Intox et désintox: égarement, défaitisme, aberration

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Cette semaine, la manchette des canards a été dominée par Kidal ; l’interpellation de Ras Bath ; les futures communales ; l’affaire Adama TRAORE. Une illusion occultant les questions de fond voudrait qu’une médiation résolve l’équation de Kidal dont une des facettes est le déplacement de la population qui alimente le pessimisme de certains politiques sur la tenue des élections communales. Ce, pendant que les Béliers en puissance du PARENA étaient en proie à un délire paranoïaque héréditaire et hérétique dans l’affaire Adama TRAORE.
Entre INTOX et DÉSINTOX, lisez les PÉPITES de la semaine.

Les principes
Intox
Selon le confrère ‘’L’Indicateur du Renouveau’’ : « attendu pour lever l’équivoque sur les raisons profondes de l’une des plus célèbres arrestations de ces derniers temps, le procureur général dira que les plaintes ont trait à ce qui peut se traduire comme suit : « l’atteinte aux mœurs » et « propos démobilisateurs des troupes » ».

Désintox
Voici ce que dit l’article 30 du Code pénal, à propos de la ‘’démoralisation de l’Armée’’ :
‘’Sera coupable de trahison et puni de mort :
1. tout Malien qui livrera à une puissance étrangère ou à ses agents, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, un secret de la défense nationale, ou qui s’assurera, par quelque moyen que ce soit, la possession d’un secret de cette nature, en vue de le livrer à une puissance étrangère ou à ses agents ;
2. tout Malien qui détruira ou détériorera volontairement un navire, un appareil de navigation aérienne, un matériel, une fourniture, une construction ou une installation susceptibles d’être employés pour la défense nationale ou pratiquera sciemment, soit avant, soit après leur achèvement, des malfaçons de nature à les empêcher de fonctionner ou à provoquer un accident ;
3. tout Malien qui aura participé sciemment à une entreprise de démoralisation de l’armée ou de la nation ayant pour objet de nuire à la défense nationale.
Toutefois, en temps de paix, sera puni des travaux forcés à temps tout Malien ou étranger qui sera rendu coupable :
a) de malfaçon volontaire dans la fabrication de matériel de guerre lorsque cette malfaçon ne sera pas de nature à provoquer un accident ;
b) de détérioration ou destruction volontaire de matériel ou fournitures destinés à la défense nationale ou utilisés pour elle ;
c) d’entrave à la circulation de ce matériel ;
d) de participation en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l’armée, ayant pour objet de nuire à la défense nationale.

Est également punie des travaux forcés à temps la participation volontaire à une action commise en bande et à force ouverte, ayant pour but et pour résultat l’un des crimes prévus aux paragraphes a), b), c) du présent article, ainsi que la préparation de ladite action’’.

L’article 32 stipule : ‘’seront réputés secrets de la défense nationale pour l’application du présent Code :
1. les renseignements d’ordre militaire, diplomatique, économique ou industriel qui, par leur nature, ne doivent être connus que des personnes qualifiées pour les détenir, et doivent, dans l’intérêt de la défense nationale, être tenus secrets à l’égard de toute autre personne (…)’’
Pour ce qui est l’attentat aux mœurs, il est traité à l’article 179 du Code pénal qui stipule : ‘’tout acte accompli publiquement, offensant la pudeur et le sentiment moral des particuliers qui en sont involontairement témoins, et capable de troubler l’ordre public et de causer un préjudice social manifeste, est un outrage public à la pudeur.
L’outrage à la pudeur, commis publiquement et intentionnellement, sera puni de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement’’.
En ce qui est de la mobilisation qui a dégénéré, mercredi dernier, l’article 76 : stipule : ‘’ seront punis d’une amende de 20.000 à 120.000 francs inclusivement et pourront l’être d’un emprisonnement de onze jours à trois mois :
1. ceux qui se seront opposés par actes, paroles, gestes, manœuvres quelconques à l’exercice de l’autorité légitime d’un agent dépositaire de l’autorité publique ou de tout citoyen d’un ministère de service public et auront, par-là, porté atteinte ou tenté de porter atteinte à l’ordre public ou entravé ou tenté d’entraver la bonne marche, ainsi que toute excitation à cette opposition ;
2. ceux qui, sans excuse légitime, n’auront pas répondu aux convocations régulières des autorités administratives ou judiciaires ;
3. ceux qui, par abstention volontaire, ont porté atteinte ou tenté de porter atteinte à l’ordre public ou entravé ou tenté d’entraver la bonne marche des services administratifs ou judiciaires (…)’’.

Sachons raison garder dans cette délicate affaire Ras Bath

Le tonneau des Danaïdes
Intox
La consœur RFI rapporte : « (…) tout l’enjeu de la médiation va être de concilier au moins temporairement les deux parties, pour permettre ensuite l’installation d’autorités intérimaires et la mise en place des patrouilles conjointes ».

