bulletin sur le marché du travail ont suivi cette progression en 2016.
Dans la perspective, l’ONEF entend réaliser des études sectorielles sur les besoins de recrutement et les besoins en formation des entreprises du secteur formel, ainsi que des études sur le suivi de l’insertion des diplômés du supérieur, du secondaire technique et de la formation professionnelle, en plus de la collecte et de la publication trimestrielle des statistiques sur les créations d’emploi. Autre challenge : la réalisation régulière des enquêtes emplois.

Le pari sera gagné
Parallèlement à ce travail de conception, de collecte et d’analyse sur la problématique de l’emploi, le département a régulièrement compilé et partagé, avec les hommes de médias, les données statistiques, relatives à la promesse présidentielle, celle de créer 200 000 emplois décents au cours de son premier quinquennat 2013-2018. De ce rapport de synthèse du ministère de l’Emploi, il ressort que 15 189 emplois ont été créés en 2013, dans le secteur formel. De même, les emplois informels représentant 98 % des emplois non comptabilisés. En 2014, l’on dénombre 32 618 emplois créés dans le secteur formel, dont 96 % d’emplois informels. Pour ce qui est de l’année 2015, on note 58 967 emplois créés dans le secteur formel contre 96,4 % pour les emplois informels.
En chiffres bruts, on note que, du 1er janvier au 31 juillet 2016, 18 818 emplois ont été créés dans le secteur formel. Ce qui fait un total de 125 592 emplois dans le secteur formel, dont 38 509 visés par l’Inspection du travail, du 1er septembre 2013 au 31 juillet 2016, soit 62,80 % des 200 000 emplois promis par le président IBK. Au ministère de l’Emploi, on ne se fait aucun mystère sur ces réalisations d’autant qu’il s’agit là des sources officielles, crédibles et vérifiables. Pour le ministre Baby, « les chiffres qui sont communiqués à la presse sur l’emploi sont sans fard ni aucune espèce de manipulation ». En tout cas, au département de l’Emploi, on ne voit pas les choses autrement : pour plus d’emplois, il faut inverser la tendance actuelle où c’est le secteur tertiaire qui crée le plus d’emplois, en favorisant le secteur industriel, avec les PME/PMI, qui soient adaptées à la structure et à la taille de notre économie.

Les jeunes au cœur de l’action
Le sort des jeunes, d’une manière spécifique, est pris en compte par l’agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) par le biais de 3 composantes majeures : l’employabilité, la culture entrepreneuriale et le financement. Ainsi, ce sont 11 263 jeunes qui ont pu bénéficier du renforcement de leur employabilité, à travers le stage de formation professionnelle, l’apprentissage et la reconversion/adaptation pour un montant total de 3 134 976 790 FCFA. De ce fait, 9 095 jeunes qui ont été formés sur les chantiers-écoles HIMO (aménagements de pistes rurales, périmètres maraîchers et irrigués, pavage et dallage des rues, enrichissement des forêts) et la création de 139 808 journées de travail pour un montant de 888 371 232 FCFA.
12 760 jeunes, formés, sensibilisés en entrepreneuriat et/ou incubés pour un montant de 609 683 733 FCFA, sont pris en compte dans le second volet qui se poursuit avec 50 agents des bureaux d’études partenaires formés pour un montant de 8 608 000 FCFA. Et puis, le troisième volet a permis la création de 2 467 emplois directs, à travers le financement de 1 973 projets, pour un montant 2 225 025 000 FCFA et la mise en place d’une ligne de crédit d’un montant de 100 millions FCFA, pour le financement des jeunes des camps militaires du Mali.
Les initiatives de création d’emploi se généralisent en faveur des jeunes : 6 400 jeunes bénéficieront des actions de renforcement de l’employabilité pour un montant de 4 074 228 316 FCFA ; 600 jeunes seront formés sur les chantiers-écoles HIMO et la création de 30 000 journées de travail, pour un coût prévisionnel de 796 104 685 FCFA ; et 80 jeunes agro-entrepreneurs seront installés sur la plaine de Tiroguel (Région de Mopti). Dans le même temps, 14 000 jeunes bénéficieront des activités de sensibilisation et formation en entrepreneuriat pour un montant de 693 849 481 FCFA ; en plus de la mise en place d’une pépinière d’entreprises dans le district de Bamako, pour un montant de 75 000 000 FCFA. Autre aperçu : 1 404 projets de jeunes seront financés, pour un montant prévisionnel de 3 612 943 364 FCFA (PME/PMI, GASANU 2, Coopératives de Konna, Fontaine de vie, Points services Relais WARI, PROCEJ, 2e phase du programme de pisciculture à cages flottantes). Le recouvrement des prêts, pour assurer le caractère revolving du Fonds national pour l’Emploi des Jeunes (FEJ), dont la mise en place est fort opportunément annoncée dans le projet présidentiel, ne sera pas négligé dans la perspective de renforcer les capacités opérationnelles des jeunes.

