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mardi 9 août 2022
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INA: le bazar

Après la question orale lui adressée par la conseillère nationale, Ramata DIAOURE, le 25 novembre 2021, le ministre de l’Artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière et du tourisme, Andogoly GUINDO, était ce lundi 6 décembre 2021, à l’Institut national des Arts (INA). Accompagné de 7 membres du Conseil national de transition, le ministre et sa délégation étaient venus s’imprégner des réalités dans lesquelles évolue l’établissement dont la localisation fait l’objet de polémique entre le Gouvernement et le CNT.

A leur arrivée, le ministre et sa délégation ont été accueillis par le Directeur général de l’INA, Amadou LOUGUE ; en présence du secrétaire général du Comité AEEM, Ali SANKARE ; des membres de la direction, du personnel et des étudiants.
Après avoir visité les locaux et les alentours de l’INA, Ramata DIAOURE, celle là même qui avait adressé la question orale au chef du département sur sujet, a déclaré que l’INA est dans un environnement mal sain parce que des autorités ne ce sont pas assumées.
« On ne peut voir et laisser des gens venir se coller aux murs d’une école, empêcher les élèves d’ouvrir leurs fenêtres pour respirer et qu’on ne sévit pas. Comment est-ce que ces gens ont pu avoir l’autorisation de s’installer et d’entourer tous les abords de l’INA ? Comment on peut comprendre qu’un bâtiment historique, un lieu historique comme l’Institut national des arts du Mali puisse avoir des parties de ces locaux loués à des commerçants ? Où est-ce que vous avez vu une école qui loue des parties de ces salles et qui coupe même certaine salles ? », s’est insurgée notre consœur Ramata DIAOURE, membre du CNT.
En effet, les visiteurs du jour ce sont rendus compte que la salle de galerie de l’INA avait été partagée en deux et une partie est louée à des tiers.
Pour Ramata DIAOURE, cela est inimaginable.
«Comment une mairie, un gouvernorat, où une autorité de l’Etat qui s’assume peut laisser cet envahissement ? », continue de s’indigner la visiteuse qui ajoute que c’est une honte.
«Il faut que ça soit très clair. Nous quand même, au niveau de la délégation du CNT qui est venue, l’INA, il est ici. Et c’’est cet INA qu’il faut sauver », a-t-elle tranchée
Avant d’inviter les responsables de l’établissement à nettoyer les alentours, assainir le milieu, et rénover l’établissement.
«Il n’y a aucune raison d’aller ailleurs. Il (INA) doit être là où il est aujourd’hui, là où il a été historiquement installé. On peut, s’il le faut, améliorer ou augmenter des salles de classe, voir comment peut être, en allant vers le marché des artisans où il y a des espaces libres qui sont occupés que par des marchands, peut-être, construire des salles là-bas. Mais que ça reste sur le site historique», a-t-elle dit.
Selon notre consœur, l’important, c’est le caractère historique du site, et si on oublie ça, on va laisser faire tout et n’importe quoi.
De son côté, Adama NIARE, chef de la délégation du CNT, a rappelé que cette problématique de l’INA a été débattue lors de deux plénières, à travers une question orale adressé par les membres de la commission qui a adressé une question orale au ministre.
Mais, au CNT, a-t-il expliqué, on est dit qu’il faut voir une fois que d’entendre 100 fois.
«Après avoir visité les locaux et les alentours de l’INA, nous nous sommes rendu compte de la réalité des difficultés», a-t-il déclaré.
La délégation du CNT, à l’issue de cette visite va, selon son porte-parole, rendre compte à qui de droit afin que des mesures idoines puissent être prises pour aider cet établissent, visiblement en danger.
«Nous sommes dans une période de refondation de l’Etat. Et cette période de refondation recommande que chacun s’y mette pour qu’on puisse préserver le patrimoine et les acquis de l’Etat. Et les acquis pour nous, ce sont les enfants. La culture de demain, ce sont les enfants d’aujourd’hui, il faut que ces enfants soient dans de meilleures conditions pour étudier», a-t-il plaidé, avant d’ajouter que «Trop c’est trop».
«Il va falloir revoir tout ça, et dans le plus bref délai, trouver les solutions idoines pour que l’INA qui est un patrimoine national, soit sauvé ; et nous y tenons», a fait savoir M. NIARE.
«Dans la cour, nous avons vu des tas d’ordures, des parkings. C’est des véhicules de particuliers tout autour qui bloquent les accès», a fait constater le doyen de cette délégation du CNT.
Pour la délégation du CNT, composée des membres de trois commissions (Culture, finance, TP), il n’y a pas d’obstacles insurmontables au niveau de l’établissement.
«L’INA peut être dans les conditions idoines pour continuer d’assurer la formation de nos enfants », a conclu le doyen de la mission du CNT.
A son tour, le ministre Andogoly GUINDO a rappelé que la visite avait pour objectif de venir s’imprégner des réalités dans lesquelles évolue l’établissement.
Il a souligné que l’INA est une école emblématique, historique, qui est considérée comme un patrimoine.
Pour lu, cette visite a permis aux membres de la délégation de s’imprégner des réalités tant à l’intérieur que dans les environs immédiats.
«Vous avez pu remarquer que l’INA est submergé par le marché Dabanani (grand marché). Des forains et des étalagistes ont occupé tous les abords immédiats et obstrué toutes les voies d’accès, et si bien que l’accessibilité est devenu un défi énorme», a déploré le M. GUINDO.
Aussi, dans les salles de classe, a-t-il fait remarqué, certaines fenêtres sont condamnées et les élèves souffrent de toutes sortes de nuisances (sonore, pollution de l’atmosphère due aux odeurs nauséabonds provenant des produits venus aux alentours).
Pour le ministre, ces défis sont multiples et pressants et invitent tous les acteurs ainsi que les autorités à voir ensemble les solutions à y apporter pour permettre aux enfants d’étudier dans des conditions plus acceptables.

Par Aboulaye OUATTARA




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