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mercredi 12 août 2020
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Intervention militaire au Mali: Minusma, un État dans un État

11 janvier 2013 : la prise de Konna par des groupes extrémistes a conduit les autorités de transition à demander l’aide de la France pour défendre la souveraineté du Mali et rétablir son intégrité territoriale. En réponse à cette demande, des opérations militaires ont été lancées contre des éléments terroristes et autres éléments affiliés dans le cadre de l’opération Serval conduite par la France à l’appui de nos Forces de défense et de sécurité.

Le déploiement de forces africaines sous la bannière de la MISMA s’est accéléré à la suite de l’intervention militaire, ce qui a permis à certains des contingents de se déployer dans d’autres régions du nord du Mali en février.

11 janvier 2013 : par une lettre datée du 11 janvier 2013 à l’intention du Conseil de sécurité, la France « (…) a répondu, ce jour, à une demande d’aide formulée par le Président intérimaire de la République du Mali, M. Dioncounda Traoré. En effet, le Mali fait face à des éléments terroristes venant du nord, qui menacent aujourd’hui l’intégrité territoriale de cet État, son existence même et la sécurité de sa population.» (Lettres identiques datées du 11 janvier 2013, adressées au Secrétaire général et au Président du Conseil de sécurité par le Représentant permanent de la France, S/2013/17, 14 janvier 2013).

Le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, précise : « sur le plan politique, la légitimité est évidente ; lorsque des groupes terroristes et criminels menacent l’existence même d’un pays ami et menacent aussi une communauté de Français, je l’ai dit, 6.000 personnes, il y a une légitimité politique au sens large, qui est évidente. Mais si on veut rentrer dans des considérations juridiques et on a tout à fait la possibilité de le faire, il y a d’une part l’appel qui a été lancé et la demande qui a été formulée par le gouvernement légitime du Mali et donc on se situe là dans un cas de légitime défense ; et d’autre part, l’ensemble des résolutions des Nations Unies, qui non seulement permettent, mais demandent que les pays qui le peuvent apportent leur soutien à la lutte contre les terroristes dans cette affaire. » (Conférence de presse, ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, 11 janvier 2013)

11 janvier 2013 : le Président des États-Unis adopte un mémorandum dans lequel il autorise le déploiement d’une assistance étrangère au Tchad et à la France « to support their efforts in Mali ».

11 janvier 2013 : le Président de la Commission de la CEDEAO déclare dans un communiqué : « (…) conformément à la Résolution 2085 du Conseil de Sécurité, décide d’autoriser l’envoi immédiat des troupes sur le terrain dans le cadre de la MISMA pour aider l’armée malienne à défendre l’intégrité du territoire. » Le lendemain, il fait une déclaration dans laquelle il « réaffirme l’engagement de la Communauté à soutenir le gouvernement et le peuple maliens à préserver l’intégrité territoriale du Mali et lutter contre le terrorisme. Elle se félicite de la Déclaration de presse en date du 10 janvier 2013 du Conseil de Sécurité des Nations Unies autorisant une intervention immédiate au Mali pour stabiliser la situation. Elle remercie le gouvernement français pour les initiatives déployées pour soutenir le Mali. »

12 janvier 2013 : le lendemain, le Président de la France, François Hollande déclare : « la France, à la demande du président du Mali et dans le respect de la Charte des Nations unies, s’est engagée pour appuyer l’armée malienne face à l’agression terroriste qui menace toute l’Afrique de l’Ouest. (…) (Notre mission) consiste à préparer le déploiement d’une force d’intervention africaine pour permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité. » ((Déclaration du Président français, François Hollande, à l’issue du Conseil restreint de défense, 12 janvier 2013).

Cette intervention fait-elle l’unanimité ? Quelques rares États s’opposent à cette intervention, sans toutefois contester la légalité de celle-ci. Parmi les opposants à l’intervention, on peut citer :

-Le Président égyptien Mohamed Morsi qui déclare : « toute intervention doit être pacifique. Nous n’acceptons en aucun cas l’intervention militaire au Mali (…) qui est de nature à alimenter le conflit dans la région ».

-Le Premier ministre qatari, Hamad Ben Jassim Al Thani, considère que le recours à la force ne réglera pas le problème.

