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lundi 19 avril 2021
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Incidence économique du Palu au Mali: une perte de 72 milliards de FCFA par an

Le ministre de la Santé et l’hygiène publique du Mali, Mme Marie Madeleine TOGO a présidé, hier lundi au CICB, la cérémonie commémorative de la 9é édition de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme couplée au lancement de la semaine nationale de la lutte contre le paludisme qui a pour thème: «En finir pour de bon avec le paludisme».

Première cause de décès chez les enfants au Mali, cette journée est l’occasion pour le monde entier de mesurer les progrès réalisés dans la lutte contre le paludisme, d’inciter les autorités à la prise des décisions en faveur de l’éradication de ce fléau. Cette journée a été célébrée en présence de plusieurs partenaires et acteurs de la lutte contre le paludisme.
Après les mots de bienvenue du représentant du maire de la commune III, sur les efforts fournis dans la lutte contre le paludisme dans le monde, l’ambassadeur des USA au Mali, Paul A FOLMSBEE a noté qu’au cours des 15 dernières années, le monde a enregistré de fortes avancées dans la lutte contre le paludisme tout en mettant un accent particulier sur le progrès historique réalisé par l’Afrique sub-saharienne dans la lutte contre ce fléau. A l’actif de ces résultats, indique-t-il, plus de 6 millions de décès dus au paludisme ont été évités dans le monde entier.

Les efforts des partenaires
Le même progrès a été également enregistré dans notre pays, selon le diplomate américain; qui a indiqué que depuis 2006, le Mali a réduit le taux de la mortalité de 49% de toutes causes confondues, parmi les enfants de moins de 5 ans. Ce résultat, a-t-il estimé, est dû aux investissements et aux efforts du gouvernement malien, des communautés, et des partenaires techniques et financiers.
En dépit de ces efforts, dans le monde, il y a plus 430 000 personnes qui meurent encore chaque année à cause du paludisme et 90% des décès dus au paludisme surviennent en l’Afrique sub-saharienne et la grande majorité concerne les enfants de moins de 5 ans.
En tant que premier donateur dans le domaine de la santé, M. FOLSMBEE a réitéré l’engagement des USA à travailler avec ses partenaires afin d’intensifier les efforts et libérer les populations du fardeau du paludisme.
Aussi, a-t-il rappelé, le soutien que son pays apporte au Mali en faveur de la lutte contre le paludisme. Selon M. FOLSMBEE, chaque année, les USA, à travers l’Initiative présidentielle dans la lutte contre le paludisme (PMI), investissent environ 15 milliards de FCFA au Mali via la distribution de moustiquaires imprégnées, la pulvérisation intra-domiciliaire, entre autres.
« Ils sont en fait la contribution du peuple et du gouvernement américains pour aider les Maliens à se forger un avenir résiliant et prospère conformément à l’objectif de la stratégie de l’USAID pour le Mali sur les 5 prochaines années», a noté le diplomate.
Le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Mali, Lucien MAGAN s’est contenté de faire la lecture du message de la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Matshidiso MOETI rédigé à l’occasion de cette 9e édition de la Journée mondiale de la lutte contre le paludisme.
Dans son adresse à l’Afrique, le Dr Matshidiso MOETI estime que beaucoup reste à faire pour concrétiser leur vision d’une Région exempte de paludisme. Mais, fort heureusement, elle sait compter sur la solidarité mondiale agissante qui œuvre pour un monde sans paludisme confirmée dans les Objectifs de développement durable (ODD) en vue d’éliminer le paludisme à l’horizon 2030.
«Une Afrique exempte de paludisme est possible, à condition d’assurer une coordination solide et la mise en œuvre de stratégies et d’initiatives appropriées, tout comme l’application de dispositifs de financement efficaces, ainsi que l’élaboration de processus garantissant le suivi des progrès réalisés», estime-t-elle.

Les incidents du palu sur la croissance de notre pays
Pour réussir leurs missions conformément aux ODD, elle a fait savoir que l’OMS, en collaboration avec ses partenaires, a élaboré la stratégie de lutte contre le paludisme en Afrique (2016-2030) dans l’optique de coordonner les actions entreprises afin d’atteindre l’objectif d’une Afrique exempte de paludisme.
«Nous fournirons un appui aux pays de la Région pour qu’ils puissent notamment renforcer la mise en œuvre d’interventions ciblées reposant sur des bases factuelles, tout en coordonnant et en facilitant l’instauration d’une plateforme régionale solide de responsabilisation des parties prenantes», a-t-elle expliqué.
Dans son discours de lancement des activités de cette journée couplée avec la semaine nationale de la lutte contre le paludisme, le ministre de la Santé a rappelé que la journée a été instituée en 2007 par les Nations Unies avec comme objectif fondamental de mobiliser tous les acteurs pour la lutte contre le paludisme.
Ainsi, à l’instar des autres intervenants, elle n’a pas manqué aussi de souligner les conséquences du paludisme sur le développement du Continent, l’un des plus affecté par cette maladie.
Au Mali, elle a regretté que l’année dernière, le pays a enregistré plus de 2 millions de cas de palu qui demeure la première cause de consultation chez les enfants de moins de 5 ans.
En tant mère, elle a déploré que parmi ces cas, le pays a dénoté plus 190 000 décès contre 600 000 cas graves soit un taux de létalité de 8,9%. En outre, le paludisme a des incidents importants sur le développement de notre pays.
Selon le ministre de la Santé, à cause du paludisme, la croissance du pays a pris un coup avec 1,3 point du fait l’absentéisme au travail ou à l’école. De même, il engendre une perte économique de 72 milliards de FCFA par an.
L’un des moments marquants de cette cérémonie a été l’animation musicale de l’Ensemble instrumental du Mali, le sketch de sensibilisation sur le paludisme et la visite des stands.

Par Sikou BAH




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