Désintox
Cette médiation, comme la précédente au Niger qui n’aura tenu que le temps d’un feu de paille, à s’y méprendre, prend la forme du tonneau des Danaïdes. Parce que la problématique de Kidal est mal cernée et les vraies questions sont soigneusement éludées. La vraie équation est : soit tous les groupes armés sortent de Kidal, soit tout le monde entre. Toute autre manœuvre visant un cessez-le-feu, ne représenterait qu’une fuite en avant tant que ce qui met le feu aux poudres n’aura pas été désamorcé. Et le casus belli auquel l’on se garde de s’attaquer n’est autre qu’une gestion équitable de Kidal. Il serait donc illusoire de vouloir mettre en place les autorités intérimaires à Kidal alors que le GATIA frappé d’ostracisme n’y est pas. Or la Mission onusienne ne veut changer d’un iota sa politique controversée de deux poids deux mesures : la CMA à Kidal et le GATIA en dehors. Pourtant, c’est une Lapalissade que sans une gestion équitable de Kidal toute médiation est vouée à se terminer en eau de boudin.
Alors que les positions sont tranchées à propos de la gestion de Kidal dont le GATIA se fait un point d’honneur d’en être partie prenante et face à la résistance de la CMA, il n’y a pas lieu de nourrir un optimisme démesuré pour ce qui est de l’organisation des patrouilles mixtes réclamées à cor et à cri par les deux mouvements armés. Il faut donc prendre le taureau par les cornes. Faute de compromis entre les deux mouvements, ils devraient alors tous quitter Kidal et permettre à l’État d’y exercer son pouvoir régalien. Ce, d’autant plus qu’en répondant favorablement à son invitation, en tant que médiateur, ils reconnaissent également en lui une entité au-dessus de la mêlée.

Alarmisme
paroxysmique
Intox
Dans un post, l’honorable Yaya Sangaré, député de l’ADEMA/PASJ, parti membre de la majorité présidentielle, écrit : « Nous sommes en droit d’être sceptiques sur l’agenda des élections communales. Les mêmes raisons qui ont prévalu aux précédents reports restent d’actualité : insécurité (encore plus dégradée) au Nord tout comme au Centre du pays, retour des réfugiés ».

Désintox
Le Conseil des ministres réuni mercredi 10 août « a adopté un projet de décret portant convocation du collège électoral, ouverture et clôture de la campagne électorale à l’occasion de l’élection des conseillers communaux ». La campagne électorale doit s’ouvrir le 4 novembre et prendre fin le 18 novembre, poursuit-il. Il n’en fallait pas plus que cette mesure pour que des oiseaux de mauvais augure étalent à la face du Mali et du monde entier leur scepticisme mortifère. La raison ? Elle est invariable et lancinante : l’insécurité généralisée ; le retour des réfugiés. Exactement les mêmes questions pour lesquelles le ministre de l’Administration territoriale avait pourtant eu à apporter des réponses claires à l’Assemblée nationale où siège justement le grincheux Yaya SANGARE. C’est comme si elles étaient tombées dans l’oreille d’un sourd. Il est vrai aussi qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut rien entendre.
Mis à part les arguments massue développés par le ministre ; il y a des faits qui ne plaident pas pour un alarmisme paroxysmique. Le Mali a organisé l’élection présidentielle, en 2013, dans des conditions sécuritaires fragiles et où les réfugiés étaient beaucoup plus nombreux. Pourtant cette élection a été qualifiée par l’ensemble des observateurs internationaux comme l’une des plus réussies en Afrique.
Il y a eu la même année les élections législatives, dans les conditions quasi similaires de vulnérabilité. Elles ont également été une réussite.
Alors, pourquoi jouer au catastrophisme quand il est question de la tenue d’élections communales qui devraient se tenir depuis 2014 (les dernières élections communales remontant à 2009) ? Il n’y a pas de raison admissible. À moins que certains n’éprouvent un réel plaisir à continuer à surfer sur une situation d’exception qui n’a pas pour vocation de rester pérenne. Parce que, dans tous les cas, tout le monde n’est pas refugié, déplacé ou exilé forcé. Il y a bien des électeurs qui vivent encore dans les régions du nord de notre pays. Et ils ne sont pas la portion congrue !

L’aberration
Intox
Le Bureau exécutif national de la jeunesse PARENA, dans un communiqué en date du 13 août dernier, déclare : « Le mouvement de la jeunesse PARENA est choqué par le communiqué de notre Gouvernement sur notre compatriote mort en France dans des conditions non encore éclaircies ».

