Intox et désintox: sacré Salif le boucantier

La manchette des canards a été dominée cette semaine par le boucan de Sacré Salif de l’insécurité crédité d’un show devant les chefs militaires abreuvés à satiété d’admonestations. Cela, pendant que le Bélier mêlait de frousse par rapport à des communales dont la cause est entendue d’avance pour lui. Face à l’INTOX, nous vous proposons la DÉSINTOX.
Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

Lapalissade
Intox
Chez le confrère ‘’Le Prétoire’’, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Salif TRAORE, s’adressant aux chefs d’unités sur la situation sécuritaire, affirme : « cela commande, dit-il, que nous soyons sur la même longueur d’onde et être très performants en matière de renseignement ».

Désintox
Tout part de là : être au même niveau d’information. Mais, quand il y a la rétention d’information ; quand il y a un dysfonctionnement dans la chaîne de transmission de l’information ; quand l’info est altérée avant la destination ; quand elle ne passe pas par les canaux indiqués ou se retrouve sur la place du marché, on peut s’attendre au pire.
Pour ce qui est du renseignement, c’est une Lapalissade. Il est impossible de mener efficacement une lutte contre des groupes armés qui ont opté pour la guerre asymétrique sans renseignement fiable. Il n’est pas nécessaire d’être émoulu d’une école de guerre pour le savoir. La question qui se pose, par contre, est de savoir les moyens que l’on se donne pour avoir ce renseignement qui ne devrait pas toujours provenir des partenaires de notre pays. Parce que pour parler de mutualisation, il faut avoir aussi quelque chose à mettre dans la corbeille.
Ce qui interpelle le plus, c’est ce qui est fait du renseignement mis à disposition. Les sources concordantes font savoir que l’alerte avait été donnée que Nampala serait attaquée. Comme annoncé, l’attaque a eu lieu avec à la clé un lourd bilan : 17 morts et 35 blessés, selon le communiqué du Gouvernement. Ça sent la légèreté quelque part. C’est ce mal qu’il faut vigoureusement combattre.

Le populisme
Intox
«Notre objectif est de faire en sorte que la population soit satisfaite de ses forces de défense et de sécurité».

Désintox
Sacré Salif de l’insécurité ! Ce qui serait préférable c’est de résister à la tentation du populisme. La population, en tout cas, une grande partie, peut se satisfaire d’opérations tape-à-l’œil qui n’améliorent en rien la situation sécuritaire. Ce qui est crucial, c’est d’endiguer l’insécurité rampante. Personne n’a besoin d’opération de charme ; il faut plutôt des résultats concrets dans la lutte contre l’insécurité partout sur l’étendue du territoire national. L’important, c’est avant tout que ce soit une question de devoir pour les Forces de défense et de sécurité, de fidélité à leur serment de protéger les personnes et leurs biens ; de défendre l’intégrité territoriale du Mali, en toutes circonstances.

L’aveu
Intox
« Reprenez vos hommes en main. Vous ne devez pas vous reposer tant que vous n’êtes pas sûrs que vos éléments font correctement les missions à eux confiées. Revenons aux fondamentaux».

Désintox
Il y a là un aveu de laxisme. À en croire Sacré Salif de l’insécurité, il y a des chefs militaires qui vont se prélasser sans s’assurer que chacun de leurs éléments est bien à son poste de combat, attelé à la tâche qui lui revient. Ainsi, le ministre de l’insécurité est bien au courant de l’incurie de ses hommes (certainement pas tous), mais il laisse faire, se contentant de discours où le baga-baga le dispute à l’impunité et au laisser-aller.
Marc Escayrol disait : ‘’j’ai connu un officier qui prenait la guerre avec détachement jusqu’au moment où c’est lui qui fut pris par l’ennemi, avec son détachement au grand complet’’. C’est bien cela le danger qui guette nos Forces de défense et de sécurité abonnées à être surprises par l’ennemi, parce que les fondamentaux, en temps de guerre, ont été foulés au pied. Une situation surréaliste qui appelle à une remise en cause immédiate.

L’apathie
Intox
«Il ne faut pas attendre tout le temps des instructions ».

Désintox
L’esprit d’initiative, c’est ce qui manquerait le plus à nombre de nos chefs militaires. Ça vient de sacré Salif de l’insécurité. Ce qui est certain, c’est que cette information n’est rassurante ni pour la troupe encore moins pour la population civile. L’officier peut se trouver tous les jours sur un théâtre d’opérations confronté à des situations inédites. Son salut et celui de ses hommes dépendent alors de l’initiative qu’il aura à prendre, parce que tout ne s’apprend pas dans les écoles de guerre. La survie dépend dans bien des cas de la capacité d’adaptation à la donne qui se présente. Mais il faut du courage pour le faire et de la réactivité. Selon De Eugene O’Neill : “la liberté demande le courage, l’initiative, le besoin de décider ce que la vie peut signifier.” (Des jours sans fin, 1933)
Pour sa part, l’historien grec Hérodote soutient : “mieux vaut subir la moitié des maux auxquels on s’attend que de rester dans l’apathie par crainte de ce qui pourrait advenir’’

La sclérose
Intox
« Si vous n’avez pas de carburant pour les patrouilles, réquisitionnez des véhicules au niveau des gouvernorats.

