Intox et désintox: le larbin, l’acariâtre, les béotiens

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A la une de la manchette des canards, cette semaine, on retrouve pêle-mêle la sortie du président du CNOSAF obligé de la France. Les acariâtres et béotiens de l’Opposition ; les bravaches des organisations des droits de l’homme, eux, ont rivalisé d’opportunisme pour des motivations inavouées ; alors que l’artificieux Moussa MARA crée encore la polémique
Entre INTOX et DESINTOX, lisez les PEPITES de la semaine.

Le larbin
Intox
Dans ‘’Tjikan’’ le président du Comité national d’organisation du Sommet Afrique-France (CNOSAF), Abdoullah COULIBALY, affirme : « la France n’est pas un ennemi du Mali, sinon elle n’aurait pas confié l’organisation du Sommet au Mali sachant bien que le pays traverse une période de crise ».

Désintox
Ouf ! Les larbins, flagorneurs dans toutes leurs œuvres. Voici quelqu’un qui est plus royaliste que le roi. Voici quelqu’un qui en vient à oublier que c’est De Gaulle qui l’a plastronné : « la France n’a pas d’ami ; elle a des intérêts ». Cette France si prodigieusement décrite est celle qui a déclenché l’Opération Serval pour disperser les djihadistes et remettre confortablement en selle des rebelles séparatistes avec lesquels l’État a été contraint de négocier. C’est cette France, si prosaïquement décrite, qui a déclenché l’enfer en Libye dont les flammes brûlent encore les Maliens. Si c’est cela être «l’ami du Mali», il y a certainement une méprise quelque part sur le sens du terme. Si ce n’est la boulimie née du mirage des milliards de l’organisation du Sommet Afrique-France que notre pays abritera en janvier 2017. Parce que pour tronquer à ce point l’histoire, il faut avoir de réelles motivations alimentaires. Que ne ferait-on pas dans ce pays ! De grâce, bouffez vos primes et autres émoluments déductibles des 35,6 milliards de FCFA prévus pour cette grand-messe et n’insultez pas l’intelligence collective des Maliens qui ne sont pas des oies sauvages par définition. Parce qu’on peut être reconnaissant sans être obligé.

L’acariâtre
Intox
Dans ‘’Le Républicain’’, le teigneux député Alkaïdi M. TOURE du Groupe parlementaire Vigilance Républicaine et Démocratique (VRD) a affirmé : « la majorité veut montrer qu’elle est au pouvoir ; sinon c’est la conférence des présidents qui doit examiner la demande d’interpellation du gouvernement ».
Désintox
Cette récrimination a eu lieu quand la Majorité présidentielle a jugé irrecevable la demande d’interpellation sur, dit-on, le recours à la répression par le Gouvernement pour contenir les manifestations civiles pacifiques et les mécontentements des populations. Mais l’on ne s’explique pas comment un député de l’Opposition peut-il être aussi naïf jusqu’à croire qu’une Majorité leur ferait l’obligeance d’accepter une agression en règle à son encontre. Et surtout, il n’y a pas matière à s’offusquer. Dans un passé récent, l’on a vu comment l’on manœuvrait pour que certaines interpellations soient reportées sine die. Là, c’était des manœuvres nocturnes qui sont aux antipodes de ce qu’impose la majorité démocratique. Il n’y a donc pas lieu de jouer la victimisation pour des personnes qui, au faîte de leur puissance, ont foulé du pied les règles démocratiques élémentaires. Dans le cas d’espèce, il serait plus censé de ne pas faire monter la mayonnaise.

Intox
« Si elle (Ndlr : la demande d’interpellation du Gouvernement) est déclarée irrecevable pour vice de forme, nous allons reconduire la même demande lors de la session d’octobre ».

Désintox
Cela ressemblerait beaucoup à une obstination dont il n’est pas certain qu’elle apportera quelque chose au débat démocratique pour le confort de la République. Cette annonce tonitruante n’est rien moins qu’un bavardage politique et une bravade. Rien ne dit qu’en octobre, ce sujet sera toujours d’actualité. À moins qu’il n’y ait des actualités à géométrie variable dont certaines ne périssent jamais pour les besoins de règlement de compte personnel. L’actualité c’est ce qui appartient ou convient au moment présent. C’est aussi l’ensemble des projets ou réalisations en cours d’une personne ou d’une organisation. Il est donc évident qu’il n’est pas donné à n’importe quel politicard revanchard à col blanc de faire l’actualité. Il faut du charisme, de la compétence.
Par contre il est du domaine de n’importe quelle personne de bas étage de défrayer la chronique par un scandale, un attentat aux mœurs politiques.

Les béotiens
Intox
Dans leur déclaration en date du 18 août 2016 : « les partis de l’opposition exigent : l’ouverture d’une enquête indépendante avec la participation des organisations des droits de l’homme, pour rechercher et punir selon la loi, les responsables de ces violences (…) ».

Désintox
Dans son élan d’opportunisme et de récupération politicienne d’un événement, l’Opposition grincheuse s’en mêle les pinceaux dans le mépris absolu des règles élémentaires de civilité. Cela, sur la base de deux observations.
D’une part, au regard des sommités qui composent l’Opposition démocratique et dite républicaine du Mali, le choix des termes ne devrait pas poser de problème ; si tant est que la bienséance y a droit de cité. Parce qu’entre exiger d’un Gouvernement et demander, il y a une nuance qui laisse croire à une transgression de la politesse.
D’autre part, il ressort qu’il y a une tempête qui souffle dans la tête de nos Opposants par défaut. Ils demandent une enquête indépendante, tout en précisant avec la participation des organisations des droits de l’homme. Il faut savoir ce qu’on veut. Le Gouvernement a promis une enquête. Si elle n’est pas crédible aux yeux des apprentis Opposants, ils peuvent demander une autre enquête qui elle serait indépendante, parce que non dépendante de celle du Gouvernement. L’on est consterné d’assister à une confusion sur un sujet aussi élémentaire qui ne demande nullement d’être émoulu d’une grande école de droit. Voici le vrai niveau des ‘’je connais tout’’ qui prédisent l’avenir sombre du Mali sans eux. Mais cet avenir sombre n’est-il pas préférable à celui que nous réserve le cheminement avec des tels béotiens ? En tout cas, beaucoup d’entre eux n’ont pas un passé particulièrement élogieux en matière de gestion des affaires publiques. Et dire que nonobstant cette tare congénitale, ils ont le mépris pour le peuple de s’ériger en donneurs universels de leçon.