Désintox
Erreur de jeunesse ou manque criard de discernement ? Les Béliers en puissance ont péché par stigmatisation, frénésie ; sinon par mauvaise foi héréditaire. Si les conditions ne sont pas encore éclaircies, comme ils l’écrivent eux-mêmes dans leur brûlot, c’est qu’ils ne les connaissent pas encore. Il est donc aventureux de faire une quelconque observation là-dessus. N’étant pas plus avancé que les autres sur le dossier de la mort de notre jeune compatriote (Paix à son âme), le sens de la retenue devrait prévaloir, en attendant de voir plus clair. Hélas ! Entraîné par un élan irrésistible de lancer leurs dards enflammés, ils se sont rués sur l’arène de l’invective de la critique stérile. Ces jeunes qui se disent choqués par le communiqué du Gouvernement, n’ont même pas la décence de présenter leurs condoléances à la famille de Adama TRAORE, plutôt préoccupés qu’ils sont à faire de sa mort, dans des circonstances troubles, un fonds de commerce politique.
Les Béliers en puissance auraient dû faire l’économie d’un juridisme mal inspiré et de mauvais aloi par un recours abusif au Code de la nationalité, à la seule fin de semer la confusion dans les esprits. Pour cette entreprise machiavélique, ils ne s’encombrent pas de fioritures pour édulcorer les textes. La preuve est cette présentation de l’article 10 du Code de la nationalité malienne : ‘’Tout enfant né à l’étranger d’une mère malienne, est malien sauf, s’il renonce à la nationalité malienne dans les six mois qui suivent sa majorité (18ans) :
• 1. L’enfant légitime né d’une mère malienne et d’un père de nationalité étrangère’’.
L’article 10 (Vrai), dans le Code de la nationalité malienne, est ainsi libellé : ‘’Est Malien sauf la faculté s’il n’est pas né au Mali de répudier cette qualité dans les six mois précédant sa majorité :
• 1. l’enfant légitime né d’une mère malienne et d’un père de nationalité étrangère’’.

Intox
« Comment peut-on affirmer que Cet ADAMA dont le “diamou” est TRAORE et dont la mère a un passeport malien (même périmé) n’est pas malien ? »

Désintox
C’est trop facile ! C’est trop léger de se permettre une récupération politique aussi minable et méprisable sur la base du ‘’diamou’’ (nom de famille). Les TRAORE, c’est connu de tous, courent les rues de notre entourage (les pays voisins). Il n’y a pas qu’au Mali qu’il y a des TRAORE. Notre pays n’a pas le monopole d’abriter les TRAORE. Il y a même des TRAORE qui sont Français. Cela n’est pourtant pas difficile à savoir ; à moins que les Béliers en puissance ne veuillent tordre le cou à la réalité. Point trop d’en faut.

Intox
« Ne pas avoir de documents officiels maliens n’enlève rien aux liens avec la patrie malienne, n’enlève rien à l’appartenance à la Nation malienne ».

Désintox
C’est exact ; sauf que ce sont les documents officiels qui prouvent que l’on est Malien. De ce point de vue, ils ont une importance capitale. Dans tous les cas, il y a des non-Maliens qui aiment le Mali beaucoup plus que de nombreux Maliens qui se font l’avocat des causes perdues, qui font de leur pays la risée du monde par des dénonciations calomnieuses, l’intelligence avec l’ennemi ; sans pour autant revendiquer la nationalité malienne.

Intox
« Comment ce GOUVERNEMENT a-t-il pu parler ainsi du fils mort d’une mère malienne au (passeport périmé) ? »

Désintox
Si le PARENA avait un peu plus de bienséance que le Gouvernement, il se serait soigneusement gardé d’en rajouter à la douleur de cette mère de famille par une sortie aussi déshumanisée. Mais, pas étonnant de la part d’un Parti politique qui s’est fait une solide réputation dans le domaine des décomptes macabres, au point que l’on se demande s’il n’est pas en réalité une bergerie de vampires. En tout cas, le coup est bien tenté de jouer sur la corde sensible des Maliens, en utilisant les morts. Même cela reste après tout avilissant.

Intox
« Comment le Président de la République qui parle si souvent d’ensemble national a-t-il pu laisser CE GOUVERNEMENT produire un communiqué si honteux ».

Désintox
Le Gouvernement a fait son communiqué à la lumière des éléments en sa possession. Les Béliers en puissance ne vont tout de même pas lui tenir rigueur pour s’être défendu, en portant à la connaissance de l’opinion nationale et internationale quelle a été sa présence depuis que le drame est survenu et les facilités accordées à la famille du défunt !
Pour ce qui est du Président IBK, il ne pouvait pas faire plus que recevoir, en personne, la famille du défunt qui a d’ailleurs bien apprécié cette marque de compassion et les propos rassurants tenus au cours de l’audience à elle accordée. Mais, si le PARENA qui piaffe d’impatience à la porte s’attend à ce que le Gouvernement soit remercié pour faute grave, suite à ce communiqué, pour qu’il soit des heureux élus du prochain qui sera mis en place, il devrait s’armer d’arguments beaucoup plus affilés. Le PARENA, qui n’est autre qu’une officine de spéculateurs, n’est assurément pas à son coup d’essai et ne s’avoue pas non plus vaincu.

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