L’apport de l’ANPE
En plus de l’APEJ, il y a l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) qui ambitionne de créer 10 mille emplois durables sur deux ans, en collaboration avec le Fonds Auto Renouvelable pour l’Emploi (FARE), indépendamment de son appui traditionnel à la formation et à l’apprentissage, à travers une structure dédiée à cet effet, à savoir : le Centre de Perfectionnement et de Reconversion (CPR). Selon les statistiques officielles, le bilan à mi-parcours du Programme de travail annuel (PTA-2016) de l’ANPE incite à l’optimisme : « 67 % des activités programmées sont réalisées ou en cour d’exécution à la date du 31 août 2016 ». En effet, sur la prévision annuelle de 2015 à 2016, 1 245 emplois ont été créés, soit un taux de réalisation de 50 % contre 1 728 personnes, placées en formation, sur 3 958, soit un taux de réalisation de 44 %. Concernant le nombre de placement en stage de qualification, 17 personnes ont déjà été placées sur une prévision annuelle de 20, soit un taux de réalisation de 85 %. De même, quelques activités stratégiques ont été également réalisées, entre autres : la mise en œuvre du programme « projet structurant » au niveau des régions de Kayes, Koulikoro et Ségou ; la mise en œuvre du partenariat avec le FARE, relatif à l’installation de 30 PME/PMI dans les régions du nord (Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudéni) ; etc.
S’agissant des perspectives, l’ANPE a inscrit certaines activités dans ses préoccupations majeures, notamment : la poursuite de l’amélioration de la gouvernance, à travers l’extension du logiciel « pheb » ; la promotion de l’emploi rural ; le renforcement des partenariats autour des questions d’emploi et de formation professionnelle, surtout avec les collectivités ; l’autonomisation des femmes.
Cap sur la formation professionnelle
Le Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage (FAFPA) n’est pas non plus en marge du processus visant à contribuer à la mise en œuvre de la politique du gouvernement, en matière de formation professionnelle qualifiante, continue et par apprentissage (FPQCA), en apportant une assistance technique et financière aux entreprises et autres opérateurs économiques des secteurs modernes et non structurés ainsi qu’aux organismes de formation privés et parapublics, de droit malien, dans le cadre de l’élaboration et de la réalisation des plans et projets de formation ou d’équipement, en plus des études spécifiques pour mieux informer les décideurs sur les orientations du Fonds. Aussi, compte tenu de son expertise dans le domaine, le FAFPA s’inscrit-il dans une nouvelle dynamique, depuis 2015, en phase avec la vision du changement et des objectifs prioritaires pour la promotion de l’emploi et le développement de la formation professionnelle, tel qu’il a été préconisé par le président IBK.
Les résultats à ce sujet sont encourageants : 275 plans et projets de formation ont été financés, en 2015, au niveau de la division secteur moderne contre 350 projets dans la division secteur non structuré (DSNS). Au niveau de l’ingénierie, 93 nouveaux centres de formation ont été réhabilités par le FAFPA au profit d’autres organismes de formation, soit 15 qui ont fait l’objet d’acquisition de nouveaux équipements dans le cadre du renforcement des capacités de formation. Cependant, les activités liées à la formation (direct et soutien) sont évaluées à près de 5 771 000 000 F CFA, représentant 70,22 % du budget global et 85,60 % de la taxe de formation professionnelle (TFP), principale ressource du FAFPA. Il convient de signaler que le FAFPA a suscité l’intérêt des partenaires pour relever le défi du développement socio-économique par la formation professionnelle ayant permis d’identifier deux (02) programmes majeurs, à savoir : le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS), financé par la Banque mondiale (IDA), portant sur des interventions en zones pastorales ; le Programme Indicatif de Coopération Luxembourgeoise (PIC III), financé par Lux-Développement pour des interventions en région de Ségou et dans le cercle de Yorosso.
Assurément, l’intervention du FAFPA s’inscrit dans la continuité de la dynamique des politiques publiques pour la croissance, la compétitivité de l’économie nationale et la création d’emplois. Ainsi, le FAFPA, tout en continuant à soutenir les demandes ponctuelles de formation, fera du plan et du projet structuré (émanant d’une étude d’ingénierie, coaching, appui conseil), la règle en matière de financement prioritaire. Il est ouvert à toutes approches innovatrices d’optimisation de ses interventions, comme le partenariat public-privé (PPP), la responsabilité sociale des entreprises (RSE), etc.