-Le  ministre des Affaires étrangères tunisien, Rafik Abdessalem, déclare :« This is an African problem and requires an African solution. We are of the belief that problems arising in Africa should be resolved within an African framework. »

14 Janvier 2013 : le Secrétaire général s’est entretenu avec le Président de la Côte d’Ivoire et Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), M. Alassane OUATTARA, qui lui a fait part de la tenue du prochain sommet de la CEDEAO, le 19 janvier à Abuja, et des projets de déploiement de forces militaires de plusieurs de ses États membres.  Le 11  janvier il s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères de la France, M. Laurent Fabius, qui l’a informé des opérations militaires françaises entreprises pour répondre à la demande urgente du Mali.

14 Janvier 2013 : le Secrétaire général de l’ONU se félicite que des partenaires bilatéraux répondent à l’appel lancé par le Mali, à la demande et avec l’accord de ce pays, en vue de fournir une assistance lui permettant de faire face à l’avancée vers le sud de groupes terroristes armés.  Plusieurs pays, qui ont la capacité d’aider le Mali, lui fournissent actuellement une assistance.  Le Secrétaire général espère que ces mesures contribueront à contrecarrer la dernière offensive, tandis que les efforts se poursuivent en vue d’appliquer pleinement la résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité visant le retour à l’ordre constitutionnel du Mali et à son intégrité territoriale.

16 janvier 2013 : le Président tchadien Idriss Deby Itno adopte une déclaration sur la crise que connaît notre pays dans laquelle il précise « nous avons pris la décision de déployer sur notre territoire un contingent de l’Armée nationale tchadienne pour soutenir les efforts de la communauté internationale en vue de la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République du Mali. Nous avons ainsi agi conformément à la résolution 2085 du 20 décembre 2012 du Conseil de Sécurité des Nations Unies autorisant le déploiement de la Mission internationale de Soutien au Mali (MISMA), aux appels de l’Union Africaine et à la demande expresse en date du 14 janvier 2013 du Président de la République du Mali. »

16 janvier 2013 : le représentant permanent de l’Allemagne auprès de l’ONU informe le Secrétaire général « que (le gouvernement allemand) a annoncé aujourd’hui sa décision d’apporter un appui logistique aux États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans le cadre de la résolution 2085 (2012). À court délai, l’Allemagne mettra à disposition deux appareils C-160 pour assurer le transport des forces de la CEDEAO à Bamako. »

16 janvier 2013 : le Secrétaire général de l’OCI réaffirme « la solidarité avec le Mali pour la récupération de son territoire occupé. Il réitère le soutien de l’OCI de la résolution du CSNU 2085 du 20 décembre 2012, qui a autorisé le déploiement d’une Mission de soutien international menée par l’Afrique au Mali. »

Le Parlement européen déclare le 16 janvier 2013 que «les députés européens ont salué, mardi, l’engagement militaire de la France au Mali et ont exhorté, lors d’un débat d’urgence avec la responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, les États membres à faire preuve de solidarité concrète avec Paris. Les membres du Parlement ont également critiqué l’absence de réponse européenne à la crise dans la région ».

17 janvier 2013 : le Président de la Commission de la CEDEAO rédige une lettre à l’attention du Secrétaire général de l’ONU dans laquelle il est demandé au Secrétaire général de prendre « toutes mesures urgentes et concrètes » à l’appui du déploiement d’une Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, conformément à la résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité. Cette lettre sera transmise par le Secrétaire général de l’ONU au Président du Conseil de sécurité le 18 janvier 2013.

19 janvier 2013 : tenue à Abidjan d’un sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec la participation du président tchadien Idriss Déby et du chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

À l’issue du sommet, les chefs d’État de la CEDEAO ont signé l’ordre de déploiement de la MISMA, la force internationale de soutien au Mali. C’est donc la première fois qu’est confirmée la force, qui sera dirigée par un général nigérian. Mais le sommet d’Abidjan n’a pas établi de calendrier précis pour l’ordre d’arrivée des troupes au Mali.

Rien de concret n’a été dévoilé sur le huis clos des dirigeants ouest-africains réunis pour la dixième fois en dix mois pour se pencher sur la situation que vit notre Maliba. Ils ont réaffirmé leur détermination à accompagner le Mali dans la résolution de la crise sécuritaire et institutionnelle.

