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mercredi 16 août 2017
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Interdiction de la marche citoyenne: l’élan patriotique brisé ?

Au moment où la France naturalise un des nôtres pour sa bravoure, les autorités maliennes, elles, refusent la tenue d’une marche pacifique, citoyenne de recueillement et d’hommage à l’armée malienne et ses alliés confrontés au terrorisme sur le terrain.

Cette interdiction, qui tranche avec la liberté d’expression pour laquelle, le Président IBK a fait le déplacement en France pour marcher aux côtés de plusieurs grands de ce monde. Aussi, certains ne pensent pas moins qu’il s’agit du peu d’égard que vouent nos autorités aux vaillants soldats et leurs alliés tombés sur le champ de l’honneur pour la défense de l’intégrité nationale. Cette interdiction de marcher a porté également un coup sur l’élan patriotique de bon nombre de marcheurs mobilisés pour la circonstance.
En décidant d’organiser cette marche pacifique et citoyenne, le Collectif d’associations de jeunesse et de la société civile dont il faut saluer le courage et l’esprit patriotique, voulait tout simplement appeler le Peuple malien à s’incliner sur la mémoire des dignes soldats du pays et alliés, tombés pour le Mali. Car, pour ces responsables, se recueillir en leur nom est un devoir de manifestation de leur citoyenneté à la Nation. C’était aussi une façon pour eux de rappeler l’État sur la nécessité de la reconnaissance nationale pour ces Soldats morts pour la Patrie.
Ces jeunes patriotes voulaient même mander aux autorités maliennes de dédier une place publique ou d’instaurer une assistance pérenne en hommage à ces vaillants soldats et alliés, morts pour le Mali.
Mais héla, pour des raisons fallacieuses, nos autorités ont trouvé le moyen d’interdire cette marche, sous prétexte que le pays ‘’était en deuil’’. Du côté des marcheurs, on doute fort de la sincérité de cet argumentaire. Et pour cause, aucun communiqué officiel ne l’atteste et nulle part au Mali, le drapeau national n’était mis en berne.
Heureusement, les manifestants ont fait preuve de maturité pour asseoir à leur initiative, conformément à la volonté du pouvoir en place. En effet, soutient un leader, «même si nous ne comprenons pas les raisons de l’interdiction de la marche, nous respectons la décision des autorités et prenons acte de leurs craintes».
Ils ont bien compris que les policiers n’hésitaient pas à les mâter s’ils décidaient de marcher. Cela n’est pas nouveau, au contraire, c’est le souhait de ces policiers dont les «primes sont payées à la tâche».
En tout cas, il est temps et grand temps que les autorités maliennes comprennent que nous ne sommes plus sous le régime dictatorial et que la démocratie ne rime pas avec la privation des libertés individuelles et collectives. Toute chose qui peut avoir des conséquences fâcheuses sur tous les plans.
Tout le monde garde encore en souvenir les violents événements, survenus au Niger, relatifs à Charlie. La marche a dégénéré parce qu’elle a été interdite par les autorités du pays.
Le même phénomène, concernant le même sujet, allait se produire à Bamako, si à la dernière minute, la Présidence de la République n’avait pas donné l’ordre de marcher.
Les marches de soutien ou de protestation, outre le défoulement qu’elles procurent aux manifestants, constituent des droits reconnus par la Constitution.
Concernant les aspects sécuritaires, les autorités doivent encadrer la marche ou tenir pour responsables, les initiateurs en cas de troubles ou d’atteinte à l’ordre public.
D’ailleurs, ils sont nombreux, les Maliens qui ont l’impression qu’il y a «deux poids deux mesures», c’est-à-dire une discrimination en fonction de la ligne et des intérêts du prince du jour. Ainsi, les marches sont autorisées ou interdites selon les humeurs du chef.
En tout cas, une marche citoyenne de recueillement et d’hommage à l’armée malienne et ses alliés, au regard du contexte actuel, devrait être plutôt soutenue et encouragée par les autorités, au lieu d’être interdite.
Par Sékou CAMARA




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