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samedi 17 novembre 2018
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Intox et désintox: le marchand de sommeil

Avec des propos délibérément fallacieux, à la limite de l’outrance, Soumi champion, miné par une amertume maladive, éructeune publicité mensongèrement insidieuse. Nullement gêné aux entournures de ses réflexions lunaires, le débat d’idées a disparu, se ramenant à une attaque violente du régime, l’arme de prédilection des faibles et à une suggestion insurrectionnelle.
Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DESINTOX de construction massive.
Lisez les croustillantes PEPITES de la semaine.

L’amertume
INTOX
Maliweb.net écrit qu’en répondant à une question sur une élection d’IBK dès le premier tour, tel qu’annoncé par le RPM, Soumi champion répond : ‘’en 2013, il n’a pas pu se faire élire dès le premier tour (…)’’.

DESINTOX
Qui a jamais dit qu’il était hanté par une élection dès le premier tour en 2013 ? Ni le candidat IBK ni aucun membre de son équipe de campagne n’ont fait état d’une telle ambition. Il y a juste un zélé de ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, en la personne de Papouni qui a insinué la confusion dans l’esprit des Maliens, en soutenant que si les tendances en cours se poursuivaient, IBK serait élu dès le premier tour. Ce n’est que pure démagogie de dire qu’il n’a pas pu se faire élire au premier tour, parce qu’il n’en faisait pas une obsession.
Par contre, son ambition était d’être élu président de la République, peu importe si ce devait être à l’issue d’un second tour. Et il l’a été de si belle manière que son adversaire le plus irréductible a dû s’avouer vaincu et aller nuitamment présenter ses félicitations au vainqueur du scrutin. Qui dit mieux !
‘’(…) malgré les coups de pouce des religieux, de la junte’’. Ah ! Ainsi, les religieux ont apporté un coup de pouce. Étrange, parce qu’ils ne sont pas censés faire de la politique, en tout cas, orienter le choix des fidèles vers un candidat précis, mais vers un programme qui sert l’intérêt de la communauté. Mieux, si les fidèles croyants obéissent aux préceptes divins, rien ne les oblige à sacrifier à des consignes de vote d’un religieux qui ne saurait se substituer à leur conscience. Encore mieux, IBK était loin d’être le seul candidat pour que ces religieux faiseurs de roi jettent leur dévolu sur lui pour lui donner un coup de pouce. Encore qu’un coup de pouce (intervenir pour aider quelqu’un) ne reste qu’un coup de pouce.
Un coup de pouce de la junte ? Bien. Elle a un de ses plus dignes représentants dans le starting-block cette fois-ci. Si elle est capable de faire élire quelqu’un, alors Papouni passera haut la main, dès le premier tour dans quelques mois à la présidentielle.
La vérité, c’est qu’en parlant de coup de pouce par-ci et par-là, Soumi champion tente simplement de justifier son naufrage au second tour de la présidentielle de 2013. Il cherche à faire gober à l’opinion qu’IBK a gagné, parce que soutenu par des groupes. C’est trop facile. Comme si ces religieux ou militaires n’étaient pas des Maliens ou qu’ils n’avaient pas de droit de vote.
‘’Aujourd’hui, que tout le monde est déçu de sa gouvernance’’.
Voici quelqu’un qui a la prétention de se substituer à tout le monde, de se prendre pour le centre du monde. Ce n’est pas parce que Soumi champion est déçu de la gouvernance d’IBK qu’il en est de même pour tous les Maliens. Soumi a-t-il un élément objectif qui lui permet d’affirmer que tous les Maliens sont déçus, du genre statistique ? Il n’en a pas. Un intellectuel qui prend ses vessies pour des lanternes, c’est affligeant. Cinq ans après sa déroute électorale, Soumi est toujours miné par une amertume maladive qu’aucun médecin ne peut soigner.

L’impudence.
INTOX
‘’(…) Ses ministres quittent le gouvernement, ses anciens Premiers ministres se présentent comme candidats contre lui’’.

DESINTOX
Désolé, mais aucun ministre ou Premier ministre n’a encore quitté le Gouvernement de plein gré. Ils ont tous été virés. Tout propos contraire relève d’une tentative de manipulation impudente de l’opinion, de travestissement des faits à des fins de falsification de l’histoire. Cela frise la pornographie intellectuelle ou mémorielle.
Quant à se présenter comme candidats contre lui, c’est leur plein droit en tant que citoyens maliens jouissant de tous leurs droits civiques. Le passage dans un Gouvernement est une mission au service du pays qui n’entame en aucun cas le droit de vouloir servir à une autre dimension. La loyauté c’est pendant la mission au sein de l’équipe gouvernementale ; le droit de réserve s’impose lorsqu’on le quitte. Ces supposés ministres et Premiers ministres ne sont donc pas des obligés d’IBK ad vitam aeternam pour avoir servi à un moment donné leur pays et non l’homme. Il n’y a vraiment pas lieu de provoquer une tempête dans un verre d’eau.
‘’(…) il n’est pas possible qu’il soit élu dès le premier tour’’. En voici un homme qui se prend pour dieu. Ça rappelle étrangement le film ‘’les dieux sont tombés sur la terre’’. Autant, le raisonnement que la déduction sont bancals. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas passé au premier tout en 2013, que lui Soumi champion est déçu de sa gouvernance, que des ministres ayant quitté le Gouvernement se portent candidats contre lui, qu’IBK ne passera pas dès le premier tour en 2018. Le raisonnement est tiré par les cheveux. C’est aussi la preuve la plus irréfutable que ce Soumi manque totalement de modestie, lui qui se met au rang des dieux et prophétise avec assurance.