L’autre alternative
Dans le cadre du renforcement de l’apprentissage, en vue de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, le MEFP a initié le Projet de développement des compétences et emploi des jeunes (PROCEJ), qui cible principalement les jeunes non scolarisés, faiblement scolarisés et, bien entendu, les diplômés, touchant à terme environ 47 000 jeunes âgés de 15 à 35 ans. En effet, le PROCEJ est un programme ambitieux qui couvrira toute l’étendue du territoire national, pour une durée de 5 ans, avec un montant de 65 millions de dollar américain (33 milliards FCFA environ), grâce au financement de la Banque mondiale (BM). D’ores et déjà, nous avons 6 000 jeunes déscolarisés et non scolarisés qui ont été en formation pour apprendre un métier dans les différentes localités du pays, en accordant la priorité aux zones rurales avec 5 000 jeunes ; 1 269 maîtres d’apprentissage ont été formés pour encadrer ces jeunes ; 1 989 jeunes déscolarisés ont été placés dans les zones urbaines et semi-urbaines dans le dispositif d’apprentissage de type dual ; des compléments d’équipements ont été acquis pour renforcer les ateliers qui accueillent les jeunes placés en apprentissage. Dans le cadre de la promotion de l’entrepreneuriat jeune pour jeunes non scolarisés, déscolarisés ou faiblement scolarisés, ce sont 5 100 jeunes qui ont été formés en entrepreneuriat, 750 plans d’affaires (présentés par ces jeunes), financés et 50 jeunes diplômés formés, comme formateurs en entrepreneuriat.
Les jeunes arabisants et ceux de la diaspora ne sont pas en reste : il est prévu d’accompagner ceux de la diaspora à travers des projets révolutionnaires. Les jeunes arabophones constituent une couche sensible, avec un risque élevé d’endoctrinement djihadiste. Pour eux, un projet est monté et une requête de 33 milliards F CFA a été envoyée à la BID. Objectif affiché ? Créer des emplois décents pour cette couche. Une cellule sera créée, à cet effet, pour accueillir, orienter et financer les projets en faveur des arabophones.

La formation au cœur des enjeux
En matière de renforcement des structures de formation, les travaux de renforcement de 5 instituts de formation professionnelle publics sont assez avancés. Ainsi, les études de dimensionnement, pour évaluer les besoins de ces centres, les DAO, pour les travaux de réhabilitation et l’acquisition des outillages et équipements, ont été déjà réalisées. La réalisation prochaine de ces travaux permettra de renforcer notre offre de formation dans des domaines prioritaires de notre économie : l’agroalimentaire, les peaux et cuir, l’élevage, les BTP et les mines et industries.
Pour élargir l’éventail de l’offre de formation professionnelle, dans une démarche à la fois participative et holistique, le département a initié le Programme décennal de Développement de la Formation professionnelle pour l’Emploi (PRODEFPE), dont la mise en œuvre traduit la volonté du chef de l’État, à travers le gouvernement, dans le but de trouver une solution idoine à l’épineuse question de la qualification des ressources humaines, en adéquation avec les besoins de l’économie locale et les attentes des populations, en matière de développement intégré et harmonieux.
Il a été fait mention de la manifestation d’intérêts des PTF (Partenaires techniques et financiers), avoisinant les 67 milliards de FCFA, à la faveur d’une table ronde, au CICB, le 18 février 2015, sous la présidence du Premier ministre, Modibo KEITA, lequel a tenu à apaiser les inquiétudes de certains PTF sur la qualité des ressources humaines et les précédents projets qui n’ont pas produit les effets escomptés. En plus des 12 ministères impliqués, le PRODEFPE, c’est au moins 170 milliards sur les 3 ans, 169 emplois/métiers prioritaires, 51 filières porteuses et 15 secteurs économiques avec à la clé des milliers d’emplois pour les Maliens, les jeunes urbains et ruraux, les handicapés et les femmes en particulier.

