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vendredi 22 septembre 2017
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Intox et désintox: la fumisterie politique

Entre reconnaissance du sens de responsabilité du Président IBK qui a décidé du report du référendum et délectation d’une présumée, il y a de la fumisterie dans les rangs des leaders de la Plateforme ‘’An tè a bana’’. Par une alchimie, les bonimenteurs impénitents qui soufflent le chaud et le froid servent des miettes aux autres, en se réservant la part léonine d’une victoire à l’arrière-goût d’inachevé.
Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DÉSINTOX de construction massive.
Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

L’hypocrisie
INTOX
À la faveur d’un meeting tenu, le samedi 19 août 2017, devant la Bourse du travail, pour savourer leur ‘’victoire’’ après la décision du Président de la République de surseoir à son projet de révision constitutionnelle, Djimé KANTE, responsable syndical au CHU Gabriel TOURE, a déclaré : « toutefois, en s’adressant à la Nation, il vient de remettre ensemble des frères qui avaient de divergences il n’y a pas longtemps, des amis qui s’étaient séparés, à cause de cette révision constitutionnelle ».

DÉSINTOX
C’est aussi ça un chef : faire taire les divisions, les antagonismes ; toujours chercher à jouer la carte de l’apaisement dans l’intérêt supérieur du plus grand nombre. Ce responsable syndical qui déserte l’hôpital pour aller battre le pavé peut-il en dire autant de sa propre personne ? Il est plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans ses propres yeux.
Il est vrai, le Président de la République, en annonçant le report du référendum constitutionnel a rapproché des gens. Mais, il y a ceux qu’il ne réussira jamais à rapprocher tant les ambitions sont inconciliables. Il y en a au sein de cette Plateforme bigarrée, cette alliance sacrée de circonstance qui fait l’objet de toutes les convoitises de politiques en mal de popularité et qui, surtout, ont étalé à la face du monde toutes leurs limites en matière de gestion des affaires publiques.

La diversion
INTOX
« L’essentiel, c’est le Mali et chaque fois que ce pays sera menacé, nous serons là debout sur les remparts pour barrer la route aux fossoyeurs de la République ».

DÉSINTOX
Non, l’essentiel ce n’est pas le Mali ; ce n’est pas la Constitution dont le projet de révision a vu se déployer une énergie insoupçonnée chez des Maliens. L’essentiel, c’est la satisfaction des intérêts personnels. Ce qu’aucun responsable de la Plateforme ‘’An tè a bana-Touche pas ma Constitution’’ ne peut démentir. Du reste, reconnaissent-ils que c’est cela qui a fait la force de la mobilisation. Soumi champion, dans son interview à ‘’Jeune Afrique’’ a confessé : ‘’au-delà de la Constitution, c’est une colère. Les Maliens sont en colère, ils sont en colère contre le régime, ils sont en colère contre leur président. Et aujourd’hui, ils veulent que cela change. Ils ne peuvent pas s’asseoir et voir le pays se détruire’’.
Et la présidente de la Plateforme, Mme SY Kadiatou SOW, d’abonder dans le même sens dans une interview accordée à un confrère de la place : « ah oui. C’est très clair ! Il n’y a pas que la question du référendum. La plateforme a mobilisé autour de cela, mais au-delà, il y a beaucoup d’autres préoccupations qui s’y greffent, notamment la mal gouvernance ».
Max Gallo a tellement raison quand il dit que ‘’tout le discours politique est fondé sur cette opposition entre ventre creux et ventres dorés’’.
S’il s’agit de menace, le Mali est bien menacé. Pour ceux qui disposent des statistiques macabres de la plus haute précision, point besoin d’expliquer que les terroristes effectuent un retour en force dans notre pays avec son cortège de malheurs. Les complots visant à réduire le GATIA à sa plus petite expression en disent long sur la volonté de certains prétendus amis du Mali ne contribuent qu’à faire une OPA sur de nombreuses localités du Nord. Cela pour des motivations que l’on peut aisément dénier.
Il y a-t-il eu 2 millions de Maliens (le nombre de ceux qui auraient manifesté contre le projet de révision constitutionnelle, selon Soumi champion) pour aller faire un sit-in, en guise de protestation contre la partialité d’une puissance dite amie, comme le Mouvement ‘’Waati sera’’ l’a fait ? Non, parce que pour beaucoup le Nord, c’est fait pour s’en servir, pour décrire l’insécurité qui prévaut, l’absence de l’État, des services sociaux de base et tutti quanti. Pour ces personnes, le Nord ne fait probablement plus partie du Mali ou tout au moins la normalisation de la situation qui y règne n’est pas leur tasse de thé. D’ailleurs qu’est-ce qu’elles brandiraient après pour vilipender le Régime, si le Nord n’était plus un fonds de commerce politique ?