Désintox
Sacré Salif de l’insécurité ! C’était censé être connu de tous : en temps de guerre, l’armée peut réquisitionner, y compris les véhicules des particuliers. D’ailleurs cela s’est passé dans un passé récent dans notre pays, avec des véhicules apparentant à des ONG. En cela, il n’y a rien de nouveau sous le ciel et c’est tout sauf une INITIATIVE. Il ne s’agit que d’une disposition légale. L’initiative qui est une denrée rare, c’est justement ce qu’il faut développer. Sacré Salif qui prône l’initiative chez ses chefs militaires assène la preuve qu’il est lui-même incapable de sortir des sentiers battus. Reproduire les stéréotypes, c’est exactement ce qu’il faut pour tuer l’initiative.
Ceci dit, il faut mieux s’organiser pour avoir le carburant nécessaire à l’accomplissement de la mission de sécurisation du territoire. Parce qu’il y a quand même une logistique à mettre en place pour mener des opérations sur le terrain, tout comme il est évident que les véhicules empruntés aux gouvernorats ou à quelle que autre structure que ce soit, pour combler un déficit de carburant, ne seront jamais la panacée. Il est primordial de développer une autonomie, en dotant les FAMAS des moyens de leur mission. Point barre. Tout le reste n’est que bricolage, vaine fuite en avant.

Le dilettantisme
Intox
« Prenez des initiatives si nécessaire, si elles ne sont pas bonnes, on vous le dira ».

Désintox
Non seulement il faut prendre des initiatives ; mais surtout il faut prendre les bonnes. C’est cela les bons chefs. Il y a très peu de place à l’à-peu-près. Parce que le temps de dire que la décision prise est mauvaise, des éléments sur le terrain en auront déjà fait les frais. Les FAMAS ont déjà enregistré trop de morts et de blessés pour que des erreurs de jugement d’officiers soient à l’origine d’autres pertes. À ce stade, ce qu’il faut cultiver, ce n’est pas la médiocrité ; mais l’excellence, la précision pour porter de sérieux coups aux groupes terroristes qui troublent la sérénité de la population, qui attaquent indistinctement tous les symboles de l’État et même à ceux qui sont considérés comme des collabos qui fournissent de précieuses informations à l’armée. Il est aussi du devoir de l’État d’assurer une protection permanente à ces personnes qui font preuve d’un grand patriotisme.

L’ultimatum
Intox
« Aucune erreur ne sera plus tolérée».

Désintox
C’est bien dit Sacré Salif de l’insécurité ! Seulement, il se trouve qu’entre une menace proférée, une disposition légale à respecter et une sanction de la faute, il y a généralement un océan sur lequel surfent allègrement les contrevenants et la hiérarchie. Parce que la règle c’est plutôt l’impunité et la sanction l’exception. Du coup, l’ultimatum lancé n’est perçu que comme du baga-baga, de l’eau sur les plumes d’un canard. Ça n’impressionne particulièrement personne et l’on s’installe de façon encore plus confortable dans les travers qui sont décriés au quotidien.
Sacré Salif de l’insécurité, il faut arrêter de bluffer. Ce qui est dissuasif, c’est l’exemple de sanctions, la seule chose qui peut mettre à l’abri de replis tactiques injustifiés ou d’abandons délibérés de positions par les hommes, de la divagation sauvage des terroristes et autres bandits de grand chemin qui terrorisent les villes et les campagnes… Joseph De Joubert qui croyait aux vertus de l’exemple disait : “la parole entraîne, l’exemple enseigne.”

La cancrerie
Intox
Le Bélier blanc d’une énième conférence de presse s’interroge : « comment une Loi abrogée, le 17 octobre peut-être exhumée le 14 novembre 2016 et régir la suite du scrutin communal ? »

Désintox
La mauvaise foi aidant, c’est difficile à comprendre. Quand s’ajoute à cela une carence de logique, ça devient létal. Sinon, un avis de la Cour constitutionnelle devrait être pris pour tel. Et cet avis correspond à une logique juridique. Le collège électoral a été convoqué sur la base de l’ancienne loi. C’est donc cette loi qui régira l’élection. C’est facile à comprendre non ! Même en matière d’amusement, on dit qu’on ne change pas les règles du jeu en cours de jeu.
Pour être conséquent, c’est d’une réponse que les partis politiques voulaient quant à la loi qui régira les élections communales du 20 novembre. Ils l’ont eue. Dans tous les cas, que ce soit l’ancienne ou la nouvelle loi qui était retenue, il fallait s’attendre à une contestation, surtout de la part de ceux dont la cause électorale est entendue d’avance.
Par ailleurs, il n’y a pas lieu de faire de cette situation toute une montagne. Parce qu’elle n’est pas inédite dans ce pays. En 2012, le Président ATT a été élu dans le flou le plus total. Était-il en disponibilité, en retraite anticipée, admis à la retraite d’office ? L’opinion nationale n’a jamais été clairement édifiée sur la question. Ce qui n’a pas empêché le Bélier blanc d’être membre d’un de ses attelages gouvernementaux. Le plus malheureux d’ailleurs puisqu’il a été balayé par des « soudards ».

