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lundi 19 février 2018
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Intox et désintox: présidentielle, les délires de Papouni

Quand le futile le dispute à l’utile, cela bouscule les habitudes, précipitant votre rubrique ‘’DESINTOX’’ du vendredi. Entre tordre le cou à la vérité, forcer le destin ou se poser en nouveau Messie, Moussa Sinko COULIBALY alias Papouni délire. Face à l’INTOX abjecte d’un parvenu, la DESINTOX s’impose.

L’ancien colonel scribouillard d’un Capitaine illuminé, rentré par effraction dans les bonnes grâces d’un régime un peu trop miséricordieux, a jugé ses galons usurpés de général insuffisants ; sa veste de Directeur de la prestigieuse École de maintien de la paix, sans aucun mérite particulier, l’a étouffé. Papou (l’enfant chéri) veut à présent la place de papa. Et il a franchi le rubicond en lançant, samedi dernier, au terrain de Magnambougou, son Mouvement politique dénommé ‘’Plateforme pour le changement’’.

Le changement
INTOX
Papou a baptisé son Mouvement politique ‘’Plateforme pour le changement’’

DESINTOX
Oui, le changement, parlons-en. Le véritable changement à opérer est de débarrasser notre société d’une certaine engeance de vipère ingrate qui n’hésite pas à mordre la main nourricière. Ils sont la gangrène de notre société, ceux-là qui, comme des girouettes, tournent au gré de la direction du vent, de leur instinct grégaire. Voici ce Papou qui s’est empressé, sans être obligé de servir avec zèle Papa, ou point qu’il a failli ternir son plébiscite, en 2013, en annonçant une probable victoire dès le premier tour. Voici ce Papou dont on ne connaît aucun fait d’armes, contrairement à cet autre brave officier qui dirige le SNJ, qui est bombardé Directeur de la prestigieuse École de maintien de la paix. Voici ce Papou qui auparavant a été formé à la prestigieuse École militaire de Saint-Cyr, en France, pour mieux servir son pays qui, avec une poignée d’officiers félons, refuse de monter au front pour défendre la Patrie en danger. Voici ce Papou formé à la douleur du contribuable malien qui troque l’uniforme contre le Bazin pendant que le pays est en pleine guerre contre le terrorisme. C’est ce Papou timoré qui n’a même pas le toupet d’assumer son ambition présidentielle, parce qu’il n’a jamais dit du milieu de ses babines qu’il est candidat, qui joue les trublions. Le changement, le vrai, c’est de nous débarrasser de ceux qui n’assument pas leur passé, qui n’ont aucun ancrage dans le présent et pour qui l’avenir n’est que mirage. Papou est incontestablement de cette espèce de parasite qui tue l’arbre sur lequel il se développe. Churchill disait : ‘’plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur’’.

L’amnésie
INTOX
Selon le confrère ‘’Le Témoin’’, Papou a affirmé lors de son meeting : ‘’l’Armée a servi de prétexte pour vider les caisses de l’État et tous les marchés en la matière ont été surfacturés’’.

DESINTOX
Ah ! Les caisses de l’État ont été vidées, en prétextant l’équipement de l’Armée. L’histoire finit toujours par rattraper ceux qui l’insultent. Quand, en 2013, des officiers subalternes adulés par des sous-officiers ont chassé le généralissime Président, quel était le motif ? ‘’Les armes sont dans les magasins ; ATT ne veut pas nous les donner pour qu’on aille se battre. Nos compagnons sont en train de mourir faute de munitions. Il est de mèches avec les rebelles’’ et tutti quanti. La suite, on la connait. Les quelques BRDM opérationnels ont plutôt servi à protéger le Capitaine et sa bande à Kati ; la plupart des fronts ont été dégarnis sous prétexte de prêter main-forte à la junte menacée par un régiment d’un petit millier de commandos ; aucun des putschistes n’a plus parlé du Nord, parce qu’entre Bamako et Kati on roulait sur l’or, tout était strass et paillettes ; on convolait en seconde noce avec des V8 de l’État, avec chauffeurs et gardes du corps à la disposition des nouvelles épouses ; on faisait ses emplettes à la très chic boutique Orga que même un officier général n’osait lorgner en temps normal…
Tout officier de salon qu’il soit, Papou devrait savoir, mieux que quiconque, qu’entre hier et aujourd’hui, il y a un fossé en matière de réarmement matériel et moral des troupes. Si pour parvenir à ce résultat spectaculaire, il parle de vider les caisses de l’État qu’il soit tenu pour seul responsable de ses propos. L’heure viendra aussi où on parlera de l’origine de son trésor de guerre.