La sédition
INTOX
Le confrère le Républicain rapporte :‘’pour en finir avec la crise, le Président sortant doit sortir’’.

DESINTOX
Pour ceux qui sont atteints d’une amnésie sélective, ce n’est pas IBK qui est à l’origine de la crise, mais bien ceux qui en font aujourd’hui un fonds de commerce. Si par une propagande tapageuse et des réflexions lunaires, ils comptent se poser en alternative crédible, ils ont tiré à terre. Ce ne sont pas des fossoyeurs de la République qui, le temps d’un passage à vide, se transformeront, comme par un coup de baguette magique, en gens vertueux, en patriotes convaincus et sincères pour sortir le Mali de la crise.
Soumi champion parle de Président sortant. Il le conjugue donc au passé. Pourtant, qu’il l’abhorre ou qu’il le chérisse, IBK est le Président de la République du Mali jusqu’à la prestation de serment de son successeur. Le Président sortant ? Soumi champion doit être en proie à des hallucinations qui lui font mettre les bœufs avant la charrue, parce que jusqu’à preuve du contraire, le mandat d’IBK n’est pas mis en jeu. Alors, on l’appelle le Président en exercice. Pas besoin de vieillir sous le harnais politique pour saisir ces subtilités qui ne subjuguent en réalité que les plus niais.
Le Président doit sortir ? Cet absolutisme est à la limite du séditieux et de l’appel à l’insurrection. Parce qu’au Mali, le mécanisme de désignation d’un Président de la République est connu. C’est uniquement par la voie démocratique. C’est celui qui a le plus de voix qui passe. Mais, en braillant que le Président en exercice doit sortir, il y a incontestablement une suggestion au subconscient des Maliens de n’accepter aucun autre scénario que celui du départ de l’actuel Président. C’est la porte ouverte à toutes les dérives possibles, y compris une violence post-électorale à laquelle le Mali est étranger. Manifestement, c’est le raccourci que souhaitent emprunter les obsédés du pouvoir pour parvenir à Koulouba. Ils sont dans une logique de marcher sur les cadavres, patauger dans le sang d’agneaux sacrificiels pour assouvir leurs ambitions personnelles. Mais le peuple malien veille, le monde observe.

Le nombrilisme
INTOX
‘’En tant que chef de file de l’opposition, je ne me déroberai pas à mes responsabilités’’.

DESINTOX
Dans une interview accordée à RFI, à la question de savoir ce qu’il attendait pour déclarer sa candidature, Soumi champion a répondu :‘’(…) Nous sommes en train de travailler beaucoup plus pour un rassemblement des forces de l’opposition aujourd’hui. Et il est important que tous ceux qui s’opposent à la politique actuelle – qui, malheureusement, a échoué dans notre pays – se rassemblent, se concertent et arrivent à déterminer le meilleur profil pour une alternance nécessaire’’.
‘’Ce qui est sûr, c’est que c’est souhaitable. Nous allons faire un accord pour déjà dans un premier temps, nous rassembler, nous unir, faire un front très large. Et c’est cela qui est important. Après, nous allons continuer les négociations pour voir qui d’entre nous est le meilleur candidat, si nous arrivons à mettre un seul en place. Ce n’est pas une tâche facile – on ne va pas le cacher – mais c’est l’objectif ultime ; que nous ayons un candidat pour l’ensemble de l’opposition’’.
À peine une semaine après ces propos fédérateurs de l’Opposition que Soumi champion s’empresse de déclarer qu’il ne se dérobera pas à ses responsabilités. Question de dire que c’est à lui seul, non à nulle autre personne, de porter la responsabilité de la candidature de l’Opposition. Le consensus, s’il doit se faire, il, le sera autour de sa personne ou il ne le sera pas. Le message est clair à ce niveau. Mais quelle belle hypocrisie ! Cet homme se paie la tête des gens désespérés du genre du Bélier en chef qui n’a plus aucun ressort personnel et dont le salut passe désormais par une candidature unique de l’Opposition dite républicaine et démocratique.

Le pessimiste
INTOX
‘’L’avenir de notre pays est en jeu. Nos voisins se désespèrent et sont inquiets’’.
DESINTOX
Pendant 20 ans, on a creusé la fosse de ce pays, invariablement avec une main d’œuvre constituée des mêmes acteurs politiques. Pendant 20 ans de descente aux enfers, Soumi ne s’est pas souvenu que ce beau pays ait un avenir à construire. Pendant 20 ans, il a sucé ce pays, telle une sangsue sans se préoccuper de ce que demain sera fait pour l’écrasante majorité des Maliens dont la misère ne date pas de l’ère IBK. Sorti de sa longue torpeur de délectation de son bien mal acquis, il découvre que l’avenir du Mali est en jeu, que l’avenir du Mali est lié au départ du Président IBK. De qui se moque-t-on dans ce pays où des gens qui ont leur place dans les cachots s’érigent en objecteurs de conscience ?
Nos voisins désespèrent et sont inquiets, d’autant plus qu’ils assistent au spectacle lamentable que leur offrent des Maliens pourfendeurs de leur propre pays, des Maliens qui aspirent présider aux destinées de l’État qui ont un mépris souverain pour la notion d’État, des Maliens qui divisent au lieu de rassembler, alors que le pays fait face à une guerre qui lui est imposée.
Nos voisins désespèrent, parce qu’ils constatent que pour le grand malade qu’est le Mali, l’ennemi vient de l’intérieur. C’est l’abomination de la désolation.Ils ont vraiment de bonnes raisons de désespérer, là où des Maliens se gargarisent d’un hypothétique scénario catastrophe pour leur propre pays.




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