Insécurité alimentaire dans les zones à risque: l’évaluation provisoire des experts du SAP

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Pour mieux appréhender le degré de vulnérabilité et d’insécurité alimentaire des populations, dans le sens d’une meilleure orientation de ses interventions et de celles de ses partenaires, le Gouvernement du Mali, à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire, organise depuis hier, la première réunion du cadre harmonisé d’analyse et d’identification des populations en insécurité alimentaire. Cette rencontre, qui entre dans le cadre de l’évaluation de la situation alimentaire au titre de l’année 2016-2017, vise à permettre au gouvernement de préparer son plan de réponse dans les zones à risque.

L’Hôtel Mandé abrite depuis hier lundi, les travaux de la session inaugurale du cadre harmonisé et d’identification des populations en insécurité alimentaire au titre de la campagne agricole 2016-2017. C’est le ministre commissaire à la sécuritaire alimentaire, Oumar Ibrahim TOURE, qui a présidé la cérémonie dont les travaux se poursuivent jusqu’au 12 novembre prochain.
Organisée par le Commissariat à la sécurité alimentaire, à travers le Système d’alerte précoce, la cette session des experts est un exercice capital pour le pays et pour notre système de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Un exercice important du fait que le cadre harmonisé d’analyse et d’identification des populations en insécurité alimentaire est un outil fédérateur qui permet de classifier la nature et la sévérité de l’insécurité alimentaire aigüe en phases courante et projetée. C’est un processus permettant d’atteindre un consensus technique et valorise les informations générées par les systèmes d’information existants, enquêtes nationales, analyses et autres.
Cette première réunion est l’aboutissement d’un travail extrêmement important réalisé en amont par le SAP, le PAM, le FEWSNET et la FAO ainsi que tous les partenaires du cluster sécurité alimentaire visant à générer suffisamment de données et surtout de données de qualité permettant une analyse fiable et objective de la situation alimentaire et nutritionnelle.
De l’appréciation faite par la représentante de la FAO et chef de file des partenaires techniques et financiers pour le sous-groupe sécurité alimentaire et nutrition, la démarche du cadre harmonisé basé sur la participation inclusive, le consensus, la transparence, la coordination dans la synergie permet d’analyser la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Mali jusqu’au niveau administratif et cercle.
Sans anticiper sur les résultats qui sortiront de la rencontre, il a attiré l’attention des experts sur leur responsabilisation d’analyse de preuves fiables qui permettra de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali, par le ciblage des populations affectées selon la sévérité de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et de produire la cartographie de la situation alimentaire dans le pays.
Et c’est là que se trouvent, a averti Madame Fatoumata SIED, les enjeux des travaux de cette rencontre du cadre harmonisé, car les résultats issus des travaux doivent permettre au Gouvernement d’élaborer le plan national de réponse ainsi que les plans de réponse des partenaires humanitaires pour l’année 2017.
En tout cas, cette session du cadre harmonisé, comme l’a rappelé le ministre Commissaire, est un processus et outil fédérateur de l’ensemble des méthodologies d’analyse de la vulnérabilité dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et du CILSS dont la présidence en exercice est assurée par le Chef de l’État, Ibrahim Boubacar KEITA.
En tant qu’outil consensuel, il est adapté par les informations issues des différentes évaluations de la situation alimentaire et nutritionnelle, à travers le pays et les données classiques produites par les structures nationales, les partenaires techniques, les ONG et la société civile. C’est dans cette perspective que le SAP, en partenariat avec le PAM, le FEWSNET et la FAO ainsi que tous les partenaires du cluster sécurité alimentaire, a réalisé au courant septembre 2016, le premier passage de l’Enquête nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle au titre de l’année alimentaire 2016-2017.
Aussi, les experts du SAP ont-ils également sillonné entre septembre et octobre 2016, le pays pour évaluer de façon qualitative, la campagne agro sylvo pastorale et de pêche de 2016-2017 en vue d’identifier les zones à risques ; et de collecter des données de paramètres clés pour les analyses et l’économie des ménages en vue de dégager les zones potentiellement en déficit des moyens de survie ou de protection des moyens d’existence.
De la révélation faite par le Commissaire à la sécurité alimentaire, les résultats de ces évaluations ont été validés les 31 octobre et 1er novembre derniers par les acteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Aussi, les résultats provisoires issus de l’Enquête agricole de conjoncture menée par la cellule de planification et de statistiques du Secteur du développement rural sont une source de donnée importante pour l’exercice définitif de la situation alimentaire.
Depuis bientôt cinq ans, le Cadre harmonisé est devenu un outil d’aide à la décision pour le Gouvernement et ses partenaires.
Voilà pourquoi, pour assurer sa pérennité, un comité national d’analyse présidé par le SAP a été créé en vue de piloter le processus depuis la phase de collecte des données ou des preuves jusqu’à la phase d’analyse et de détermination des populations en insécurité alimentaire.
En tout cas, durant les sept jours au cours desquels ils sont conviés à passer en revue cette moisson de différentes preuves, le ministre TOURE a invité les experts à privilégier, dans toutes les propositions de sortie de crise, les actions de résilience plus durables en faveur des populations vulnérables.
Rappelant les situations particulières des régions du nord (Kidal, Gao, Tombouctou) et le nord de Mopti qui ne se sont totalement remis de la situation de crise sécuritaire qui continue d’affecter les moyens d’existence des populations, il a exhorté les participants à privilégier dans leurs propositions de réponses, les actions de renforcement de la résilience.

Par Mohamed D. DIAWARA

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