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jeudi 13 décembre 2018
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Intox et désintox: Famas, le débat s’impose

Cascade d’abandons de positions ou ce qui s’y apparente ; dénonciation à visage découvert de la gestion de l’Armée, il y a bien un malaise. Plus que jamais s’impose-t-il d’arrêter la politique de l’autruche, crever l’abcès et appliquer le bon remède aux FAMA qui paient le lourd tribut d’une guerre imposée au Mali. Ce, à travers un large débat dont on ne saurait faire l’économie, comme l’a fait savoir le Chef suprême des Armées.
Face à l’INTOX, nous vous proposons la DESINTOX.
Lisez les croustillantes PEPITES de la semaine.

En raison d’un passif tragique, une sincère introspection pour que l’on mette le doigt sur la plaie des causes de notre déshonneur, et probablement des pertes que nous subissons encore, à longueur de journée, ne serait pas superflue. Pour une fois, les boucliers anti-missiles d’atteinte au moral de la troupe et de secret-défense n’ont pas à être déployés.

Le colmatage
INTOX
C’est la communication de l’Armée qui vient de rappeler douloureusement, même avec un heureux dénouement, ce qu’aucun citoyen ne souhaiterait entendre. ‘’Tout est entré dans l’ordre à Tessit. Le détachement du régiment des commandos parachutistes qui avait abandonné ce poste (Ndlr : Tessit) a pris le chemin de retour’’.

DESINTOX
Bonne nouvelle, que le détachement qui avait abandonné sa position décide de la retrouver. Et cerise sur le gâteau, il semble même qu’elle a fait amende honorable et promis de ne plus jamais agir sur un coup de tête. Pas mal pour cette unité qui était précédée par sa réputation de discipline. C’est même une très bonne chose, dans un contexte sécuritaire où chaque portion de territoire contrôlé compte énormément.
Pour autant, tout est-il réellement rentré dans l’ordre ? Parce que si des réponses immédiates ont été données aux revendications immédiates, il n’est pas certain qu’il y ait eu un diagnostic des causes lointaines.
La preuve du malaise qui dépasse le cadre d’une unité opérationnelle, c’est que le mardi 23 janvier dernier, c’est le sergent Oumar KEITA qui était arrêté pour ‘’non-respect du devoir de réserve’’ pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux, une vidéo dénonçant une absence de vision pour l’Armée. Ce à quoi le Chef suprême des Armées a dû réagir au cours d’une interview accordée, il y a quelques jours, à un confrère de l’Hexagone : ‘’Quant à la vidéo, c’est un cas singulier : un élément qui avait participé au coup d’État militaire du capitaine Amadou Sanogo [en mars 2012]. Et ce cas est actuellement entre les mains de la justice’’.
Le ministère de la Défense et des anciens combattants communiquait le 26 janvier : ‘’ le 17 janvier 2018, des gendarmes en bande armée ont abandonné leur poste à Goma-coura (Ségou). Cette faute contre la discipline militaire, et tendant à soustraire les intéressés de leurs obligations militaires en temps de crise, a été punie conformément à la réglementation en vigueur’’. A cela, le Président IBK a réagi dans son interview : ‘’Il n’y a pas eu de désertions. Il s’agit d’éléments restés trop longtemps en poste et, comme beaucoup d’armées dans le monde, nous avons des problèmes de rotation des effectifs’’. Le mot est lâché, il y a des problèmes et quand il y a des problèmes, on recherche les solutions pour les appliquer.

L’impératif
INTOX
C’est conscient de l’existence de problèmes que le Chef suprême des Armées a annoncé dans son discours du 20 Janvier 2014 : ‘’je suis conscient qu’après l’expérience que nous venons de vivre, nous ne pouvons faire l’économie d’un large débat sur les problématiques de défense et de sécurité des citoyens, des communautés, des terroirs, des régions et de la République’’.

DESINTOX
Au regard de la tendance de ‘’désertions’’ ou ‘’d’abandons de positions’’ qui s’installe, le large débat annoncé est plus que jamais d’actualité et serait plus que jamais salutaire. Le Président IBK dans son discours du 20 Janvier 2014 assurait que notre outil de défense est en cours de réhabilitation ; un grand effort est investi dans la formation, le recrutement, l’équipement et le réarmement moral et psychologique de notre armée.
1230 milliards de francs CFA, c’est l’enveloppe prévue pour réformer l’Armée, dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM) pour les années 2015-2019.
Pour l’amélioration de la capacité opérationnelle des unités combattantes, il est prévu, entre autres : l’acquisition d’aéronefs et de matériels de soutien technique de l’armée de l’air pour un montant d’environ 200 milliards FCFA ; l’acquisition de véhicules de combat et de transport de troupes modernes pour un montant d’environ 100 milliards FCFA.
C’est la preuve, s’il en était besoin que, pour le Président IBK, la gouvernance n’est ni promesse ni projet, mais décision et action.
Nonobstant le réarmement matériel indéniable des troupes, les FAMA restent en bute à des équations à résoudre d’urgence, en profondeur, pour qu’elles puissent accomplir leur mission avec loyauté. Les réponses se trouvent dans le discours du 20 Janvier 2014 du Chef suprême des Armées : ‘’la réforme structurelle est en œuvre. Je veillerai personnellement à sa conduite pour qu’elle atteigne son point d’achèvement. A savoir, cette belle ambition de restructurer les forces armées et les services de sécurité, en vue d’en faire des forces républicaines, respectueuses de l’Etat de droit, dédiées à la sécurité et à la protection du citoyen malien et de ses biens. D’en faire le rempart de la démocratie, au lieu d’être son ventre mou.
Il s’agira alors d’engager, sur des bases consensuelles, une profonde réforme structurelle, pour assainir et organiser l’environnement de notre sécurité. De celle-ci, nous devons maîtriser les paramètres majeurs (…)’’.
‘’Oui, ce travail est en cours. Il sera accéléré et mené à son terme de même qu’une action de relecture visant : l’amendement du corpus doctrinal ;la réorganisation opérationnelle et territoriale des forces sous-tendue par une formation de qualité ;l’instruction, la préparation opérationnelle des forces’’.
Il s’agit là des défis pour permettre à notre outil de défense qui est aujourd’hui confronté, notamment sa mise en condition, pour faire face aux crises majeures et aux nouvelles formes d’insécurité, d’être à hauteur de mission, en tournant définitivement la page des abandons de positions.




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