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lundi 28 mai 2018
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Insécurité: la responsabilité partagée de tous les acteurs

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni sur le dossier de la crise du Mali, mardi dernier. Contrairement aux propos du Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour le maintien de la paix, Jean-Pierre LACROIX, la dégradation de la situation sécuritaire dans le nord et le centre du pays incombe à tous les acteurs, dont l’ONU, à travers la MINUSMA. Certes, l’État malien et les groupes armés signataires de l’accord ont souvent manqué à certains de leurs devoirs au cours de ces deux dernières années, mais quant à la MINUSMA, elle doit reconnaitre également ses insuffisances en matière d’exécuter son mandat convenablement.
Ce rendez-vous a été l’occasion pour évaluer la situation de crise dans notre pays, donner des directives avec des alternatives crédibles.
Cette année, la rencontre du Conseil de sécurité sur la situation sécuritaire, dans notre pays, intervient dans un contexte où l’insécurité, dans certaines parties du pays, est des plus préoccupantes. Les forces armées régulières et la population civile ainsi que les forces étrangères sont fréquemment visées par des groupes terroristes hostiles au retour de la paix dans le nord et le centre du Mali. Face à ce constat, l’administration tarde à s’installer dans l’ensemble des régions nord et du centre du pays.
Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour le maintien de la paix, Jean-Pierre LACROIX, a, au cours de cette réunion, déploré cet état de fait avant de soutenir que le retour de la paix passe inévitablement par la mise en œuvre de l’accord. Dans ses propos, il indexe plus l’État comme responsable de cette situation avant l’appeler au respect du calendrier électoral du scrutin présidentiel de juillet prochain.
Sur le dernier point, la MINUSMA fournit des efforts à hauteur de ses moyens pour la tenue d’une élection crédible et transparente.
Cependant, ce qui est de la sécurité dans le nord et centre du pays, il y a encore de gros efforts à accomplir compte tenu de la superficie du territoire malien estimé à plus 1 million de Km2. Dans cette mission, la MINUSMA doit agir conformément à son nouveau mandat dit ‘’robuste’’ pour s’affirmer pleinement en acteur de stabilisation du pays. À côté des Famas, dont la mission restera la défense de la souveraineté territoriale du Mali, la mission onusienne ne doit pas trahir les raisons de son engagement dans notre pays.
Concernant la tenue à date de l’élection présidentielle sur l’ensemble du territoire, elle passe aussi par la sécurité et la MINUSMA y a un grand rôle à jouer. Ce faisant, au-delà des discours de pressions sur les autorités maliennes, la MINUSMA doit également se remettre en cause et d’intégrer les observations faites sur ses approches. La qualité de ses moyens (matériels et humains) a été notamment décriée pendant longtemps. D’après plusieurs analyses, elle ne répond pas suffisamment à la mission attendue d’elle. Et la mise à niveau de ces moyens, qui traine, est importante pour l’atteinte des objectifs.
Aujourd’hui, la dégradation de la situation ne saurait être imputée au seul État du Mali qui est partie au même titre que les groupes armés de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. À cet effet, la tenue de la présidentielle à date tout comme la lutte contre l’insécurité engagent tous les acteurs y compris la communauté internationale.

Par Sikou BAH




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