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jeudi 13 décembre 2018
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Intox et désintox: l’entourloupe de Soumi

Encore prises en flagrant délit de pollution de l’espace politique, pour les oppositions, les bonnes nouvelles glissent, colère par procuration d’une ‘’fraction de la population’’ dont elle s’est autoproclamée dépositaire, la paranoïa revancharde, restent. Aux abois et plombées par leur turpitude, tel un artiste, elles décrivent à la perfection leur planche de salut de ‘’main tendue’’.

Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DESINTOX de construction massive.

Lisez les croustillantes PEPITES de la semaine.

L’appeau

INTOX : Les responsables du Front pour le sabotage de la démocratie au Mali (FSD) et la Convergence des Forces Patriotiques (CoFoP) ont reçu avant-hier les leaders religieux (musulmans et chrétiens) et traditionnels dans le cadre d’une démarche d’apaisement du climat social et politique. A l’issue de cette rencontre à huis-clos, Soumi champion a confié : ‘’nous avons parlé et nous avons dit que nous sommes pour le dialogue’’.

DESINTOX: Difficile de croiser un manipulateur aussi dévastateur que ce Soumi champion. Avec un vrai talent oratoire propre à endormir les oreilles non averties, il tente de se forger une image d’Epinal. Loué soit le nouvel apôtre de paix, digne héritier de GANDHI, qui a opposé à la barbarie colonisatrice la non-violence, de MANDELA qui, après 27 ans de prison dans les conditions ignobles, a opposé à l’oppression de ses bourreaux le dialogue dont il a été le plus fervent défenseur, de Desmond TUTU, archevêque sud-africain Prix Nobel de la paix en 1984 qui, au cours de plusieurs années de sermons et de prédications, a fait passer « un message de paix et de non-violence ». Ceux-là méritent la béatification, en attendant la canonisation.

Quant à Soumi champion, sa profession de foi sert uniquement d’appeau. L’homme est l’incarnation la plus achevée de la violence. Pour lui, il ne s’agit bien sûr pas de bander les muscles et de tout casser sur son passage. A bientôt 70 ans, il n’en a plus les moyens physiques. Au demeurant, cette forme de violence n’a jamais été son champ d’expression de prédilection. Soumi a développé les moyens intellectuels, plus subtils, plus sournois et surtout plus pernicieux. Soumi est en terrain connu dans les échanges à fleurets mouchetés. Il fait du dialogue son premier choix. Mais il est à chaque fois rattrapé par une paranoïa revancharde. Son boycott des concertations régionales, sur le projet de découpage territorial, en est la preuve la plus parfaite. Sur son terrain de jeu favori également, il est pris à défaut. Ainsi le dialogue que Soumi champion clame urbi et orbi n’est qu’un exutoire. Il n’y a rien de sincère. Ce qui fait de lui un très dangereux baratineur à surveiller de très près. En fait, il mériterait la palme de l’odieux.

Les délices de Capoue

INTOX : ‘’Il a dit qu’il tend la main. Vous ne prenez pas une main qui n’est pas ouverte. Vous ne prenez pas une main, si vous ne savez ce qu’il y a dans cette main’’.

DESINTOX : Le mystère caché finirait par être dévoilé. En effet, parmi les synonymes que l’on connaît à ‘’main tendue’’ en français, il y a ‘’rapprochement’’, ‘’réconciliation’’, ‘’accord’’. Concrètement, dans le contexte qui est le nôtre, la main tendue induit de sortir d’une stérile guerre de tranchées pour faire face, ensemble, aux crises protéiformes que lui Soumi n’arrête pas d’égrener. Et s’il ne cesse de les seriner, c’est qu’il s’agit bien d’une préoccupation nationale et exige de prime abord une réponse nationale apportée par les Maliennes et les Maliens, dont lui Soumi champion. S’il ne fallait s’en tenir qu’à cela, point besoin de s’encombrer de fioritures, les caractéristiques de cette main tendue seraient superflues.

Mais, en faisant de la nature de la main tendue une question vitale, Soumi champion et tous ceux de sa galaxie sortent un peu plus du bois, après avoir prudemment avancé : ‘’la main tendue est invisible’’. Il y a un proverbe du Malawi qui dit : ‘’celui qui désire la pluie doit aussi accepter la boue’’. Ces spécifications ne devraient donc pas constituer un obstacle. La vérité est qu’elles représentent un pas supplémentaire de franchi dans la manifestation de leur revendications alimentaires : ‘’vous ne prenez pas une main, si vous ne savez ce qu’il y a dans cette main.