Ils ont aussi exprimé leur gratitude à la France, pour avoir déclenché les opérations qui ont permis de contenir la progression des terroristes vers le sud du Mali. Des remerciements également aux pays africains ayant déjà prépositionné les troupes qui vont constituer la MISMA.

De son côté, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a souligné que la MISMA devait se déployer  « le plus vite possible » au Mali. Selon lui, l’opération française engagée le 11 janvier « n’a pas vocation à se substituer à l’action de la MISMA ».

21 janvier 2013 : le Bureau des Nations Unies au Mali (BUNUMA) a commencé à se mettre en place le 21 janvier. Au 22 mars, 47 fonctionnaires de l’ONU, dont 23 agents chargés de l’appui à la mission, étaient sur le terrain. Tout au long de la planification de ses activités, le BUNUMA a consulté les autorités de notre pays pour déterminer leurs besoins et ainsi adapter l’appui à apporter aux Maliens pour leur permettre de régler la crise actuelle eux-mêmes.

21 janvier 2013 : le Premier ministre algérien, M. Abdelmalek Sellai, prend la décision d’ouvrir l’espace aérien algérien, à l’aviation militaire française pour intervenir au Mali. Il déclare : « l’Algérie a pris cette décision en toute souveraineté en se conformant à la légalité internationale et aux décisions du Conseil de sécurité (de l’ONU) sur la situation au Mali. »

22 janvier 2013 : l’Union européenne dans ces circonstances, et en cohérence avec les Résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité (notamment Résolution 2056, 2071 et surtout 2085) soutient les efforts de la région et de la communauté internationale. Elle salue la réponse rapide de la France, soutenue par d’autres États membres de l’UE, à la demande d’assistance militaire contre les groupes terroristes et criminels exprimée par le Président du Mali.

22 janvier 2013 : le Conseil a entendu un exposé du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, qui a signalé qu’il se pouvait que la crise au Mali soit arrivée à un tournant décisif, que l’offensive militaire lancée pour reprendre le contrôle du nord du Mali était en cours et que le Secrétaire général avait félicité la France de sa décision de stopper l’avancée des groupes extrémistes vers le sud. Il a également fait savoir que la MISMA souffrait de déficits critiques dans divers domaines logistiques, ce qui nuisait à son autonomie, mais que le Secrétaire général était fermement déterminé à mobiliser les moyens dont disposait l’Organisation pour contribuer à régler la crise au Mali et promouvoir la mise en œuvre de la résolution 2085 (2012). Il a signalé en outre que le Gouvernement était pleinement convenu de la nécessité de faire avancer les processus politique et militaire de façon concomitante et affirmé que le recours à une approche exclusivement militaire ne permettrait pas de trouver une solution durable au Mali. Le représentant de notre pays à cette séance du Conseil de sécurité a félicité le Conseil du soutien qu’il avait apporté à l’action menée par la France dans son pays, a demandé à la communauté internationale de contribuer aux efforts de mobilisation des ressources requises pour accélérer le déploiement de la MISMA et s’est dit persuadé que l’intervention militaire menée au Mali pour combattre les groupes terroristes et rebelles favoriserait le processus politique et la normalisation.

23 janvier 2013 : dans une lettre datée du 23 janvier 2013, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Représentant permanent du Royaume-Uni de Grande- Bretagne et d’Irlande du Nord auprès de l’ONU, le Royaume-Uni décide le 23 janvier de fournir un appui logistique à l’opération militaire française.

25 janvier 2013 : le gouvernement suédois, dans une note verbale datée du 25 janvier 2013, adressée au Secrétaire général par la Mission permanente de la Suède auprès de l’ONU « a annoncé aujourd’hui sa décision d’apporter un soutien logistique aux États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) comme l’a demandé le Conseil de sécurité dans sa résolution 2085 ».

25 janvier 2013 : la session ordinaire de la Conférence de l’Union, en janvier 2013, a été marquée par d’importantes discussions sur la situation au Mali. En particulier, elle fut l’occasion pour les autres États membres de témoigner de leur solidarité avec le Mali. La Conférence a adopté une Déclaration solennelle sur la situation au Mali, entérinant le communiqué de la réunion au sommet du CPS du 25 janvier 2013, qui a été suivi, le 29 janvier 2013, par la Conférence de donateurs organisée par les Commissions de l’UA et de la CEDEAO, pour mobiliser des ressources en faveur de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) et des Forces de défense et de sécurité malienne (FDSM).

