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mardi 20 avril 2021
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Incident de Kidal ET Processus de Paix: ce que la Minusma a dit

La Mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) a tenu, hier jeu-di, son point de presse traditionnel à son QG. Il a été question au cours de cette rencontre avec la presse, des résultats du rapport préliminaire interne sur la violente manifestation de Kidal, le 18 avril dernier, ayant occasionné deux morts, et la dernière session ordinaire du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) tenue les 25 et 26 avril, à Bamako.
Si l’enquête sur les incidents de Kidal, n’est pas permis malheureusement de déterminer le ou les vrais auteurs des tirs ayant fait des victimes parmi les manifestants, la situation n’est pas aussi reluisante par rapport à la mise en œuvre de l’accord. La Mission, comme les groupes armés, ayant confirmé le fait que le processus n’avançait pas à l’allure souhaitée, malgré les mul-iples recommandations issues des différentes sessions.
Voici la Déclaration préliminaire lue par le porte-parole de la Minusma sur les deux questions.

Incident de Kidal
Comme on l’a annoncé dans notre communiqué de presse date du 26 avril, l’équipe d’enquête sur la manifestation violente de Kidal a présenté ses résultats préliminaires au Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh Annadif.
Le rapport est le résultat d’une enquête préliminaire interne à la MINUSMA selon les procédures applicables des Nations Unies, afin de déterminer les faits et circonstances de ce grave incident survenu le 18 avril au cours duquel des vies humaines ont été perdues.
L’enquête préliminaire à ce stade de la procédure, n’a pas permis de déterminer l’origine des tirs meurtriers avec certitude. Cette enquête se poursuit et sera complétée dans les meilleurs délais par une deuxième phase plus approfondie qui devrait permettre d’établir les causes exactes de l’incident et de dégager des responsabilités éventuelles à la lumière des éléments que les enquêteurs auront pu recueillir. A cet effet, la pleine coopération de toutes les parties pour compléter l’investigation est requise.
Rappelons que les manifestants, dont certains étaient munis notamment de cocktails Molotov, s’étaient introduits par effraction sur la piste de l’aérodrome de Kidal sécurisée par la MINUSMA, saccageant et mettant le feu aux installations sécuritaires. Parmi les manifestants, deux personnes sont mortes et plusieurs ont été blessés. Tout en déplorant et regrettant les pertes en vies humaines et les blessures occasionnées suite cet événement, M. Annadif a déclaré que le recours à la violence, sous quelque forme que ce soit, envers nos forces et la destruction de nos installations au niveau de l’aérodrome sont inacceptables. La MINUSMA est par ailleurs vivement préoccupée par l’instrumentalisation d’enfants lors de telles manifestations violentes et la condamne vigoureusement.
La MINUSMA regrette les retombées négatives de ces évènements sur les efforts engagés pour venir en aide aux populations. Plusieurs mois de réhabilitation et de lourds moyens financiers seront nécessaires avant de rendre la piste d’atterrissage opérationnelle, pénalisant lourdement les populations du nord dans l’acheminement des dividendes de la paix, a indiqué M. Annadif. La MINUSMA ne pourra pas renouveler la réhabilitation de l’aérodrome sans des garanties politiques a souligné M. Annadif, qui a encouragé la coopération effective de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) pour assurer la sécurisation de la zone de l’aéroport. À l’heure actuelle la piste est toujours occupée.
Dans la foulée des événements, le 25 avril, le bureau de la MINUSMA à Kidal a rencontré le Secrétaire Général du Haut Conseil de l’Unité de l’Azawad (HCUA) et du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA). Tous deux ont exprimé des regrets quant aux évènements dramatiques de la semaine précédente et ont appelé à une réouverture rapide de l’aéroport pour permettre la distribution de l’aide humanitaire dans la région.

