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mardi 21 novembre 2017
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IBK, l’armée, la réconciliation, les négociations…: la carte de la fibre patriotique et du sens du sacrifice

Dans son adresse solennelle à la Nation à la faveur de la fête-anniversaire, du 20 janvier 2015, le chef de l’État est revenu sur les grandes réformes (restructuration de l’armée) et les engagements (réconciliation nationale, la lutte contre le terrorisme) qui restent des priorités pour son premier quinquennat.

Si le président de la République s’est fixé le cap de 2015 pour la réalisation certaine de ces préoccupations, IBK compte les mener avec tact et responsabilité.

Collant à l’actualité brûlante, le président IBK, tout en rappelant le sens historique de la célébration du 20 janvier, a souligné les nouveaux défis auxquels notre vaillante armée est confrontée dans un contexte géopolitique née de la mondialisation qui a imposé au monde de nouvelles formes d’insécurité, bouleversant fondamentalement la nature même des menaces, et en conséquence, celle de la défense des États et des Nations.

Restructuration armée

Il a réitéré sa confiance aux forces armées du Mali et les  a rassuré de son soutien qui, selon lui, ne fera jamais défaut.
Le Président de la République a, par la même occasion, réaffirmé son engagement à améliorer les conditions de vie et travail des forces armées et les mettre davantage à niveau.

Cependant, pour IBK, le plus grand défi pour la plupart des armées du monde aujourd’hui est celui de la lutte contre le terrorisme, un fléau à plusieurs facettes. Selon le chef de l’État, ce défi ne saurait être relevé sans la mobilisation de tous.

Parlant de  la restructuration de l’armée, IBK a indiqué que le gouvernement, sur son instruction, s’attelait déjà à réunir toutes les conditions, avec le concours des partenaires, pour la remise à niveau des forces armées et de sécurité. Et ce, dans un contexte multinational qui prend en compte la menace djihadistes et les actions asymétriques auxquelles  elles font face au nord.  Pour  le chef suprême des armées,  le processus de la réforme a été ainsi engagé avec pour moment-clé, la tenue le 5 janvier 2015, du Conseil Supérieur de la Défense au cours duquel, il a entériné la Loi de Programmation militaire, dont le début de mise en œuvre permettra de consacrer la montée en puissance de notre outil de défense sur les cinq prochaines années ainsi que la modernisation de la gestion et de la gouvernance de nos forces armées et de Sécurité.

L’amélioration des capacités opérationnelles des unités combattantes est un des chantiers prioritaires du Président IBK.

Pendant la campagne présidentielle, le candidat Ibrahim Boubacar Kéïta avait promis de reconstituer une capacité de défense et de surveillance du territoire national en faisant voter et appliquer de manière très radicale une loi d’orientation et de programmation militaire. Laquelle loi devra prévoir, pour les cinq ans à venir, les besoins indispensables pour remettre à niveau l’appareil de défense du Mali et lui permettre de faire face aux nouveaux défis. Cela, à travers une hausse très importante des moyens mis à la disposition du budget de la défense.
En clair, pour Ibrahim Boubacar Kéïta, il s’agit de rendre l’armée plus compétitive en la dotant des capacités opérationnelles conformes pour l’accomplissement de sa mission de défense de l’intégrité territoriale.
Le président de la République semble très décidé à refonder une armée moderne et efficace à un moment où les questions de sécurité deviennent une très grande priorité dans la sous-région.

« Vouant le plus grand respect, je voudrais dire aux forces armées et de sécurité que je ne tricherai jamais avec elles. Il faut tirer tous les enseignements des insuffisances et maladresses constatées et les corriger dans le cadre de la nécessaire réforme structurelle actuellement en cours. La restructuration des Forces Armées et de Sécurité est nécessaire, en vue d’en faire des Forces Républicaines motivées, respectueuses de l’État de droit, entièrement dédiées à la sauvegarde de l’intégrité du territoire et à la protection des personnes et de leurs biens. En cela, elle sera conforme à la nouvelle Politique de Défense nationale, déjà abordée dans mon adresse à la Nation du nouvel an. L’année 2015, sera donc dédiée à cela » a indiqué le chef de l’État qui compte respecter ses engagements.

Réintégration des rebelles

Outre la réforme de l’armée, la restauration de l’autorité de l’État s’inscrit également en bonne place dans les priorités du locataire de Koulouba.

