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mercredi 16 octobre 2019
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Intox et désintox: grand causeux, petit faiseux

Manipulation mentale par recours abondant à la tautologie, les professionnels de l’antisystème instrumentalisent la situation du pays pour créer un climat éruptif.

Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DÉSINTOX de construction massive.

Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

Le bla-bla-bla

INTOX

Au cours d’une conférence de presse organisée, à la Pyramide du souvenir, par des Partis politiques et le FOSC, Mme SY Kadiatou SOW a décrit : « la situation du pays se caractérise par une dégradation continue et inadmissible avec l’implication de milices et la prolifération d’armes de guerre qui aggravent la violence entre les communautés ».

DÉSINTOX

Du bla-bla-bla. La situation du pays, bien sûr se dégrade, bien sûr que c’est inadmissible. Personne ne remet cela en cause. Force est de constater la vacuité de cette démarche, l’inefficacité chronique de cette ligne. Par une impuissante répétition du même lamento, dans un débordement de démagogie, l’urgence de reprendre la main perd sa vraie place. L’observation est biscornue et n’apporte absolument rien au débat. Au pire, elle traduit une fâcheuse tendance à la rétrogression. Une situation aussi cocasse que sordide qui ne finira jamais de scandaliser.

Le narcissisme

INTOX

« Aucun dialogue n’est inclusif sans l’implication des parties prenantes ».

DÉSINTOX

À moins que les parties prenantes ne se résument à un individu et à ses intérêts égoïstes, il y a eu des concertations, de très larges concertations, au point d’en abuser. Le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation a concerté ; l’Assemblée nationale, dont la démarche a été contestée par une certaine aile politique, n’est pas demeurée en reste ; à présent le Comité d’organisation du dialogue national inclusif est sur le point de lancer son programme de consultations. Ne sont pas dans ce train du dialogue que ceux qui auront délibérément choisi, pour des raisons qui leur sont propres, de ne pas le prendre. Les boudeurs et autres éternels insatisfaits ne peuvent se prévaloir de leur propre turpitude, au moment où l’union sacrée autour du Mali n’est plus une option. Le train continuera certainement sans eux, le temps qu’ils apprennent la signification du terme ‘’inclusif’’ qui peut avoir des synonymes, mais n’est jamais décliné, selon des convenances personnelles narcissiques.

L’amnésie sélective

INTOX

« Personne ne pourra résoudre les problèmes des Maliens à leur place ».

DÉSINTOX

Encore une redondance. Passe. Mais, ce sont les Maliens qui ont applaudi des deux mains l’Opération Serval qui s’est métastasée. Auparavant, ce sont des Maliens qui se bousculaient aux portes de l’avion présidentiel d’un certain Blaise COMPAORE, tels des passagers devant une SOTRAMA, au crépuscule, pour aller laver leur linge sale à Ouagadougou. Il y a là une grave amnésie sélective.

Pour l’actualité, pendant que les populations civiles sont canardées au quotidien, que les cultures sont compromises avec comme corollaire la famine, à Bamako, rancuniers, revanchards politiques s’étripent, les intellectuels s’enferment dans des débats binaires. Pendant ce temps, à mille lieues, le grand machin mondial décrétait une prorogation du mandat d’un autre machin devenu, pour une partie de l’opinion, lui-même, un problème majeur.

Mais, les professionnels de l’antisystème n’ont jamais intégré que c’est collectivement que les Maliens sont en train livrer poings et pieds liés leur pays à ceux qui sont animés du dessein inavoué de le dépecer, que par leur acharnement sur un système, ils précipitent leur pays dans les abysses.     

Le dilemme

INTOX

Par rapport à la prorogation du mandat des députés, les membres du regroupement déclarent « qu’elle est illégale et illégitime ».

DÉSINTOX

L’occasion faisant le larron, chacun peut s’introniser et s’autoproclamer juriste bon teint et bon ton. Mais, la bataille de droit s’avère inéluctable et le choix s’imposera entre la légalité, la légitimité et le vide, parce qu’aucune option envisagée, par ailleurs, n’est plus légitime qu’une prorogation du mandat des députés. Parce que cette prorogation du mandat des députés qui déchaîne les passions repose tout de même sur une loi organique et sur un bloc de constitutionnalité du fait de l’avis N° 2018-02, qui est entré dans l’ordre normatif de notre pays.

Il faut rappeler aussi qu’en l’absence d’une Assemblée, une des solutions qui s’offrent est l’utilisation d’Ordonnances pour gérer les matières qui relèvent normalement du domaine de la loi. Évidemment que dans le contexte politique actuel, plutôt polarisé, la pratique des Ordonnances risque d’apporter du grain à moudre aux tireurs couchés.




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