La petitesse
Intox
Parlant des spécimens qui ne sont pas uniformes, le Blier dénonce : «ils comportent des disparités visibles d’une circonscription à l’autre ».

Désintox
Quand on est aux abois, on s’accroche au moindre détail. Cela ressemble beaucoup à de la bassesse. Dans tous les cas, ce ne sont pas les disparités qui feront perdre les élections au Bélier, mais plutôt son manque de représentativité qui devient de plus en plus patent. S’il y a un combat à mener, pour lui, c’est de chercher à élargir sa base électorale. Ce serait plus utile que de se perdre en vaines conjectures. Seulement, il se trouve que le seul sport dans lequel excelle le Bélier blanc est l’agiotage. Vraiment, les habitudes ont la vie dure.

La manipulation
Intox
Il poursuit la dénonciation en affirmant que l’attribution du marché des spécimens et des bulletins «a été coordonnée par un cadre, aujourd’hui membre du Bureau politique national du RPM».

Désintox
Au moins, ce n’est pas lui, qui a confectionné les spécimens et les bulletins. C’est au moins cela de gagné. Dans le cas contraire, la mauvaise foi des apprentis opposants l’aurait projeté directement en fer pour une damnation éternelle.
Celui qui a coordonné le marché est aujourd’hui membre du Bureau politique national de RPM. Ce qui revient à dire qu’il ne l’était pas quand il était désigné et que sa désignation n’a rien à voir avec son entrée au BPN du RPM. Mais quand on décide de manipuler l’opinion, on s’autorise toute sorte d’insinuations
Au demeurant, pour être sérieux, c’est aux compétences de ce coordinateur qu’il fallait s’attaquer. Cela serait plus grand que de s’accrocher à des rapprochements tendancieux. Mais les petits messieurs ne resteront que des petits messieurs pour qui les détails comptent plus que l’essentiel, des gens qui troquent l’or contre le bronze.

L’acharnement
Intox
«En violation de son statut, le président de la République de tous les Maliens interfère dans la campagne communale (…) ».

Désintox
Cela s’appelle de la dénonciation calomnieuse, preuve d’un acharnement gratuit sur le président de tous les Maliens. IBK est parti à Zantièbougou pour le lancement des travaux de construction d’une route longtemps attendue par les populations. Une route qui contribuera amplement à l’essor de l’économie nationale. Que les membres du parti dont il est le ‘’père fondateur’’ lui expriment leur reconnaissance, en affichant ses posters, vraiment cela ne peut pas s’appeler interférer dans une campagne électorale. Au contraire, ce serait voir le diable dans tous les détails, parce que le plus important dans cette œuvre présidentielle, c’est le gain pour la population locale, pour l’économie. Mais il se trouve que le malfaiteur croit que tout le monde est comme lui. Dans la posture du président IBK, le Bélier aurait interféré dans la campagne électorale. Donc pour lui, naturellement, le déplacement du président IBK est une interférence.
À propos, c’est le Bélier désœuvré qui s’occupe à faire le décompte des voyages présidentiels à l’étranger. À présent qu’il voyage à l’intérieur du pays, ce dont il a pleinement le droit comme tout Malien d’ailleurs, il trouve le moyen de crier au scandale. C’est de l’inconséquence.

La prétention
Intox
« Un chef de l’État qui se met au-dessus de la mêlée aurait reporté ces poses de première pierre au lendemain des communales ».

Désintox
Tôt ou tard, le masque allait tomber. Désormais, c’est chose faite. Le Bélier blanc, qui le dit urbi et orbi qu’il est parti de gestion du pouvoir, sans en avoir la légitimité, dicte à présent au président de la République son agenda. C’est lui qui décide quand ‘IBK doit sortir dans son pays. Il faut dire que c’est prétentieux de la part du Bélier blanc qui est dans toutes les sauces.
L’obsession pour les concertations nationales participe de cette volonté de cogestion du pouvoir. Le Bélier blanc qui a jeté l’éponge à la dernière présidentielle veut paradoxalement gérer le pays avec le vainqueur. Non pas par souci du devenir de ce pays, mais pour des considérations purement alimentaires. Sinon, au lieu de s’asseoir et jaser à Bamako, il fallait plutôt investir le terrain et battre campagne aux côtés des candidats du parti comme d’autres responsables politiques le font en ce moment. Mais quand on sait d’avance qu’on n’a rien à gagner, on s’occupe autrement et surtout inutilement en détournant l’attention des gens crédibles de l’essentiel.

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