25 janvier 2013 : le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a demandé à la Commission de l’Union africaine et à la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec l’ONU, l’Union européenne et d’autres partenaires, de revoir le concept opérationnel conjoint en vue de renforcer les effectifs de la MISMA, notamment en y intégrant les hommes envoyés par le Tchad et d’autres contingents. Le général Shehu Abdulkadir, commandant de la force de la MISMA, est arrivé au Mali mi-janvier. Au 22 mars, 6 288 soldats avaient été déployés, dont 84 officiers à l’état-major de la MISMA.

Les contingents devaient avoir une autonomie de 90 jours après le déploiement, mais certains se sont rapidement heurtés à de graves problèmes logistiques, notamment en matière de vivres, de carburant et d’eau. L’appui apporté par les partenaires bilatéraux a permis de répondre aux besoins les plus pressants. Néanmoins, il reste capital de fournir l’appui logistique nécessaire pour mener à bien le déploiement dans les délais et permettre de mener durablement des opérations efficaces.

Les spécialistes de la planification militaire de l’ONU ont apporté leur concours à la MISMA, contribué à mettre en place des mécanismes de coordination, aidé la MISMA et les forces armées maliennes à définir les besoins prioritaires et amélioré l’intelligence de la situation au quartier général de la MISMA. Ils ont également aidé à mettre au point les principaux textes d’orientation de la MISMA (directives opérationnelles, directives relatives à la protection des civils, règles d’engagement, code de conduite).

27 janvier 2013 : lors de l’ouverture de la 20e session ordinaire de l’Union africaine (Déclaration solennelle de la Conférence de l’Union sur la situation au Mali, 27 et 28 janvier 2013, Éthiopie), le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine déclare qu’il « réitère la ferme condamnation par l’UA des attaques perpétrées par une coalition de groupes armés terroristes et criminels contre la ville de Konna, dans la région de Mopti, le 10 janvier 2013. À cet égard, le Conseil se félicite de ce que l’assistance prompte et effective apportée par la France, à la demande des autorités de notre pays et dans le cadre de la résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité et de l’article 51 de la Charte des Nations unies, a permis de bloquer l’offensive lancée par ces groupes et d’entamer la reconquête des régions encore par eux occupées. Le Conseil se félicite également de la décision de plusieurs États membres, tant de la région qu’en dehors de celle-ci, de contribuer des troupes dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) ».

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine « souligne la nécessité d’accélérer le déploiement de la MISMA et d’en assurer le fonctionnement efficace, ainsi que celle d’œuvrer au renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM) ».

28 Janvier 2013 : à la fin du mois de janvier, l’État est redevenu maître de la plupart des grandes villes du nord, notamment Diabaly, Douentza, Gao, Konna et Tombouctou… jusqu’à Kidal où la progression a été stoppée net par l’armée française. Raison… ! Le Mouvement national de libération de l’Azaouad a annoncé la prise de Kidal le 28 janvier et s’est déclaré opposé au redéploiement de nos Forces de défense et de sécurité dans la région, disant craindre des représailles contre la population civile.

29 janvier 2013 : le Groupe de travail intégré sur le Mali (GTIM) a été mis en place et formellement lancé. Composé notamment de représentants de l’UA, de la CEDEAO et des Nations unies, et basées à Addis-Abeba, le GTIM est chargé d’assurer la coordination au niveau stratégique de la MISMA. Le GTIM s’est depuis réuni à plusieurs reprises. Un Mécanisme conjoint de coordination (MCC), en tant que cellule de coordination opérationnelle, a été mis sur pied à Bamako sous la direction du Représentant spécial, chef de la MISMA. En plus de l’UA, de la CEDEAO et des Nations unies, le MCC comprend également les représentants de l’État et ceux des partenaires concernés.