Processus de Paix : Comité de Suivi de l’Accord (CSA)
Le RSSG et Chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh Annadif, son Adjoint pour le pilier politique, M. Koen Davidse, ainsi que plusieurs représentants des différentes sections de la MINUSMA ont participé à la 8ème session ordinaire du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) les 25 et 26 Avril à Bamako. La rencontre s’est déroulée sous la présidence de l’Algérie, et en présence de représentants du Gouvernement, des mouvements de la Plateforme et de la CMA ainsi que de la médiation internationale. Cette rencontre visait à faire le point sur l’avancement des travaux en vue de la mise en œuvre de l’Accord de Paix.
D’une manière générale, le Comité a été unanime sur le fait que le processus n’avançait pas à l’allure souhaitée, malgré les multiples recommandations issues des différentes sessions de cette instance et de ses sous-comités thématiques, en particulier celles relatives à la mise en place des autorités intérimaires et des patrouilles mixtes. De même, le Comité a déploré la lenteur dans la finalisation du Plan d’urgence humanitaire.
Toutefois, le Comité s’est réjoui des efforts de collaboration et de concertation entamés entre les Parties maliennes dans la mise en œuvre de l’Accord.
Le Comité a pris note de la présentation faite par le Gouvernement du Mali sur l’état de la mise en œuvre de l’Accord. Cette présentation a fait mention notamment de la nomination et l’installation des gouverneurs des nouvelles régions administratives créées (Ménaka et Taoudénit) ; de l’élaboration du projet de loi portant création de nouvelles collectivités territoriales ; de l’adoption le 31 mars 2016 de la loi modificative de la loi sur les collectivités territoriales ; de la préparation du décret fixant le cadre institutionnel de la RSS ; du début de l’opérationnalisation Du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) ; de la mise en place des agences de développement régional dans toutes les régions et à Bamako ; la finalisation du rapport de la Mission d’Evaluation Conjointe des Besoins dans le Nord ( MIEC)- qui a été menée par la Banque Africaine de Développent, la Banque Mondiale et la Banque Islamique de Développement- ainsi que le début de l’élaboration de la stratégie spécifique de développement des régions du Nord. Le Comité a encouragé les Parties à prendre toutes les mesures appropriées de nature à permettre le parachèvement des initiatives prises dans certains domaines liés à la mise en œuvre de l’Accord.
S’agissant du domaine de la défense et de la sécurité, le Comité a relevé l’effectivité de la construction des sites de cantonnement ; le début de l’opérationnalisation du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à travers la mise à disposition par le Gouvernement de 42 véhicules ainsi que l’existence d’engagements fermes quant à la prise en charge des éléments devant participer aux patrouilles mixtes.
Dans le domaine politico-institutionnel, en ce qui concerne la mise en place des autorités intérimaires, le Comité a noté que la loi afférente à cette question a été déjà adoptée en attendant sa promulgation dans les meilleurs délais.
Compte tenu de l’importance de ces deux questions dans la mise en œuvre de l’ensemble des dispositions de l’Accord, le Comité a demandé aux Parties de déployer immédiatement des efforts particuliers en vue de surmonter les obstacles relevés durant ses travaux et d’obtenir des avancées significatives dans ces domaines, y compris l’élaboration d’un calendrier consensuel et réaliste des différentes échéances.
Les Représentants de la Médiation Internationale ont réitéré leur disponibilité à assister les Parties à renforcer la confiance entre elles et en leur sein et à travailler avec elles pendant l’intercession pour surmonter les obstacles et donner une nouvelle impulsion à la mise en œuvre de l’Accord, conformément au chronogramme adopté par le CSA et les Conclusions de ses précédentes sessions.
Quant aux événements du 18 avril à Kidal, le CSA a déploré les pertes en vies humaines et exprimé ses vives condoléances aux familles des victimes. De même, il a regretté les violences insensées contre les forces de la MINUSMA et la destruction des infrastructures de l’aéroport de Kidal, appelant les Parties signataires de l’Accord à prendre leurs responsabilités pour que ce genre d’événement ne se reproduise plus.




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