S’il y a du feu, vous n’allez pas prendre la main ; s’il y a des épines, vous n’allez pas prendre la main ; s’il y a des cambouis, vous n’allez pas prendre la main. Il faut qu’il ouvre la main, qu’on voit ce qu’il y a dans la main, pour qu’on commence un dialogue’’. Il y a une allusion à peine voilée à une prodigalité aussi rare qu’une rizière en plein désert. Le comportement d’Harpagon du régime qui se présente en rat d’église ne passe pas. Le pouvoir doit impérativement changer de ‘’cap’’ (comme le saint patron Macron l’a fait sous la pression de la rue), en adaptant la réalité de sa main tendue à la réalité des crampes d’estomac. Mais, diantre ! Pourquoi les Ibkistes ne peuvent pas voir l’évidence ? Comment peuvent-ils ignorer que l’inclusivité, ce n’est pas seulement autour de la table du Cadre de concertation ministère de l’Administration territoriale/Partis politiques, mais que c’est aussi autour de la table de la ripaille ? Parce qu’après tout, les bedaines des Ibkistes ne crient pas famine. Et les autres le voient très bien, pour avoir, à un moment ou un autre, jouit des commodités du pouvoir. Ce qu’il faut à cette Opposition qui n’est vraiment pas son beau rôle, ce sont les délices de Capoue. Etant donné qu’aucun sacrifice n’est de trop pour la paix qui inclut la stabilité politique, le pouvoir pourrait envisager d’être moins dogmatique, en faisant de son ‘’cap’’ des caps, comme les oppositions qui prennent la couleur du moment. Parce qu’il ne faut pas se voiler la face : il y a trop d’appétits inassouvis, d’intérêts personnels menacés, d’espérances trompées, d’ambitions déçues. Après tout, personne n’a jamais remis en cause l’adage selon lequel ‘’la politique est le cheminement entre les grands principes et les petits arrangements’’.

L’incantation

INTOX: ‘’Parce que nous avons tous le même souci : le Mali. Nous voulons que le pays avance’’.

DESINTOX : Selon François RAUX, ‘’la séduction a toujours été une histoire de manipulation’’. Chez Soumi, les incantations sont à mille lieues des intentions les plus malveillantes. Nous avons le Mali en partage ? Oui, du point de vue de la nationalité. Nous avons le même souci : le Mali ? Là, il y a lieu de douter. Il y a un faisceau de faits qui autorisent ce doute.

La non-reconnaissance (de façade bien sûr, puisqu’on continue à quémander un dialogue qui revient à enfoncer une porte déjà ouverte) du Président de la République, première institution et garant de la Constitution est un acte délibéré d’une extrême gravité, parce qu’attentatoire à la sureté intérieure de l’Etat.

Soumi champion et ses congénères, au lieu de prendre part aux concertations nationales sur le découpage territorial pour exprimer leurs vives préoccupations, ont préféré choisir la rue, à travers une marche pompeusement baptisée ‘’grande marche populaire et patriotique’’. Une marche qui s’annonce comme une énième bravade de l’autorité publique.

L’étalage impudique de Soumi de ses préférences, en matière de main tendue, ne rassure pas non plus quant à son souci partagé du Mali. Pour Soumi champion et sa boy’s band, la tentation est irrésistible de privilégier les intérêts personnels sur les valeurs.

Soumi champion, économiste à la réputation surfaite ou faite ? Il a en tout cas eu moult occasions d’administrer la preuve qu’il a le souci du Mali, à travers des contributions de belle facture pour aider ce cher Mali, apparemment chroniqué dans la crise de trésorerie. Lui qui rabâchait encore avant-hier : ‘’il y a une crise financière et économique qui fait qu’aujourd’hui la vie est chère. Tous les Maliens souffrent’’. La dénonciation, souvent calomnieuse, sans offre de réponse n’a jamais été une quelconque preuve qu’on a le souci du Mali.

La fourberie

INTOX : ‘’Le 8 décembre, nous allons encore marcher’’.

DESINTOX : ‘’Il est des gens logiques dans leur inconséquence ; on n’en rencontre pas de justes dans leur mauvaise foi’’.

Citation de Louis-Philippe Robidoux, Feuilles Volantes (1949). Au sortir de la rencontre, initiée le mercredi dernier par les leaders religieux et traditionnels, dans un souci d’apaisement du climat social et politique de notre pays, Soumi champion appréciait : ‘’nous les (NDLR : les leaders traditionnels et religieux) respections et apprécions ce qu’ils font. Chaque fois qu’il y a eu des problèmes, ils se sont levés, ils ne se sont pas découragés ; ils font tout pour que le Mali reste en paix. Nous leur devons cela. Nous devons le leur dire et les féliciter’’.

Pourtant, dans le même discours, il maintient : ‘’le 8 décembre, nous allons encore marcher’’. Donc pas question de renoncer à cette marche ; donc la visite des leaders religieux et traditionnels est un épiphénomène ; donc le respect des leaders religieux et traditionnels est évidé. Il n’y a que des apparences flatteuses, mais trompeuses. Ces vénérables personnalités n’ont donc fait que jeter des perles aux pourceaux. Parce que pour Soumi champion et sa clique, ces révérendes personnes soupapes de sécurité de la société malienne ne sont dignes de respect qu’en période électorale en tant que mobilisateurs potentiels d’électeurs. Il est un fait qui intrigue : Soumi est capable de donner 100 millions à un leader religieux pour prier pour des élections apaisées, mais incapable de renoncer à une marche pour un pays apaisé. Selon Coluche : ‘’certains ont l’air honnête, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts’’. L’attitude de Soumi champion cache mal une fourberie de mauvais aloi.

Grand bien lui fasse de jouer les caïds ! Une certitude cependant : le prosaïsme dans lequel sont tombées les manifestations imposerait de revoir la copie. Bien sûr, il faudrait que la main tendue de Ladji Bourama soit visible. Comme disait feu Lanfia, il faut ‘’se comprendre intelligemment’’ pour tourner le dos à ces manifestations improductives qui sont loin de servir les intérêts du Mali mobilisé sur plusieurs fronts.

 




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