29 janvier 2013 : en application des dispositions pertinentes du communiqué du Conseil du 13 novembre 2013, et conformément à la résolution 2085 (2012), la Commission a organisé une Conférence de donateurs à Addis-Abeba, le 29 janvier 2013, aux fins de mobiliser un soutien tant financier que logistique pour la MISMA et les FDSM. De par le niveau de participation et les annonces de contributions, la conférence a été un véritable succès. Elle a enregistré des annonces de contribution à hauteur de 455 millions de dollars. Il importe que les contributions annoncées soient concrétisées dans les plus brefs délais.

29 janvier 2013 : adoption à l’unanimité par le Parlement le 29 janvier d’une feuille de route pour la transition. Cette feuille de route s’articule autour de deux missions essentielles, confiées au Gouvernement de transition : le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays et l’organisation d’élections libres et régulières. Elle prévoit : la poursuite des opérations militaires aux côtés des forces de l’opération Serval et de la MISMA, en vue de reprendre les zones occupées par les groupes armés et de rétablir l’intégrité territoriale du pays; le plein rétablissement de l’autorité de l’État dans le nord; la réforme des forces armées; l’ouverture d’un dialogue avec les groupes qui renoncent à la lutte armée et adhèrent au caractère unitaire de l’État et à sa constitution; le retour des réfugiés et des déplacés; le dialogue intercommunautaire; la lutte contre l’impunité.

La feuille de route définit également trois domaines d’intervention liés à l’organisation d’élections, à savoir : la réforme du cadre juridique et institutionnel; la révision définitive des listes électorales; l’établissement d’un calendrier électoral prévoyant des scrutins législatifs et présidentiels avant la fin de juillet 2013. Aux termes de la feuille de route, le Président, le Premier ministre et les membres du Gouvernement ne sont pas admis à se présenter aux prochaines élections.

29 janvier 2013 : le Gouvernement a dicté les conditions de l’ouverture d’un dialogue avec les groupes armés et les groupes rebelles dans le nord du Mali, à savoir le respect de l’intégrité territoriale du pays et de la laïcité de l’État. Le Président par intérim a préconisé la vigilance dans le choix des interlocuteurs d’un tel dialogue qui, à son avis, devrait être ouvert aux groupes véritablement représentatifs des populations du nord sans être nécessairement partie à la rébellion. Depuis le début des opérations militaires, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans le cadre de son action de médiation, se tient prête à appuyer les négociations et le dialogue. Le Gouvernement a également annoncé la mise en place de la Commission nationale du dialogue et de la réconciliation prévue dans la feuille de route, laquelle devrait être composée de représentants de toutes les régions et communautés du Mali.

5 février 2013 : l’UE a abrité la 3e réunion du Groupe de soutien et de suivi sur la situation au Mali, qui est coprésidé par l’UA, la CEDEAO et les Nations-Unies. Cette réunion a été l’occasion pour le Mali et ses partenaires d’échanger sur l’évolution de la situation et les mesures à prendre en vue de la consolidation des avancées enregistrées, notamment à travers la mise en œuvre de la Feuille de route de la Transition entérinée par l’Assemblée nationale le 29 janvier 2013.

6 février 2013 : les autorités françaises affirment que l’opération Serval « n’a pas vocation à se substituer à la MISMA ». Ainsi, le 6 février 2013, la France s’adresse au Conseil de sécurité et demande l’envoi de troupes de Casques bleus.

La France a demandé le 6 février au Conseil de sécurité des Nations unies de préparer l’envoi de Casques bleus au Mali. Ce contingent sera déployé une fois les opérations militaires terminées, probablement en mars ou en avril. À cette même occasion, l’ambassadeur français Gérard Araud a appelé l’ONU à accélérer le déploiement d’observateurs des droits de l’homme dans les zones reprises aux islamistes, afin d’éviter au maximum exactions et règlements de compte.

6 février 2013 : la force africaine, la MISMA, dont la mise en place a été si laborieuse, a bel et bien été enterrée. Ce sont donc des Casques bleus qui seront déployés au Mali. Un contingent auquel pourront s’intégrer, selon l’ambassadeur français à l’ONU, Gérard Araud, les soldats africains déjà sur place : « la logique, c’est tout simplement, si les pays le veulent, de mettre les contingents de la MISMA sous Casques bleus. Il y aura peut-être d’autres contingents. Il y a peut-être des contingents qui refuseront. Ce ne sera donc pas une force hybride, mais une force aux Casques bleus avec une chaîne de commandement remontant au Conseil de sécurité comme toute force des Nations unies ».

