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samedi 23 juin 2018
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Intégration des ex-combattants: 27 milliards pour la réalisation d’infrastructures

Les rideaux sont tombés, hier dimanche, sur les travaux de l’atelier de réflexion sur l’intégration des ex-combattants dans l’armée nationale au Centre international des conférences de Bamako. Désormais, il y a urgence pour les groupes armés de fournir la liste de leurs combattants pour permettre au processus de cantonnement de démarrer dans un meilleur délai.

La cérémonie de clôture était présidée par le ministre de la Défense et des anciens Combattants, Tiéma Hubert COULIBALY. Organisé par le ministère de la Défense et des anciens combattants, cette rencontre a regroupé pendant 4 jours, les représentants de la CEDEAO, de la Banque mondiale, des départements ministériels concernés, de l’inspection général des Armées et service, les chefs d’état-major et directeurs de service, le secrétariat général permanent du Comité national de coordination de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, des hauts gradés de l’armés ainsi que les anciens ministres de la Défense du Mali.
À l’entame de ses propos, le ministre a tenu à saluer le caractère inclusif des travaux des journées de réflexion qui ont vu la pleine participation de représentants d’autres départements ministériels.
Selon lui, il revient au gouvernement malien d’avoir indiscutablement le leadership du processus de l’intégration. À ce titre, il a invité les groupes armés à fournir, dans un plus bref délai, les listes des effectifs de leurs combattants. « J’en appelle à l’esprit républicain des responsables des groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation », a-t-il insisté. La fourniture des listes de combattants permettra au gouvernant de lancer, sans délai, le processus de cantonnement, a-t-il rassuré.
Les travaux de ces journées ont été marqués par la mise en place de 3 groupes thématiques : ‘’les principes de base de l’intégration’’ ; ‘’les conditions d’attribution des grades et des fonctions de commandement’’ ; ‘’les mesures d’accompagnement de l’intégration’’.
Le constat général, est que les participants étaient favorables à l’intégration des ex-combattants dans les rangs de l’armée nationale.
Cependant, des conclusions de ces journées, il ressort que tous les ex-combattants ne seront pas tous éligibles à l’intégration dans nos forces armées et de sécurité. C’est le cas, notamment des enfants ou les éléments se trouvant dans les liens de la justice nationale ou internationale ainsi que des combattants n’ayant pas la nationalité malienne.
Parmi les conclusions de cette rencontre, on note que les affectifs des ex-combattants à intégrer dans les FAMA tiennent compte non seulement des dispositions de l’Accord pour la paix, mais aussi de la loi d’orientation et de programmation militaire. Il s’agit aussi de prendre en compte les ratios des populations des régions nord par rapport à la population totale du pays.
La détermination des effectifs est essentielle pour la reprise de l’accompagnement de partenaires, a fait savoir Tiéman Hubert COULIBALY.
Autres critères à prendre en compte dans le cadre de ce processus : le respect des tableaux d’effectifs et de dotation (TED) des FAMA. Ceci servira de garde-fous pour le pays d’avoir une armée nationale tel que souhaité par la LOPM.
Pour la constitution d’une armée véritablement nationale, les participants à cet atelier ont souhaité que les recrutements s’étendent désormais jusque dans tous les cercles, arrondissements et autres localités du pays.
La liste des ex-combattants sera vérifiée dans un système d’information et de conseil (ICRS). Dans ce registre, l’appartenance à une unité combattante de mouvement signataire de l’Accord issu du processus d’Alger, la définition de l’emploi de l’élément au niveau de l’unité combattante, de l’expérience professionnelle, les limites d’âge des grades, l’aptitude et les exemptions de mandats de dépôt, constituent autant de conditionnalités à observer.
Ces critères d’éligibilité des ex-combattants tiennent aussi comptent des normes internationales en la matière ainsi que des besoins internes de l’armée.
De facto, les enfants, ou les éléments se trouvant dans les liens de la justice nationale ou internationale, ou même de combattants n’ayant pas la nationalité malienne ne seront pas admissibles. L’équilibre interne des FAMA, le respect de la pyramide des grades seront aussi pris en compte dans l’attribution des grades.
Par souci de conformité avec la L’OPM, on ne pourra pas intégrer des officiers supérieurs, dont l’opérationnalité ne dépasse pas les 2 ou 3 ans.
Dans le cadre des mesures d’accompagnement de l’intégration, le gouvernement mettra l’accent sur la réalisation de nouvelles infrastructures. D’ores et déjà, il a annoncé que le gouvernement avait prévu à cet effet la somme de 27 milliards de francs CFA. De son côté, la Banque mondiale a déjà promis le montant de 15 millions de dollars, soit environ 7,5 milliards de francs. Un effort accru sera fait auprès des autres partenaires pour amener ceci à adhérer à ce processus en cours.
Dans la cadre du suivi évaluation, les dispositions seront prises pour initier des campagnes d’information et de sensibilisation des ex-combattants eux-mêmes, des FAMA et l’ensemble de la population malienne.
À ce titre, le ministre a annoncé que son département mettra en place un guide méthodologique pour expliquer de façon très claire les principes de ce processus d’intégration des ex-combattants.

Par Abdoulaye OUATTARA




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