IBK-MK: le tendem qui agace

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Scellé pour six (6) mois, le deal, entre le locataire de Koulouba et le grand commis d’État, est-il devenu un bail à perpétuelle demeure ? En tout cas, contre vents et marrées, le tandem des deux hommes d’État tient, depuis 18 mois, en dépit des coups de boutoir de certains milieux politico-mafieuses.

Pourquoi le président IBK tient-il tant à son Premier ministre ? Jusqu’où le duo pourrait-il tenir face aux coteries politiciennes qui réclament du sang neuf pour un nouveau casting à la tête du gouvernement ?
Ce n’est pas seulement sur ses qualités de tribun hors pair et son excellente maîtrise de la langue de Molière que le président IBK s’est basé pour nommer son ainé Modibo Keïta à la Primature. Déjà adoubé comme son Haut représentant pour le dialogue inclusif, le grand commis d’État jouissait déjà de la confiance de son puiné.
D’une modestie et d’une humilité à toutes épreuves, l’actuelle locataire de la Primature jouissait déjà de l’appréciation la plus positive du chef de l’État. Au-delà de tout subjectivisme, Modibo Keïta ne doit-il pas sa nomination et son maintien à ses « aptitudes et capacités à conduire efficacement et à animer, avec brio, abnégation, pondération et loyauté l’équipe gouvernementale » ? Le président IBK qui, en lui confiant la direction du Gouvernement et la haute administration du pays, n’a, à aucun moment eu le moindre doute sur ces aptitudes et capacités, continue donc logiquement à manifester une totale confiance dans la gestion du pays. Et rien n’indique 18 mois après que cette confiance à la limite du culte fut altérée de quelque manière que ce soit.
Est-ce donc un hasard que le président IBK a dit haut fort en janvier dernier, lui renouvelant sa confiance : « je me dis garant de votre probité absolue. J’en témoignerai devant Dieu. Monsieur le Premier ministre dès lors quoi ? Faire votre travail avec sérénité absolue et constance avec la conviction et la confiance de celui qui vous a confié la mission. Ne soyez ébranlé par rien, le tout-venant » ! Quel bel hommage !
Jusqu’où le tandem pourrait-il prospérer ? La conviction dans l’idéal et la détermination dans l’action au service exclusif de la Nation devrait souder davantage les deux hommes d’État aux trajectoires entremêlées. Mais par-dessus tout, la volonté de servir dans la probité et dans la vertu a exposé, par le passé, pour l’un et aujourd’hui l’autre à la violence des propos, la méchanceté gratuite et à la vindicte des prédateurs. La posture d’intégrité affichée et assumée à la tête du pays conduit et oblige aujourd’hui les deux têtes de l’Exécutif à faire bloc dans un contexte difficile où la solidarité et la loyauté ne sont pas des plus évidentes.
En effet, comme le président IBK hier, le Premier ministre Modibo Keïta est la cible de toutes les attaques viles et calomnieuses dont l’unique dessein est de salir une réputation d’intégrité, de probité et vertu jamais pris à défaut.
Des ragots aux sornettes, tout y passe. L’objectif, démolir l’adversaire.
Les deux hommes d’État, Ibrahim Boubacar Keïta et Modibo Keïta ont-ils une réputation surfaite ? Tout a été reproché à IBK (même l’histoire du ‘’Kulu-bleni’’), jusqu’ici, rien n’a été prouvé ! Dès lors, faut-il s’étonner de voir aujourd’hui Modibo Keïta à la tête du gouvernement trempé dans toutes les sauces par ses détracteurs ?
Attaqués, vilipendés, trainés dans la boue, les deux hommes d’État l’ont été, le sont et il n’est pas sûr que demain se taisent les rancœurs de factions mafieuses. Traités de « vieux » mourants ou rajeunissants, le président IBK et son Premier ministre payent la rançon de leur réputation. Parce qu’en politique, tout a un prix, un prix à payer. Et les deux Keïta savent plus que tout autre que la compétence, la rigueur, la loyauté ont un prix comme elles ont aussi une sanction. Aussi, rien ne sera épargné pour tenter de démolir leur réputation. Qu’à Dieu ne plaise !

En attendant, le tandem ou duo des « vieux », dérange, agace tous ceux qui espéraient tirer les marrons du feu et dont les petites affaires se sont cramées par l’intransigeance, l’inflexibilité et le rigorisme d’un Exécutif qui s’impose et assure. Dans un silence de cathédrale souvent complice d’un landerneau politique qui, avec raison, ne voit en le Chef du gouvernement qu’un intrus complaisamment imposé à tort par le Chef de l’État.
Mais voilà comme l’a dit le président IBK lors du second congrès du RPM, « C’est dans les épreuves difficiles que les militants doivent être unis. Jamais au rendez-vous de l’honneur et de la dignité, le (militant) n’a été absent ».
Puisse-t-il toujours en être ainsi. Parce qu’affaiblir le Premier ministre, c’est affaiblir le président de la République.

Par SAMBI TOURE

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