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mercredi 16 octobre 2019
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Intox et désintox: la frénésie de surenchère

Cantonnant la convergence des fureurs, les Mollahs valsent entre préoccupations nationale et personnelle de liquidation du Tigre dont la tête est devenue un produit d’appel. Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DESINTOX de construction massive. Lisez les croustillantes PEPITES de la semaine.

Les prétentieux

INTOX

Après la marche pacifique du vendredi dernier et la rencontre avec le Président IBK, lundi dernier, l’Imam DICKO a rencontré ses fidèles, le mercredi 10 avril dernier, pour un débriefing, au siège du Haut conseil islamique du Mali (HCI). Il a informé à l’occasion : « beaucoup de gens nous ont rapprochés pour qu’on mette fin à nos différentes manifestations. Personne ne peut changer notre position pour la bonne marche du pays ».

DESINTOX

La tentation irrésistible de l’Imam de la prétention d’avoir le monopole du patriotisme. Askey ! Pourtant, selon Raymond Brucker ‘’quand les hommes se grisent avec leurs prétentions, Dieu les abandonne au vertige’’ ; Maria (1841). La nouvelle coqueluche de la rue use et abuse de la ruse et de la manipulation. A l’entendre ‘’beaucoup de gens’’, une qualification qui frise le mépris, mais en fait de bonnes volontés qui pourraient avoir un intérêt différent de l’intérêt supérieur de la Nation dont la préservation devrait, au premier chef, susciter et guider leur démarche auprès du Guide.

S’il affirme que sa position est la bonne marche du pays ; celle des autres qui cherchent certainement à préserver le précaire équilibre social qui prévaut serait peut-être la mauvaise marche du pays.

Non, nul n’a le monopole du patriotisme. De Larochefoucauld-Doudeauville disait dans ses ‘’Mémoires’’ : “la modestie ajoute au mérite, et fait pardonner la médiocrité.”

En s’enfermant dans des débats binaires, le Guide sème insidieusement le doute dans l’esprit de l’auditoire, prête à ceux qui l’approchent des intentions qu’ils n’ont probablement pas, insinue qu’ils sont les bons, les autres les mauvais.

Complexe, le sujet qui met la République en branle, à savoir l’escalade des violences intercommunautaires qui a atteint son point culminant, est sensible et hautement inflammable et il est attendu du religieux en chef d’éviter d’attiser les tensions par action ou par omission. Parce que, plus ces ambiguïtés persistent, plus grossit la menace de finir dans le maelstrom.

La fumisterie

INTOX

« La construction d’un pays commence d’abord par le changement de comportement des hommes qui nous dirigent ».

DESINTOX

Jean-Jacques ROUSSEAU disait : ‘’le chef est l’image du père, le peuple l’image des enfants et tous étant nés égaux et  libres n’aliènent leur liberté que pour leur utilité’’.

Dans le domaine du management, Bernard Diridollou, senior manager à la Cegos, rappelle : «manager par l’exemple, c’est respecter soi-même les règles que l’on impose à ses collaborateurs. Les dirigeants qui suivent ce principe assoient leur crédibilité et leur légitimité».

C’est un truisme : l’exemple vient du chef. Le changement de comportement de la tête devrait logiquement déteindre sur le reste du corps, en vue d’un changement qualitatif.

Toutefois, gardons-nous des amalgames et des schémas réducteurs.  Fuyons les archétypes et certainement les avatars d’une conception traditionnelle et étriquée. Les grands principes sont démentis par les petites contradictions quotidiennes

Sur la responsabilité des dirigeants dans la construction d’un pays, une autre école se fraie son chemin, à savoir celle qui privilégie l’éducation familiale. Autant il est important que la tête soit exemplaire, autant il est important que la tête de la cellule familiale le soit. Il est d’évidence que l’un des plus grands drames de notre société est la perte de repères, de valeurs : respect, honneur, dignité, amour de la patrie…

L’on dit que l’enfant est comme de l’argile qui garde la forme qu’on lui aura donnée. Ceux qui accèdent à la tête du pays ne sont pas des extraterrestres ; ils viennent de nos familles et sont à l’image de l’état de délitement actuel de notre société. Chaque peuple mérite ses dirigeants.

L’échec est collectif ; la remise en cause devrait être collective. Il est souvent trop facile de jeter la pierre à l’autre alors que nous n’avons pas balayé devant notre porte. Par transposition à la responsabilité des dirigeants dans la construction du pays, il y a une bonne dose de fumisterie.

Le déchaînement

INTOX

« Nous allons continuer à poser des actes jusqu’à la démission du Premier ministre ».

DESINTOX

Ah bon ! Alors, il va falloir se lever de bonne heure, parce que le Tigre hérisson, une espèce unique d’ailleurs, est insensible aux aboiements du chien. Il n’est apparemment impressionné ni par les invectives ni par un quelconque chantage.

L’abandon de l’exigence de son limogeage qui relève des prérogatives du Président de la République, au profit de sa démission, lui laisse donc toutes les cartes en mains.

Mais, comme dirait l’autre, à qui profite le crime ? Pourquoi voudrait-on coûte que coûte que le Tigre vide le plancher ?

La suppression de la mission de bons offices dotée d’un substantiel budget de 700 millions de francs CFA y est-elle pour quelque chose ? La raclée infligée au candidat de certains religieux présentés comme faiseur de roi est-elle toujours en travers de la gorge ?

Le paradoxe

INTOX

« Quand les familles fondatrices sont venues nous voir, je leur ai indiqué que nous allons continuer à poser des actes et à leur demander de dire aux dirigeants de nous laisser manifester (…) ».

DESINTOX

A chacun son tour chez le coiffeur. En contribuant à la banalisation des familles fondatrices de Bamako, légitimités et autorités traditionnelles, l’Imam et tous les imams assimilés devraient s’attendre à un retour de bâton. Et dire que les Etats généraux de la décentralisation ont fait de la reconnaissance des autorités traditionnelle une recommandions phare et que cela est disposé dans l’avant-projet de texte constitutionnel ! Quel paradoxe que de vouloir la ‘’bonne marche du pays’’ et d’opposer un mépris souverain aux légitimités traditionnelles, dont le rôle dans l’équilibre social, à travers la prévention et la gestion des conflits, historiquement, n’est plus à démontrer !




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