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mercredi 13 décembre 2017
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IBK sur la libération de SERGE LAZAREVIC: «nul au Mali, de bonne foi, ne peut mettre en doute le fait que, pour moi, la vie d’un malien vaut son pesant d’or»

RFI : Monsieur le président, bonjour.

Ibrahim Boubacar Kéita : Bonjour

RFI : Beaucoup de maliens n’ont pas compris pourquoi quatre djihadistes ont été mis en liberté il ya quelques jours. Qu’est-ce que vous pouvez leur dire ?

Ibrahim Boubacar Kéita : Je peux simplement dire ceci. Il n’est pas toujours facile de décider. Surtout quand il s’agit de sujet aussi graves que ceux qui touchent à la vie et à la liberté. Nul au Mali, de bonne foi, ne peut mettre en doute le fait que, pour moi, la vie d’un malien vaut son pesant d’or. Nul en France, je pense, ne pourrait mettre en doute le fait que, pour Hollande, la vie d’un français vaut son pesant d’or. Nul ne pourrait mettre en doute le fait, que pour mon frère Mahamadou Issoufou, la vie d’un homme vaut son pesant d’or. Tous trois, nous partageons la même valeur fondamentale qui place l’homme au coeur de tous nos problèmes. Cette décision concernant la libération de Serge Lazarevic, ce souci de contribuer à faire en sorte qu’il recouvre ce que dont aucun homme ne doit être privé, nous avons commencé a en connaitre dès le sommet de Paris.

RFI : Il ya un an ?

IBK : Il ya un an. Et nous en sommes seulement là à l’épilogue et il a été fort heureux qu’une décision grave qu’il nous a fallu prendre. Mais une décision qui fait en sorte aujourd’hui que nous n’avons plus aucun autre français dans le Sahel. Nous ne pouvons pas vouloir une chose et son contraire: des forces françaises d’appui à la lutte contre le terrorisme efficaces et en même temps entravées. Il n’est pas facile, lorsqu’on a un ressortissant dans les lieux de cet esclavage de forme nouvelle, que l’on puisse déployer toutes ses capacités de réduction de cet ennemi de l’humanité qu’est le terrorisme. Cela a été un élement essentiel. Ensuite, que nul ne se méprenne. C’est notre détermination à poursuivre par tous les moyens ces hommes là qui se sont rendus coupable d’une telle ignominie, où qu’ils se trouvent.

RFI : Vous voulez dire que les quatre djihadistes ont des soucis à se faire?

IBK : Je ne vous le fait pas dire. A leurs places j’eusse préféré rester en prison.

RFI : Vous allez les traquer ?

IBK : Totalement ! Toutes nos forces (Françaises, maliennes, nigériennes). C’est un devoir vis-à-vis de Serge Lazarevic ; c’est un devoir vis-à-vis de Kola Sofara.

RFI : Oui, parce que parmi les quatre djihadistes libérés il y en a un qui, lors d’une tentative d’évasion avait tué le gardien de prison. D’où l’émotion à Bamako.

IBK : Albsolument ! C’est ce que je viens de vous dire. La mort de Kola Sofara ne sera pas vaine. J’ai reçu sa famille et a été un grand moment d’émotion. Je la remercie de sa totale compréhension et je lui ai promis que Kola va reposer en paix, très prochainement. Inch’Allahou. Que sa mort ne saurait rester vaine et elle ne le sera pas.

RFI : Tout de même, libérer quatre djihadistes dont les deux ravisseurs de Serge Lazarevic et Philippe Verdon, j’imagine que pour vous, ça dû être une décision très difficile à prendre peut-être même à contre cœur non ?

IBK : Si l’homme d’Etat n’avait qu’à prendre des décisions faciles, ça n’aurait pas de sens. Je pense que nous avons un tableau de bord où il ya le bon et le moins bon. Il ya le facile et il ya le difficile et l’impérieux. Nous savons que nous avons fait en sorte que justice se fasse et justice se fera Inch’Allahou.

RFI : Vous n’avez pas hésitez ?

IBK : Pas du tout ! pas du tout !

RFI : En fait, c’est François Hollande et Mahamadou Issoufou qui vous ont demandé de faire ce geste ?

IBK : Je crois que l’on peut comprendre le souci du président de la République française et ce souci nous l’avons partagé, mon frère Mahamadou Issoufou et moi. Nous sommes en liaison constante et il ne se passe de semaine que nous n’ayons un ou deux entertiens. Nous sommes donc en parfaite symbiose et nous avons les mêmes soucis, nous avons les mêmes défis. Même ceux de Mahamadou qui viennent de s’accroître davantage avec cette histoire de Boko Haram, quand on sait qu’aujourd’hui il a près de cent cinquante mille réfugiés sur son territoire dans la zone de Diffa. C’est dire que nous partageons les mêmes possibilités de solutions. Et nous ne prenons pas donc de décisions à la légère. Chaque décision que nous prenons est grave et nous le savons.

RFI : Alors il reste trois otages : un suédois, un meerlandais et un britannique d’origine sud africaine.

IBK : Nous avons souci d’eux. Dans le communiqué que nous avons publié à la suite de la libération de Serge Lazarevic dont nous nous sommes félicités, nous avons dit rester préoccupés par leur sort. Nous ferons tout ce que nous pouvons absolument pour que là aussi nos services (triomphent). Parce que l’on oublie que l’arbre qui veut cacher la forêt ce sont les étages de l’arbre. Il a fallu un travail très acharné très fouillé des services dans la paix pour ce dénouement-là. Mais l’on ne voit là que l’arbre. La forêt est derrière et cette forêt ce sont nos services maliens, français, nigériens qui ont abattu un travail louable pour que nous arrivions à libérer Serge Lazarevic et aussi rendre le reste possible. Inch’Allahou.

Propos recueillis par RFI

 




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