La victimisation
INTOX
Selon Amadou Thiam, président de l’ADP Maliba : ’’ IBK a su comprendre que nous ne sommes pas des apatrides comme cela se faisait entendre’’.

DÉSINTOX
Vous êtes des patriotes, parce que tout le monde est censé avoir une mère Patrie. Mais, il faut craindre que le patriotisme ne s’arrête là. Parce qu’il serait beaucoup plus évident s’il était sous-tendu par des offres innovantes permettant de surmonter les obstacles que tout le monde se fait le devoir de pointer du doigt, seulement pointer du doigt. Cela est un patriotisme très sélectif qui est à abhorrer.
En réalité, la décision de report du Président IBK tient moins d’une quelconque reconnaissance que de sa perception du réel. La Plateforme, noyautée de l’intérieur par des politicards haineux et revanchards, était dans une logique d’ouvrir un autre front à Bamako qui cristallise tout de même des frustrations, des attentes non comblées. Aller au référendum dans un contexte électrique de revendications sociales et non de ‘’manifestions citoyennes’’, ce serait simplement, pour IBK, apporter de l’eau au moulin de ceux qui cherchent à l’abattre par tous les moyens, y compris par la dictature de la rue. Ce qui serait une aberration de la part d’un vieux routier de la politique de sa trempe.
Sous cet angle, la Plateforme devrait avoir le triomphe modeste, en particulier Amadou Thiam ; faire preuve de retenue, de mesure, parce que des mouvements aussi spontanés résistent rarement à l’épreuve du temps et des ambitions personnelles.

La couardise
INTOX
« Je crois qu’il a compris qu’il fallait aujourd’hui surseoir à ce référendum jusqu’à ce que les conditions sécuritaires, techniques et de consensus soient réunis pour un référendum de cette envergure ».

DÉSINTOX
En politique, le courage n’est pas celui de ses opinions ou la liberté qu’on s’octroie pour saquer celles des autres, encore moins « l’absence de la peur, mais la capacité de vaincre » (Mandela). Pour y parvenir, il faut agir « comme s’il était impossible d’échouer » (Churchill). Pour cela, il faut « aller à l’idéal et comprendre le réel » (Jaurès).
Le médecin doit-il différer l’opération parce que le patient pourrait rester sur le billard ? L’inaction dans ce domaine n’est-elle pas comparable à la non-assistance d’une nation en souffrance de modernité, en tout cas d’adaptation à la pratique ? L’agitation comme un épouvantail des conditions sécuritaires, techniques et de consensus ne dénote-t-elle pas d’un manque de courage politique de la part de Thiam ? Parce que dans les mêmes circonstances, il ne va certainement pas agir avec tous les risques de compromettre le tissu social et le revivre ensemble. Parce que ce n’est pas la tenue du référendum qui constitue un danger pour l’unité nationale, c’est le contraire. La raison ? Le blocage des réformes constitutionnelles librement consenties par le Mali est la porte ouverte à tout.
Il y a pertinence de procéder à une révision de la Constitution ; mais il faut la mettre à la Saint-Glinglin ?
En définitive, le report du référendum était en réalité, décidé bien avant ce qu’on qualifie pompeusement d’ultimatum. La preuve ? Le décret de convocation de l’Assemblée nationale en session extraordinaire qui date du 8 août 2017 et dont l’ordre du jour ne comporte pas une relecture des articles ayant fait l’objet de réserve de la Cour constitutionnelle.

Le travestissement des faits
INTOX
Le Bélier en chef, Tiébilé DRAME, soutient : « c’est la victoire de l’ultimatum, c’est la victoire de la lettre adressée à l’Assemblée nationale pour demander la mise en accusation du Président ».