Au moment où vont reprendre les pourparlers inclusifs inter-Maliens dans la perspective de la conclusion d’une paix durale et définitive, le chef suprême des armées a décidé de calmer les esprits dans les rangs de l’armée, où certains ne veulent plus y voir  revenir de soldats issus de la rébellion. Or, le texte de pré-accord soumis aux parties par l’équipe de la médiation invite le gouvernement à aller dans le sens de l’enrôlement de certains combattants des mouvements armés.

Conscient de l’amertume et les attentes des Forces Armées et de Sécurité par rapport à ce processus d’intégration à venir, suite au retour en son sein de certains acteurs jadis identifiés comme leurs adversaires sur le terrain, le Président IBK reste convaincu que seul le dialogue reste un moyen privilégié et incontournable, pour franchir cette étape charnière de la vie de notre nation.

C’est pourquoi, il a appelé au sens du sacrifice, à la fibre patriotique de chacun qui ne saurait être une capitulation, mais un signe d’ouverture de notre armée qui porte en elle les germes de la réconciliation par le seul fait de sa représentativité nationale.

En tout cas, si le chef de l’État dit comprendre ce que ressent les uns et les autres, il a tout de même mis en avant son rôle du premier des Maliens, à équidistance de toutes les communautés du Mali qui l’impose d’agir en bon Chef de famille, chargé de veiller à la concorde, à la quiétude et à l’unité nationale.

« Mais, par-dessus tout, je suis Chef d’État. Je ne m’y déroberai pas, je ne m’y déroberai jamais, car, c’est pour cela que les Maliens, dans une très large majorité, ont porté leur choix sur ma modeste personne », a-t-il dit en substance.

Processus de dialogue

Le dialogue inter-Malien n’a pas été en reste dans le discours du chef de l’État. Convaincu que les pourparlers d’Alger vont aboutir, IBK appelle les responsables des groupes armés à venir à la table pour des discussions franches.
« Nous n’avons pas d’autres alternatives », a-t-il ajouté.

Comme par le passé, le chef de l’État a tenu à rappeler que sa main restait « tendue » dans le cadre de l’offre de paix qui ira de pair avec une volonté farouche de défendre le Mali, l’honneur du Mali, les soldats du Mali, les populations du Mali, toutes ethnies confondues.

Aux groupes armés du nord qui continuent le chantage, la violence et la violation du cessez-le-feu du 23 mai 2014, IBK averti : « La guerre, nous la ferons si nous y sommes forcés et contraints », même s’il se dit convaincu qu’elle n’est nullement son choix.

« C’est la paix que j’ai promise. C’est à la paix que je travaille. C’est à la paix que travaillent tous, société civile, médias, leaders d’opinion, communicateurs, autorités traditionnelles et religieuses, femmes et jeunes représentant leurs communautés dans les multiples fora dédiés à la question du Nord.

Il est temps que nous arrêtions d’insulter l’avenir, de nous faire du mal les uns les autres, de faire mal à ceux que nous aimons, surtout les personnes âgées et les enfants, pour des projets chimériques. Car, tant qu’il y aura un Malien sur la terre du Mali, sur cette Terre des Hommes, personne n’acceptera la division de ce pays. Aucun Malien ! Pendant qu’il est encore temps, sachons raison retrouver ! Sachons retrouver unité ! Sachons, de nouveau, revivre ensemble et pleinement ensemble !

Je dis donc aux mouvements, de nouveau, venez à la table du dialogue. Nous y sommes ! Venez-y cette fois-ci franchement, sans faux-fuyant et surtout les premiers responsables. Ne laissez pas ça à d’autres. Le refrain « nous n’avons pas pouvoir de décision » est trop épuisé. Il est temps que vous veniez à la décision. Laissons les armes au vestiaire, ne créons pas des démons qui nous emporteront tous demain, tels que l’ethnisme, le communautarisme ou le séparatisme. Restons le même Mali de Kidal à Kayes. Restons la même Nation d’Ambidédi à Tin Zawaten. Car, s’il y a une guerre juste à mener, c’est celle contre l’analphabétisme, la faim, la maladie et la pauvreté », a-t-il conclu.

Par Mohamed D. DIAWARA

 

 




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