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mardi 21 novembre 2017
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IBK, « le Mali est un pays souverain et c’est bon que chacun des acteurs s’en souvienne »

Une zone temporaire de sécurité (ZTS) résultant d’un accord entre la Minusma et la Coordination des mouvements de l’Azawad, voilà ce qui a mis le feu aux poudres, les lundi et mardi derniers, à Gao, avec mort d’hommes pour le dernier jour et des blessés.
Ce tragique incident n’est pas sans poser la question de fond, celle de la souveraineté de l’État du Mali qui semble superbement ignorée par cette décision aventureuse de signer un accord avec un groupe séparatiste. Ce, alors que la Résolution 2100 décidant de la création de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali est suffisamment claire, à plus d’un égard. Elle stipule dans son préambule : « réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali… ». Autant dire qu’il s’agit là de principes intangibles. Par conséquent, il ne saurait en aucun cas être question pour la Minusma de se substituer aux autorités nationales, en prenant des décisions unilatérales et en tentant de les faire souscrire auxdites décisions comme cela a été le cas avec la ZTS. D’ailleurs, il revient dans la Résolution 2100, comme une rengaine : « pour appuyer les autorités de la Transition… », « aider les autorités de transition maliennes… », « accompagner les efforts nationaux et internationaux… » (la Résolution a été prise sous la Transition). La Résolution 2100 « Réaffirme que c’est aux autorités de transition maliennes qu’il incombe au premier chef de protéger les civils au Mali… »
Il est clair qu’en ce qui est des textes du Conseil de sécurité des Nationsunies, la souveraineté du pays est reconnue, tout comme l’unité et l’intégrité territoriale du Mali. Aucune entorse n’est donc permise. D’où, toute l’équation de la zone temporaire de sécurité qui est la manifestation la plus flagrante du mépris souverain envers les autorités de ce pays et même envers le mandat de la Mission de stabilisation du Mali qui se transforme en mission de déstabilisation pour avoir été à l’origine de manifestations. Elle est une atteinte grave à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale du Mali en ce que cette ZTS arrache une partie du territoire pour l’offrir sur un plateau d’argent à des indépendantistes menés par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).
Il est vrai que le Mali, dépassé par les événements au Nord, a demandé un appui de la communauté internationale. C’est dans ces conditions que la Minusma est née des cendres de la Misma qui était la Mission internationale de stabilisation au Mali. Cela donne-t-il le droit à la Minusma de fouler au pied la souveraineté du pays ? Sous le prétexte fallacieux d’éviter « (… ) tout risque de confrontation… », peut-elle se donner le droit de décider d’une zone d’exclusion ? Il s’agitlà, de fausses questions qui ont le mérite de mettre en évidence la gravité de l’acte posé, en pactisant avec des groupes séparatistes.
Le Président IBK de retour de mission à l’étranger, dans sa déclaration, avant-hier, s’est fait fort de rappeler : « Le Mali est un pays souverain et c’est bon que chacun des acteurs s’en souvienne ». Ce que le Conseil de sécurité des Nations-Unies n’a du reste jamais contesté, du moins officiellement. Pour autant, un rappel s’avère nécessaire face aux dérives des responsables de la Minusma qui dissimulent à peine leur alliance avec le MNLA spécialisé dans le trafic des produits les plus illicites. « La souveraineté du Mali n’est pas négociable », répète le Président IBK. Tel est, en n’en pas douter, le sentiment le plus généralement partagé par les Maliens. Il est donc important, voire indispensable, de mettre à profit cette situation provoquée par la très controversée ZTS pour remettre les pendules à l’heure.
Par Bertin DAKOUO




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