DÉSINTOX
Une nouvelle falsification éhontée de l’histoire, un travestissement des faits de la part du Bélier en chef qui en a le secret. D’abord, il faut consommer avec modération le terme victoire, parce qu’un report n’est un retrait du projet de révision constitutionnelle. En français, les deux termes n’ont absolument pas la même signification et même le dernier des Totos ne ferait pas de confusion.
La victoire de l’ultimatum ? Le Président est investi de la légitimité populaire requise (plus de 77 % des suffrages exprimés) pour ne recevoir d’ultimatum de qui que ce soit, en tout cas, pas de quelques contestataires ou agitateurs.
La désobéissance civile qui était brandie en épouvantail n’aurait été qu’une violation flagrante de la Constitution du 25 Février 1992 que décidément beaucoup n’ont pas appris à connaître en 25 ans d’existence. L’article121 est très clair :’’ Le fondement de tout pouvoir en République du Mali réside dans la Constitution.
La forme républicaine de l’État ne peut être remise en cause. Le peuple a le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’État’’. La désobéissance civile projetée était tout simplement illégale. La Plateforme allait-elle combattre une ‘’illégalité’’ par un incivisme notoirement scandaleux ? La réponse lui appartient.
La victoire de la lettre adressée à l’Assemblée nationale ? Mon œil. Ce que la lettre en question pèse à l’Assemblée nationale, c’est 35 voix discordantes sur 147 députés. La Loi fondamentale, en son article 95, dispose : ‘’La Haute Cour de justice est compétente pour juger le président de la République et les ministres mis en accusation devant elle par l’Assemblée nationale pour haute trahison ou à raison des faits qualifiés de crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’État.
La mise en accusation est votée par scrutin public à la majorité des 2/3 des députés composant l’Assemblée nationale’’. L’Opposition (VRD, SADI-ADP) ne réunit pas les 2/3 de voix nécessaires pour la mise en accusation du Président de la République, à moins qu’elle ne les obtienne par l’opération du Saint-Esprit. C’est donc de la pure fanfaronnade que de prétendre à une victoire d’une lettre pour demander la mise en accusation du Président de la République, dont le sort était connu d’avance.

La gangrène
INTOX
Pour Soumi champion : « c’est une victoire contre l’arrogance, c’est une victoire contre le mépris ».

DÉSINTOX
Comme des plaies qui ne se cicatrisent pas, en tout cas pas de sitôt, il est des rancœurs qui restent tenaces et vivaces. Celle qui fait ronchonner le Grognard-en-Chef en est de celles-ci. Éternel rouspéteur, Soumi brûle d’impatience, se ronge de vengeance. À la limite de l’inélégance, l’Opposant décrété ne fait pas mystère outre mesure de sa hargne et de sa haine envers celui qu’il est allé voir nuitamment par une nuit d’août pour tenter de duper, de se faire passer pour un démocrate qui accepte sa défaite. Ce, alors qu’il n’a fait que contre mauvaise fortune, bon cœur. À chasser le naturel, il revient au galop, dit-on. Soumi n’a jamais digéré sa dérouillée électorale. Cela transparaît dans son ton : ‘’arrogance’’, ‘’mépris’’.
« Le Président de la République ne voulait pas le dialogue, le Président de la République a été obligé à venir à un dialogue et à nous écouter ».
D’une part, juridiquement, il n’y est pas obligé, parce que la Constitution du 25 Février dont certains semblent si jaloux ne prévoit que 2 votes : le vote des députés qui procèdent, en amont, à des écoutes et le vote populaire des électeurs par la voie référendaire. Si le grincheux national avait des choses à dire, il n’avait qu’à les dire à ses collègues députés de la Commission des Lois qui l’ont du reste entendu. Il n’y a aucune base légale à ce que des regroupements qui naissent comme une génération spontanée soient écoutés par le Président de la République sur une matière dont il a compétence.
D’autre part, le dialogue n’a pas été imposé au Président de la République comme Soumi champion le prétend. En effet, dans le Communiqué du Conseil des ministres Extraordinaire du vendredi 10 mars 2017, il est écrit noir sur blanc : ‘’(…) le Conseil des ministres a adopté un projet de loi portant révision de la Constitution du 25 février 1992. Le projet de loi initiée fera l’objet d’une large concertation’’. Les concertations étaient donc bel et bien à l’ordre du jour et elles ont été faites à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
« Notre pays n’est pas sécurisé, il y a des guerres intercommunautaires, il y a une gouvernance qui va à vau-l’eau, il y a la corruption, il y a le népotisme, il y a énormément de choses que nous devons continuer à combattre ».
Ainsi, Soumi champion se tape nos 500 briques et affiche l’indécence d’appeler la Plateforme à faire ce qu’il devait faire en tant que chef file, et en pire. Parce que la Plateforme est une force de revendication, quoi qu’on dise, et non de proposition. La désignation ‘’an tè a bana’’ résume ce qu’elle est en réalité et qui ne s’accommode pas du rôle qui est attendu d’un chef de file de l’Opposition.
« Je crois qu’aujourd’hui le Président est redescendu de son superbe piédestal et je crois que c’est ça qui est important, c’est ça la leçon à tenir ».
Le problème de Soumi, c’est en réalité le piédestal-là, si proche, et si loin à la fois, qui lui échappe depuis 2002. Contrairement à nombre de ses copains de la Plateforme, sa préoccupation n’est pas d’obtenir un report du référendum jusqu’à ce que les conditions se prêtent à sa tenue, mais de s’occuper de celui qui occupe le fauteuil qu’il croit lui être prédestiné. Pour lui, c’est le plus important. Pour lui, la leçon à tirer ce n’est pas le triomphe et le confort de la démocratie, mais la satisfaction de son ego surdimensionné. C’est vraiment affligeant !




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