L’agriculture, le moteur de la croissance
Au ministère de l’Emploi, on ne se trompe pas de cible : réussir la mutation de l’agriculture de subsistance vers l’agriculture intensive que l’on peut qualifier d’or vert du Mali, tout en privilégiant la transformation des produits agricoles, à travers les chaines de valeur et en incitant à la création de véritables industries agricoles. C’est ce qui justifie le PRODEFPE, la mise en route du projet formation professionnelle, Insertion et appui à l’Entrepreneuriat des Jeunes ruraux (FIER), en partenariat avec le Fonds International pour le Développement de l’Agriculture (FIDA). Lancé, en octobre 2014, par le président IBK, le programme a effectivement démarré en 2015 dans les régions de Koulikoro et de Sikasso et son approche méthodologique a permis d’aboutir à des résultats probants : le choix des 760 villages d’intervention du projet FIER sur sa durée en raison de 380 par région et la sélection de 61 villages d’intervention du projet FIER en 2015 (31 à Koulikoro et 30 à Sikasso), pour la première année et 150 villages pour la deuxième. Les activités d’animation, d’information et de sensibilisation des jeunes, elles, ont touché 3 049 jeunes de 15 à 40 ans, dont 1518 femmes/filles. Ces animations ont permis l’inscription de 3 415 jeunes pour l’alphabétisation, dont 1 477 femmes/filles, et la proposition de projet par les jeunes. Les organes d’approbation des projets des jeunes, au niveau cercle et région, ont approuvé 420 projets proposés par 479 jeunes, dont 204 femmes. Dix (10) Maisons Familiales rurales (MFR) ont été également mises en place pour augmenter l’offre de formation professionnelle dans les différentes localités. En outre, le projet FIER a soutenu l’élaboration de plans stratégiques pour 11 Organisations professionnelles agricoles, membres de la coordination nationale des organisations paysannes (CNOP). La mise en place effective des centres de ressources à Koulikoro et à Sikasso va doter les collectivités de capacités d’analyse économique sur les filières et de capacités en ingénierie de formation pour une meilleure opérationnalisation de leur schéma directeur de formation professionnelle pour l’emploi.

Les grands chantiers
La capacité professionnelle des jeunes sera renforcée avec l’application progressive de la loi sur la formation professionnelle que les députés ont votée, en mai 2016, et qui a pour but de doter l’environnement de la formation professionnelle d’un « cadre légal indispensable à la visibilité et à la cohérence des interventions des différents acteurs ». En effet, cette loi balise le terrain, pour les centres de formation, en cours ou déjà construits (Yorosso, Saye, Yangasso, Kimparana), y compris les centres marocain et chinois, évalués en dizaines de milliards de FCFA, qui verront bientôt.
Mais l’un des plus grands chantiers du département, demeure la prise en compte de la problématique des jeunes formés et diplômés, dont l’arabe est la langue d’apprentissage et/ou de travail, et dont l’insertion socioprofessionnelle, rencontre d’énormes difficultés, dans un système dominé par l’usage du français. Les jeunes dans les zones affectées par le conflit ne vont pas demeurer en reste : le programme d’urgence de formation et d’insertion (PUFI), leur sera dédié grâce au partenariat, en cours de négociation avec la Banque islamique de développement (BID), pour un financement à hauteur de 33 milliards FCFA. Un autre projet, en cours de négociation, cette fois-ci, avec l’AFD, visant la création d’emplois, en zone périurbaine pour 12 millions d’euros (soit 7,8 milliards FCFA), est ciblé. Le gouvernement, à travers le département de l’emploi, est également en négociations avec la BOAD en vue de nouer un partenariat visant à financer la création d’emplois pour 11,8 milliards de FCFA.
Ces programmes seront renforcés par le projet d’appui à la compétitivité des entreprises par la formation (ACEFOR). Et ce n’est pas tout : les états généraux de l’emploi seront organisés, de même que la troisième édition du salon de l’ingénierie, de la transformation et de l’apprentissage (SITA), en vue de donner plus de visibilité aux énormes efforts déployés par l’État pour créer les emplois pour les jeunes.

Par Abdoulaye OUATTARA

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