L’escroquerie
intellectuelle
INTOX
Le confrère ‘’L’Indicateur du Renouveau’’ rapporte : ‘’les gens me demandent si nous nous sommes trompés en mettant ce régime en place. Non! Nous ne nous sommes pas trompés. Nous avons plutôt été trahis par le régime IBK’’.

DESINTOX
Place à présent à l’escroquerie intellectuelle du siècle. Rien d’étonnant de la part de cet officier général démissionnaire dont la veste n’a plus de face. À en croire Papou, c’est ‘’nous’’, c’est-à-dire la junte de Kati qui a donné le pouvoir à IBK. Ça se disait dans certains milieux hostiles au régime. Le Barbu national qui a la langue pendante avait été d’ailleurs le seul, jusque-là, à le clamer tout haut, après avoir été trahi par la junte qui lui avait promis un poste de Premier ministre taillé sur mesure. OK, sortons les calculettes. Selon un rapport des services de renseignements français (dont un extrait a été diffusé par un journal de ce pays), en 2012, l’Armée malienne n’avait qu’environ 12 000 éléments opérationnels ; l’effectif total était d’environ 30 000, y compris les éléments fictifs. 30 000 voix permettent-elles à un candidat d’avoir 77% des suffrages exprimés? Non. Parmi les 30 000 militaires, il y a les sympathisants de Soumi champion, de Dramane DEMBELE, de Modibo SIDIBE, de Oumar MARRKO, parce que chacun a des parents dans l’armée. Que reste-t-il des 30 000 voix potentielles ? Très peu. À cela, ajoutons le fait que chaque électeur vote seul dans l’isoloir. Qu’est-ce qui dit que les consignes de vote de la hiérarchie seront respectées ? Rien. Les vieilles femmes qui sont sorties sous la pluie pour aller voter IBK connaissent-elles SANOGO d’Adam ou d’Ève ? C’est donc une des pires aberrations que puisse commettre Papou en s’aventurant sur un tel terrain. C’est aussi la pire insulte à l’intelligence que de soutenir que la junte a mis en place un régime. S’il y a trahison, ce sont les putschistes qui ont trahi le peuple malien, en violant la Loi fondamentale qui prohibe tout coup d’État. Et Papou était la tête pensante de ces aventuriers, lui qui se farde aujourd’hui d’un boubou blanc comme s’il était blanc comme neige.

La redondance
INTOX
‘’IBK ne fait plus partie de la solution, il est devenu un problème pour le Mali’’.

DESINTOX
Cette expression a prospéré à un moment donné à propos du Président syrien : ‘’Bachar ne fait plus partie de la solution, il est devenu le problème’’. Mais tenez-vous bien, ceux qui ont inventé l’expression, les Américains et les Français, l’ont abandonnée. Elle est devenue obsolète ; Bachar est toujours solidement vissé à son fauteuil présidentiel. C’est affligeant qu’un jeune de 45 ans qui a fait de brillantes études soit incapable de sortir des sentiers battus, de proposer des idées révolutionnaires. À moins que le génie qu’on décrit, n’a été qu’un brillant copieur durant tout son cursus. C’est seulement ce qui pourrait expliquer que livrer à lui-même, il perd tous les repères.

La disette
INTOX
Le confrère ‘’Le Républicain’’ rapporte : ‘’nous voulons une justice pour tout le monde, que la justice soit pareille pour tout le monde.

DESINTOX
Voilà, c’est ce que les Maliens attendent ardemment. La justice pour tous les Maliens. Parce que pour beaucoup, il y a quelque part une justice à deux vitesses. D’une part, il y a des putschistes qui croupissent dans les prisons dans l’attente de leur jugement pour différents motifs ; de l’autre, il y a ceux qui se pavanent à Bamako et qui aspirent même à la magistrature suprême de l’État, après avoir raflé au passage tous les avantages possibles. Quand la matière grise d’une junte militaire passe entre les mailles de la justice, il y a lieu de s’interroger.
Il faut la justice pour tous, parce que la Constitution du 25 Février 1992 est sans équivoque : ‘’le fondement de tout pouvoir en République du Mali réside dans la Constitution.
La forme républicaine de l’État ne peut être remise en cause. Le peuple a le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’État.
Tout coup d’État ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien’’. (Article 121).
Il faut la justice pour tous, parce qu’il y a d’une part des Gendarmes arrêtés pour abandon de poste, d’autre part, il y a, d’autre part, un général qui quitte carrément l’uniforme pendant que le pays est en pleine guerre contre des Mouvements djihadistes qui ont eu, dans un passé récent, à menacer la survie du pays.
Au demeurant Papou, comme toujours, n’apporte rien de nouveau dans sa piteuse besace. Parce qu’avant lui Churchill avait dit : ‘’lutter contre toutes formes d’injustice n’est pas un choix, c’est un devoir’’.