12 février 2013 : le Président par intérim Diacounda TRAORE adresse une lettre au Secrétaire général de l’ONU, dans laquelle il déclare : « je sollicite votre soutien à une mise en place rapide de la MISMA selon les dispositifs de la résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la restauration de l’autorité et de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire. La réalisation de ces objectifs nous conduira vers la transformation de la MISMA en une opération de stabilisation et de maintien de la paix de l’ONU ».

Le Président par intérim demande dans sa lettre de transformer la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine en opération de maintien de la paix des Nations Unies :

Encadré

15-20 février 2013 : l’Union africaine et la CEDEAO ont organisé une conférence de planification à Bamako du 15 au 20 février pour revoir le concept stratégique opérationnel conjoint de la MISMA et définir le concept d’opérations de la composante civile de la mission. Le concept stratégique révisé a été approuvé au sommet de la CEDEAO tenu à Yamoussoukro les 27 et 28 février.

Des contingents des FAMa ont été déployés dans le nord du pays, mais connaissent de graves problèmes de capacités en matériel, en formation et en appui logistique. L’aide apportée dans le cadre de l’opération Serval s’est avérée essentielle pour fournir les moyens de subsistance nécessaires aux besoins opérationnels. Le Ministère de la Défense a procédé au recrutement de 3 000 hommes supplémentaires. De son côté, la Mission de formation de l’Union européenne au Mali a ouvert à Koulikoro.

18 février 2013 : l’Union européenne a décidé de lancer la mission de formation militaire EUTM Mali pour un mandat de 15 mois. L’objectif de la mission sera de répondre aux besoins opérationnels des forces armées maliennes en fournissant: la formation des unités de nos forces armées et de sécurité; de la formation et du conseil en ce qui concerne le commandement et le contrôle, la chaîne logistique et les ressources humaines ainsi que dans le domaine du droit humanitaire international, de la protection des civils et des droits de l’homme.

27-28 février 2013 : dans le cadre de l’adaptation de la MISMA au nouveau contexte sécuritaire né de l’offensive des groupes armés terroristes et criminels et de l’intervention franco-malienne subséquente, la Commission de l’UA, en application du communiqué de la 353e réunion du CPS et de la Déclaration solennelle précitée de la Conférence, et en étroite coordination avec la CEDEAO, les pays du champ, les Nations unies et d’autres partenaires, s’est activement impliquée dans la révision du Concept d’opérations (CONOPS) harmonisé de la MISMA.

Le CONOPS révisé a été entériné par la CEDEAO, lors de la 42e session ordinaire de sa Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue les 27 et 28 février 2013, à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, et par le CPS, le 7 mars 2013.

Le fameux CONOPS révisé qui ne sera jamais mis en œuvre prévoyait notamment un accroissement de l’effectif autorisé de la MISMA, qui est ainsi passé de 3 300 à 9 620 personnels, dont 171 éléments appartenant à la composante civile, 8 859 personnels militaires et 590 personnels de police. De même, la Présidente de la Commission a nommé l’ancien Président Buyoya comme Représentant spécial et chef de la MISMA, tandis que l’Ambassadeur Aboudou Cheaka TOURE, Représentant spécial de la CEDEAO, a été nommé comme son adjoint. Des dispositions ont également été prises par l’UA et la CEDEAO pour établir le quartier général de la MISMA.

7 mars 2013 : adoption du concept d’opérations harmonisé révisé́ de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, adopté par le Conseil de paix et de sécurité́ de l’Union africaine, à sa trois cent cinquante-huitième réunion. La révision du concept d’opérations était devenue nécessaire compte tenu de l’évolution de la situation au Mali à la suite de l’avancée des groupes armés et terroristes vers le sud ainsi que de l’opération franco-malienne qui a permis de la stopper, d’amorcer le processus de libération du nord et d’accélérer ainsi le déploiement de la MISMA.

15 mars 2013 : dans une lettre en date du 15 mars au secrétaire général de l’ONU, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine se dit d’avis qu’il faudrait doter l’opération des Nations Unies d’un mandat d’imposition de la paix orienté vers l’aide à apporter au Gouvernement, notamment en lui fournissant l’appui nécessaire pour renforcer la pleine autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du pays, ainsi que la protection des civils. À cet égard, la mission proposée devrait soutenir activement les efforts déployés pour démanteler les réseaux terroristes et criminels opérant dans le nord du pays.

