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samedi 18 novembre 2017
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Insertion socioprofessionnelle des diplômés ‘’BT et CAP’’: l’ONEF fait un constat alarmant

La salle de conférence du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a abrité, hier jeudi, la cérémonie de lancement officiel du rapport de l’étude sur l’insertion des diplômes de l’enseignement technique et professionnel (BT et CAP) pour la promotion 2013 au Mali. De ce rapport, il ressort que pendant les 3 premières années de la vie active, les femmes ont plus de difficultés dans leur insertion sur le marché de travail au Mali que les hommes. De même, plus de 75 % de ces agents salariés ont une rémunération supérieure à 35 000 FCFA.

Cette rencontre était présidée par le représentant du ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Soumana SATAO, secrétaire général, du dit département, en présence du coordinateur du projet de développement des compétences et emploi des jeunes (PROCEJ), Drissa BALLO ; du directeur de l’Observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle (ONEF), Boubacar DIALLO ; des représentants de certains départements ministériels, etc.
Selon les initiateurs de cette rencontre, ce rapport est le premier du genre produit par l’Observatoire national de l’Emploi et la Formation sur l’insertion des diplômés, avec le concours de la Banque Mondiale, à travers le Projet de Développement des Compétences et Emploi des Jeunes (PROCEJ).
L’étude s’est déroulée de juin à juillet 2016, selon le directeur de l’ONEF Boubacar Diallo. Elle a permis, souligne-t-il, d’interviewer 1593 diplômés de l’enseignement technique et professionnel de la promotion 2013 sur leurs parcours d’insertion professionnelle sur le marché du travail trois ans après la fin de leurs études.
Les résultats obtenus sur cet échantillon ont été extrapolés à l’ensemble des 9835 diplômés de 2013, a-t-il fait savoir.
La répartition de ces diplômés selon le groupe de filière montre une forte variation, dit-il.
En effet, rapporte le patron de l’ONEF, les diplômés des groupes de filières comptabilité et banque, agent administratif, électricité, électronique et BTP sont les plus nombreux avec respectivement 29,6 %, 17,1 %, 17,0 %, et 16,1 % de l’ensemble de diplômés.
Le taux d’emploi global des diplômés de 2013 au moment de l’enquête est de 43,5 %. II est de l’ordre de 49,9 % pour les hommes et 32,0 % pour les femmes.
Selon le groupe de filières, on observe des taux d’emploi élevés chez les diplômés en plomberie, suivis des douanes & impôts, l’agriculture, la géologie avec respectivement 60,9 %, 59,5 % et 57,7 %.
Plus de 75 % des emplois salariés ont une rémunération supérieure à 35 000 FCFA. En effet, 39,2 % ont un salaire mensuel compris entre 35 000 et 75 000 FCFA, 18,9 % ont un salaire compris entre 75 000 et 100 000 F CFA et 17,8 % perçoivent un salaire supérieur à 100 000 F CFA.
Au total, 18 % des diplômés de 2013 ont obtenu leur premier emploi en moins d’un mois et 41,3 % d’entre eux ont accédé à leur premier emploi entre 1 et 6 mois après l’obtention du diplôme. Une part importante des diplômés spécialisés dans les groupes de filières, telles que la géologie, l’agriculture et l’administration, met plus d’un an pour accéder à leur premier emploi avec respectivement 40,3 %, 35,4 % et 31,9 %.
Sur l’ensemble des diplômés, 64,5 % occupent des emplois qui sont en adéquation avec leur formation. Contrairement aux hommes, une importante partie des femmes (70,6 %) occupe des emplois en adéquation avec leur formation. Suivant les groupes de filière, à l’exception des BTP, le taux d’adéquation de l’emploi dépasse les 50 % pour l’ensemble des groupes de filières. Il est supérieur à 70 % pour les groupes de filières, telles que la Santé, la plomberie, la mécanique, la géologie, la Boulangerie et Pâtisserie et l’agriculture.
Le taux de chômage le plus élevé s’observe chez les diplômés des groupes de filières: agent administratif, boulangerie et pâtisserie, mécanique et comptabilité et banque avec respectivement 54,5 % ; 48,3 % ; 38,7 % et 37,1 % de taux de chômage au moment de l’enquête.
Par rapport aux parcours des diplômés, trois ans après la fin des études, on constate une augmentation remarquable de la part des jeunes en emploi. Elle a été seulement 35 % en décembre 2013, puis 47 % un an après et elle a dépassé 61 % en juillet 2016. De plus, la part des jeunes en chômage diminue nettement au fil des mois, mais elle reste au-dessus de 22 % même après plus de 3 ans de l’obtention du diplôme.
Pendant les 3 premières années de la vie active, les femmes ont plus de difficulté dans l’insertion sur le marché de travail. Elles sont largement surreprésentées dans le parcours de chômage persistant. Une femme sur trois n’arrive pas à s’insérer et se retrouve en situation de chômage de longue durée alors que seulement un homme sur quatre est confronté à cette situation. Elles ont aussi beaucoup moins de chance de se retrouver dans les trajectoires qui convergent vers l’emploi. En effet, 18 % des femmes connaissent une trajectoire d’accès durable à un emploi salarié.
L’analyse par filière de formation montre que les diplômés en agent administratif et comptabilité et banque sont plus susceptibles d’avoir une trajectoire professionnelle caractérisée par des périodes longues de chômage. Cependant, ceux des filières de santé ou d’agriculture semblent avoir plus de performance en matière d’insertion et sont minoritaires dans le parcours de chômage persistant avec respectivement 15 % et 21 %.
Le type de diplômes semble avoir aussi un impact sur le parcours d’insertion des diplômés. La trajectoire de retour en formation concerne les diplômés en CAP deux fois plus que les sortants avec le BT. Ces derniers sont en revanche plus nombreux dans la trajectoire d’insertion dans un emploi salarié (24 % contre 19 % pour le CAP).
Conscient du rôle prépondérant que joue l’enseignement technique et professionnel dans la lutte contre le chômage, les autorités du pays en ont fait une priorité. Le taux de chômage des diplômés de l’enseignement technique est passé de 24,7 % en 2010 à 17,8 % en 2015.
Les réformes de l’enseignement technique et professionnel en cours prévoient de mettre l’accent sur l’implication du secteur productif à l’adaptation des programmes aux besoins du marché du travail, à la promotion des stages, au suivi des diplômés.
Selon les auteurs dudit rapport, la création des 200 000 emplois promis par les plus hautes autorités passe non seulement par la mise en œuvre d’actions concrètes visant à promouvoir la création d’emploi, mais aussi l’amélioration de l’offre de formation en général et celle de la formation technique et professionnelle en particulier.
Ces constats ont permis de formuler des recommandations ci-dessous, dont entre autres : Sensibiliser les femmes pour qu’elles s’orientent plus vers les filières industrielles ; mettre en exergue les- filières dont les diplômés sont mieux insérés sur le marché de l’emploi et ceux qui rencontrent des difficultés d’insertion.
Il s’agit aussi de mettre un accent sur la formation dans les filières industrielles au niveau du CAP.

Par Abdoulaye OUATTARA et Sandy TOURE (Stagiaire)




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