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mardi 17 juillet 2018
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Insertion socioprofessionnelle des jeunes: le rapport d’analyse alarmiste de l’ONEF

L’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) a organisé le mercredi 27 décembre 2017, dans la salle de conférence du Conseil national du patronat, sa 2è journée scientifique sous le thème: «La problématique de l’insertion professionnelle des diplômés dans le marché du travail».

La journée était placée sous l’égide du Maouloud Ben Kattra, ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle ; en présence de Boubacar DIALLO, directeur général de l’ONEF et Dramane HAIDARA, directeur pays-BIT, bureau d’Abidjan.
La présente journée avait pour objectif d’offrir un cadre d’échanges et de partage des résultats des études menées par l’ONEF et de débattre sur la problématique de l’insertion des diplômés dans le marché du travail afin de dégager des pistes de solutions devant améliorer l’employabilité et faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.
Selon le ministre Ben KATTRA, l’insertion professionnelle des diplômés constitue une très grande préoccupation pour les pouvoirs publics et l’ensemble de la société de façon globale.
«Cette frange de la jeunesse malienne devient de plus en plus nombreuse et est souvent confrontée aux dures réalités du marché du travail», a-t-il indiqué.
Pour lui, si l’obtention du diplôme était perçue, auparavant, comme une marque d’intégration professionnelle et un visa d’entrée dans la vie active, depuis quelques années la donne est tout autre.
«Elle se caractérise actuellement par de sérieuses difficultés à obtenir un emploi et par conséquent à s’insérer », dira-t-il.
Par ailleurs, a-t-il souligné, dans un contexte, sans cesse, marqué par des difficultés économiques, le chômage des jeunes diplômés est devenu aujourd’hui plus qu’un phénomène, mais une réalité qui commence à atteindre des propositions assez inquiétantes.
Selon le rapport d’analyse situationnelle sur le marché du travail, édition 2016 de l’ONEF, révèle le ministre, le nombre de diplômés en BT et CAP de l’enseignement technique et professionnel est passé de 9 835 en 2013 à 12 523 en 2016, soit un taux d’augmentation de 27% en trois ans. Et d’ajouter qu’en 2016, les cinq universités publiques du pays totalisaient 63 568 étudiants inscrits. Pendant la même période, les grandes écoles comptaient 1727 étudiants inscrits.
Il ressort du même rapport, des jeunes maliens n’ayant aucun niveau et ceux ayant le niveau fondamental, occupaient des emplois informels respectivement de 99,6% et de 96,5% contre 47,7% et 37,7% respectivement pour ceux qui ont le niveau d’études secondaires et supérieures.
Selon toujours les mêmes résultats, en 2016, le taux de chômage représentait 24,2%, 18% et 6,3% respectivement chez les diplômés du supérieur, du secondaire et les non instruits. Ces statistiques attestent les difficultés auxquelles les diplômés sont confrontés pour trouver un emploi sur le marché du travail. C’est fort de ce constat que le Président IBK a mis l’accent sur le triumvirat « éducation-formation-insertion», dont l’un des indicateurs est l’objectif de réaliser 200 000 emplois à l’horizon 2018.
Cet engagement présidentiel vise autant à faire de l’emploi une des priorités de l’action gouvernementale, pour soutenir le développement de nos atouts économiques et ouvrir de nouvelles opportunités à notre jeunesse, que de préparer celle-ci à affronter un environnement international de plus en plus intégré et concurrentiel.
Au-delà des échanges, cette 2è Journée scientifique de l’ONEF a été une opportunité pour les acteurs de mesurer le chemin parcouru, d’identifier les principales préoccupations et de formuler des recommandations à l’endroit des autorités, du secteur privé et des étudiants.
Pour sa part, le directeur général a indiqué que depuis son opérationnalisation en 2015, l’ONEF a publié une vingtaine de rapports d’études et cinq rapports sont en cours de réalisation. Parmi tous ces rapports, les résultats de l’enquête nationale sur l’emploi auprès des ménages, réalisée à travers le dispositif de l’EMOP, montrent depuis plus d’une décennie, un chômage persistant chez les diplômés contrairement aux non-diplômés.
Crée en décembre 2013, l’Observatoire national de l’emploi et de la formation a pour mission principale de faire des études et de la recherche afin de fournir aux décideurs et aux usagers des informations fiables et régulièrement actualisées sur le marché du travail, au niveau national et régional, pour une meilleure régulation de ce marché.

Par Abdoulaye OUATTARA




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