Les bravaches
Intox
Dans un communiqué conjoint, suite aux manifestations violentes des partisans de Ras Bath, certaines organisations des droits de l’homme ont réagi : « nos organisations (Ndlr : AMDH, CNDH, WILDAF) condamnent l’utilisation excessive des armes létales dans le maintien d’ordre (…)

Désintox
Il y a beaucoup de précipitations qui décrédibilisent ces organisations des droits de l’homme. Elles affirment qu’il y a eu utilisation d’armes létales (mortelles) dans le maintien d’ordre. L’on en déduit que ce sont les Forces de l’ordre qui ont fait usage des armes létales. Pourtant aucune enquête sérieuse n’a établi à ce jour qu’elles ont fait usage de telles armes. Du coup, les très controversées organisations des droits de l’homme affirment, pire accusent l’État malien sur la base de supputations d’individus aux motivations inavouées. Ce qui atteste à suffisance qu’elles sont manipulables à souhait, malléables et corvéables à souhait. Ce, autant par une opinion versatile que par leurs mentors à l’étranger. Il leur faut, à tout prix, justifier les subsides dont elles bénéficient de leur part. Et bonjour les dégâts : plus de différence entre ragot et réalité des faits ; adieu le principe élémentaire du bénéfice du doute, du recoupement de l’information…
« (…) et appellent les autorités à identifier les responsabilités et à les sanctionner le cas échéant ».
S’il y a cohérence dans les idées, les organisations de défense des droits de l’homme ne devraient plus utiliser l’expression ‘’le cas échéant’’. En désignant le coupable idéal, à savoir les Forces de l’ordre, elles ne laissent aucune place au choix. Ce qui leur dénie leur caractère impartial.
La preuve est que d’autres responsabilités ont été situées ailleurs. Il y a eu 19 interpellations parmi les manifestants. Si ces personnes sont interpellées, c’est que des faits leur sont reprochés. Pourtant, elles ne font pas partie des éléments des Forces de l’ordre.
« Nos organisations exhortent les autorités judiciaires à faire toute la lumière sur les conditions d’arrestation de monsieur Mohamed Youssouf Bathily ».
Les organisations payent la rançon d’une sortie hâtive. Elles auraient attendu seulement deux jours de plus ou poussé davantage leurs investigations qu’elles seraient moins ridicules. Parce que les conditions d’arrestation de Mohamed Youssouf BATHILY ont été rapidement portées sur la place publique. Ces organisations se montrent d’autant plus ridicules qu’il y a une pointe d’accusation derrière leur exhortation. Il se passe comme si le Rasta avait été arrêté en violation de toute procédure en la matière. Mais le réflexe accusateur ne peut que reprendre le dessus puisqu’il en dépend de la pitance quotidienne de ces nombreux responsables pour qui la désinformation est devenue le sport favori.

L’artificieux
Intox
Moussa MARA a déclaré: «de nos jours, il y a plus d’injustice et de corruption au Mali que sous le régime de l’ex-président Moussa Traoré».

Désintox
Ah oui ! La corruption et l’injustice d’aujourd’hui, Moussa MARA en sait quelque chose. Il en sait même beaucoup, même si on ne lui ferait pas l’injure publique d’y avoir trempé quand bien même il menaçait d’emprisonnement un opérateur économique de la place dont l’immeuble s’est effondré sans faire aucune victime. Son tort (celui de cet opérateur défiant) avant ce drame est d’avoir catégoriquement refusé d’apporter une contribution au financement de sa campagne présidentielle. Contrairement à lui, beaucoup d’autres ont délié bourse. Et Dieu sait que la Commune IV regorge d’opérateurs économiques. Cela ne sent pas la corruption ?
Moussa MARA, en tant que ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la Ville, puis en tant que Premier ministre, était au cœur de ce système qu’il qualifie, en des termes à peine voilés, de corrompu et d’injuste. Il y est encore, puisqu’il n’a pas eu le courage politique de prendre ses distances avec la Majorité présidentielle. En vilipendant ce régime, MARA fait simplement preuve de déloyauté à son égard et à l’endroit de celui qui lui a fait confiance en l’appelant, malgré des relations très sulfureuses dans un passé récent.
Sur un tout autre plan, MARA est rattrapé par sa prétention. Parce que pour comparer deux régimes avec plus de 20 ans d’intervalles, il faut les avoir bien connus tous les deux. Or, à moins que l’expert-comptable ne les ait connus à travers les livres (ce dont il faut douter) ou à travers certains récits, son âge ne devrait pas le lui permettre.
Au demeurant, il s’agit de deux régimes appartenant à des époques différentes. Pour le premier, c’était le règne du parti unique. Pour le second, c’est l’heure de la démocratie, où on peut même mordre la main nourricière. Chaque époque a ses forces et ses faiblesses. Il faut donc comparer ce qui est comparable et surtout avoir l’humilité de laisser aux vrais témoins le soin de le faire.

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