La pusillanimité
INTOX
Le même confrère rapporte : ‘’le seul choix que nous laissons aujourd’hui à Keita, c’est de démissionner avant la fin de son mandat ou de ne pas se présenter à l’élection présidentielle’’.

DESINTOX
Il ne manquait plus que ça ! Ainsi, le Projet de société de Papou, c’est la démission de Papa ; la dénonciation d’une prétendue surfacturation ; le mensonge éhonté sur le rôle de la junte dans l’élection d’IBK… Non ! KEITA n’est pas comme ce général qui abandonne ses troupes harcelées au Nord et au Centre par des terroristes ; encore qu’il en n’ait jamais eu. KEITA n’est pas ce général pusillanime qui alterne le chaud et le froid pour se tirer d’affaire. Un jour, il soutient, à propos du putsch de 2012 : ‘’si s’était à refaire, on ne le referait pas’’. Un autre jour, il prédit ‘’le régime ne sera pas là en septembre’’, référant dangereusement à un passé de putschiste. Papou ignore que pour prétendre à la magistrature suprême de l’État, il faut un minimum de cohérence dans les discours, de la suite dans les idées.
La démission ? Si Papou croit vraiment qu’il a une masse critique d’électeurs avec lui, s’il croit, comme il l’affirme que les Maliens ont vomi IBK sans aucune statistique bien sûr (drôle d’intellectuel), il n’a pas à quémander sa démission. La démocratie a ses règles ; la démocratie se joue dans les urnes. Mais le néo-politicien ne peut l’intégrer. Il faut aller au vote et que le meilleur gagne.
La démission ? Papou a semble-t-il oublié le pétrin dans lequel lui et ses copains de la junte ont foutu le Mali en 2012. Une démission rime avec une transition. Que n’a-t-on pas enduré du fait de cette transition ? Le Président intérimaire ayant des pouvoirs illimités et la Communauté internationale préférant traiter avec un régime démocratiquement élu. Même néophyte en politique, cela crève les yeux qu’une instabilité institutionnelle, une nouvelle fois, serait une épreuve dont le Mali se relèverait difficilement. Coluche disait : ‘’de tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent’’. Papou, à chacune de ses sorties administre la preuve qu’il n’a aucune lecture politique de la situation du pays qui, quoi qu’on dise, reste précaire.

L’hérésie
INTOX
‘’Si jamais il ne tenait pas compte de ces conseils, à l’élection du mois de juillet, il n’aura que ces 40 ministres pour voter pour lui. (…). D’ailleurs, je ne suis pas sûr que tous ses ministres voteront pour lui’’.

DESINTOX
Nul comme tout. Depuis quand donne-t-on des conseils à un futur adversaire ? Bon, erreur de débutant, sur la forme.
Sur le fond, d’abord, il y a un flagrant délit de mensonge. Le gouvernement SBM compte 36 ministres et non 40 comme annoncés.
Ensuite, pour avoir été ministre, à moins qu’il n’ait été un de ces ministres inféodés, il devrait savoir qu’être membre du Gouvernement ne signifie pas nécessairement voter pour le candidat IBK. Le Gouvernement, c’est une mission au service du pays, et non d’un homme quand bien même il s’agit d’appliquer son Projet de société. Papa a un Parti politique dont il est le fondateur, il a des alliés. C’est un vivier électoral important qui nécessite de voir au-delà du bout de son nez. 40 ministres, mathématiquement, ça fait 40 voix. Dérisoire pour élire un Président de la République.
Enfin Papou n’est pas sûr que tous ces ministres votent Papa. Oui, on l’a remarqué. Depuis le début de son show politique, il n’est sûr de rien, même pas de lui-même. Il n’est pas sûr que son ami qui a préféré garder ses galons de général que de se lancer dans une aventure vote pour lui. Papou navigue à vue pour foncer droit dans le mur. C’est le destin tragique d’un jeune officier promis à un brillant avenir.




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