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lundi 20 août 2018
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In memoriam Dr Bino Témé

Avant-hier 6 août, nous avons accompagné Bino Témé en sa dernière demeure, le cimetière qui attend tous les mortels.

Hier, parents, amis, officiels, nous avons honoré la mémoire d’un homme parmi les hommes : un père de famille, mais surtout un chercheur émérite.
Oui, Bino après un cursus d’une forte densité a fini par être le Directeur de l’Institut d’Économie rurale, l’un des fleurons de la recherche appliquée dans notre pays.
C’est à ce poste que j’ai eu la chance de rencontrer l’homme un matin de 2012, alors que je préparais avec le concours technique du journaliste Adama Djimdé de l’ORTM, un documentaire sur les techniques d’adaptation aux changements climatiques dans notre pays. La réalisation de ce documentaire entrait dans le cadre de la participation du Mali à la conférence des changements climatiques à Copenhague. Après la mise en perspective de certaines bonnes pratiques, il nous a fallu nécessaire de faire « parler » un chercheur. Et c’est là que nous avons pensé à Dr Bino Témé. Et quelle ne fut notre surprise ! Nous nous attendions à des développements intellectuels ; mais Bino nous montra de go une variété de sorgho baptisée du nom de « Ja Kumbè », une variété hâtive qui permettait au paysan de récolter même en cas de déficit pluviométrique. Et cette intervention de Dr Bino qui devait avoir pris seulement environ une minute pour conférer à notre travail une dimension imprévue dès lors que nous avons pu doubler le tournage en anglais.
Ce document projeté à Copenhague a retenu l’attention de la communauté des chercheurs au point de figurer sur le site web de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques.
Bino et ses collègues n’ont pas perdu leur temps dans les laboratoires et les champs d’expérimentation. Ils ont eu des résultats concrets dans plusieurs domaines comme la connaissance des sols, l’application des courbes de niveau dans la lutte contre l’érosion, l’amélioration du karité et de plusieurs fruitiers…
En lui, nous perdons un cerveau. Tout simplement.
Dors en paix Cousin.

Par Ibrahim Maiga




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