Le Conseil de paix et de sécurité a réitéré l’appel urgent lancé par l’Union africaine pour que des mesures appropriées soient prises dans les plus brefs délais en vue de fournir rapidement un soutien logistique à la MISMA, financé à l’aide de contributions statutaires, ainsi que pour mettre en place des arrangements transitoires, à compter du 1er avril 2013, afin de contribuer à l’achèvement du déploiement des contingents conformément au concept d’opérations harmonisé révisé et d’aider à la conduite des opérations sur le terrain à la fin de la période durant laquelle ceux-ci sont soutenus par leurs pays respectifs

27-28 février 2013 : dans le cadre de l’adaptation de la MISMA au nouveau contexte sécuritaire né de l’offensive des groupes armés terroristes et criminels et de l’intervention franco-malienne subséquente, la Commission de l’UA, en application du communiqué de la 353e réunion du CPS et de la Déclaration solennelle précitée de la Conférence, et en étroite coordination avec la CEDEAO, les pays du champ, les Nations unies et d’autres partenaires, s’est activement impliquée dans la révision du Concept d’opérations (CONOPS) harmonisé de la MISMA.

Le CONOPS révisé a été entériné par la CEDEAO, lors de la 42e session ordinaire de sa Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue les 27 et 28 février 2013, à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, et par le CPS, le 7 mars 2013.

Le fameux CONOPS révisé qui ne sera jamais mis en œuvre prévoyait notamment un accroissement de l’effectif autorisé de la MISMA, qui est ainsi passé de 3 300 à 9 620 personnels, dont 171 éléments appartenant à la composante civile, 8 859 personnels militaires et 590 personnels de police. De même, la Présidente de la Commission a nommé l’ancien Président BUYOYA comme Représentant spécial et chef de la MISMA, tandis que l’Ambassadeur Aboudou Cheaka Touré, Représentant spécial de la CEDEAO, a été nommé comme son adjoint. Des dispositions ont également été prises par l’UA et la CEDEAO pour établir le quartier général de la MISMA.

17-18 mars 2013 : dans le cadre du suivi du communiqué de la réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS), tenue le 25 janvier 2013, au niveau des chefs d’État et de gouvernement, et des conclusions de la réunion du Groupe de soutien et de suivi, tenue à Bruxelles, le 5 février 2013, une réunion consultative sur la coopération sécuritaire et l’opérationnalisation de l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) dans la région sahélo-saharienne s’est tenue à Nouakchott, en République islamique de Mauritanie. Objectif : renforcer la coopération sécuritaire et à opérationnaliser l’APSA dans la région sahélo-saharienne. Celle‐ci a été suivie, le 18 avril 2013, à Bamako, par une réunion des chefs des services de renseignements des pays de la région. Cette rencontre est appelée à se tenir tous les deux mois.

Les participants se sont félicités de l’évolution positive de la situation au Mali, notamment de la libération des principales agglomérations du nord du pays à la suite du lancement, le 11janvier 2013, de l’opération conjointe franco-malienne, avec l’appui des forces de la CEDEAO et du Tchad. Ils se sont également félicités des progrès importants accomplis dans le déploiement de la MISMA, et ont appelé les pays qui ont fait des annonces de contribution de troupes à les honorer. Ils se sont, en outre, déclarés satisfaits de la conduite des opérations de sécurisation et de stabilisation du nord, ainsi que de la contribution des pays voisins, notamment à travers les mesures renforcées de surveillance de leurs frontières avec notre pays.

Les participants ont noté avec satisfaction l’adoption de la Feuille de route pour la transition, dont la mise en œuvre doit s’achever avec la tenue d’élections présidentielles et législatives, en juillet 2013. Les participants ont également pris note de la mise en place par le Gouvernement du Mali de la Commission dialogue et réconciliation. Les participants ont appelé les autorités de notre pays de transition à mettre en œuvre, avec diligence, la Feuille de route. Ils ont également attiré l’attention sur le danger que constitue la prolifération de milices dans certaines parties du Mali.

À SUIVRE




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