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jeudi 22 juin 2017
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Mis en accusation pour détournement de fonds: après Youssouf TRAORE, le tour de Balaye DAOU ?

Avec l’affaire du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) qui a mis à nu l’ampleur du détournement, la gestion  clanique et patrimoniale des fonds au sein de cette structure et surtout la prompte réaction des autorités pour tirer au clair ce qu’il convient d’appeler une atteinte aux biens sociaux et de concussion, les opérateurs économiques du monde des affaires ont salué le début de la fin contre l’impunité de certains dirigeants des chambres consulaires avant d’appeler à étendre cette croisade à d’autres institutions consulaires qui connaissent les mêmes problèmes.

C’est notre confrère l’Indépendant qui a levé le coin du voile dans son édition du mercredi 10 décembre dernier. Le président du Conseil malien des transporteurs routiers, Youssouf TRAORE, se trouve dans des beaux draps : l’homme serait impliqué pour « atteinte aux biens publics et concussion. Et ce, sur plaintes de plusieurs syndicats de transporteurs routiers auprès du pôle économique.

Ces détracteurs lui reprocheraient un détournement de 500 millions de FCFA et la perception illégale de 800 millions de nos francs. Des accusations suffisamment graves qui ont amené les autorités maliennes à se saisir du dossier, tout en prenant des mesures conservatoires en entendant d’y voir très clair dans cette affaire qui éclabousse le monde des transporteurs.

Si au nombre de ces meures, l’on évoque la suspension de l’indélicat président sur instruction du Premier ministre, sur le plan judiciaire, les nouvelles ne sont pas non plus bonnes pour Youssouf  TRAORE qui serait retenu en lien d’accusation par le juge du 5è cabinet d’instruction du Tribunal de première instance de la commune III.

Après l’annonce de ces sanctions administratives et judiciaires qui sonnent le grand réveil (un peu tardif) des autorités du pays dans la lutte contre l’impunité, c’est toute une corporation de transporteurs, des chargeurs qui applaudit des deux mains cette nouvelle ère de fin des crépuscules de tous ces « responsables véreux » qui se voient désormais obligés de répondre de leurs actes.

En tout cas, c’est le sentiment général qui s’est dégagé chez ces opérateurs économiques qui, se sont réunis pour féliciter le Premier ministre de sa décision responsable et patriotique, gage de son souci de transparence et de préservation du denier public contre la déprédation, le vol et le détournement.

Si ces gros bonnets du monde des affaires saluent le début d’un lavage dans l’écurie du Conseil malien des transporteurs routiers, ils n’ont pas allé non plus par le dos de la cuillère pour rappeler les mêmes faits de corruption, de détournement, de népotisme qui ont pignons dans d’autres chambres consulaires de la place dont le cas célèbre du conseil maliens des chargeurs. Ici, indique-t-on, dans ce milieu, le président sortant, Ousmane Babalaye DAOU fait, depuis plus d’un an, face à une contestation générale de la part des opérateurs économiques, ceux-là qui, à un moment donné, l’avaient placé leur confiance pour présider aux destinées de leur maison commune.

«Que jamais dans l’histoire de notre pays, un président d’une institution consulaire n’a connu pareille disgrâce aux yeux de ses mandants au point de lui infliger des blâmes pour finir, en toute souveraineté, par demander son départ pur et simple», a déclaré un opérateur économique..

D’après les participants à cette rencontre, le CMC, en tant qu’organisation qui regroupe chargeurs, importateurs, exportateurs et transitaires agréés au Mali, joue un rôle important dans l’atteinte des objectifs nationaux de croissance économique et de lutte contre la pauvreté. Par conséquent, il est important que les ressources qu’elle génère ou qui sont mises à sa disposition soient gérées, conformément aux principes comptables généraux et aux règles qui gouvernent les établissements publics à caractère professionnel. Or, une telle gestion, soucieuse du respect de l’orthodoxie financière et de la transparence dans l’administration des ressources, n’est plus la chose la mieux partagée depuis un certain temps.

Ce qui fait, qu’aujourd’hui, cette structure est aux abois, suite à une gestion calamiteuse, doublée de bradage des biens de l’institution. A telle enseigne que le Conseil malien des chargeurs bat de l’aile.

En instruisant au ministre de l’Équipement,  des transports et du désenclavement, Mamadou Hachim KOUMARÉ, de suspendre le président du CMTR, Youssouf TRAORE, de toutes ses fonctions et en demandant au ministre de tutelle d’organiser avec un collège transitoire une élection dans le respect des textes du CMTR, le Premier ministre, selon un gros bonnet du monde des affaires, ne fait que réparer une injustice. Etant entendu qu’après le Conseil malien des transporteurs routiers, il serait grand temps que les autorités, qui veulent prouver que le Mali n’est pas un pays d’impunité, se saisissent également du cas du Conseil malien des chargeurs, qui a les mêmes dévolutions et qui partagent les problèmes de gestion que le CMTR.

En tout, si la sincérité rime avec l’application de la loi, Ousmane Babalaye DAOU et toute son équipe devraient connaitre le même sort que  Youssouf TRAORE. Car, autant, il est reproché à M. TRAORE un détournement de 500 millions, autant des chargeurs avancent un soupçon de « malversation » et de « détournement » du sieur DAOU portant sur un montant de plus de 350 millions de nos francs.

D’après ses adversaires, cette somme incriminée aurait été émise unilatéralement en plusieurs tranches sur le compte d’une banque de la place, sans avis et sans consultation des autres membres de son équipe.

En clair, au terme de leur réunion, tous les opérateurs présents ont convenu que le secteur du transport, confronté aux nombreux défis qui se posent au monde des affaires, doit rapidement renouer avec l’action et la compétitivité.

Par ailleurs, certains se disent ne pas comprendre le peu d’empressement des responsables en charge de leur secteur dans la résolution définitive de cette crise. Car, autant les élections présidentielles et législatives ont été une préoccupation pour tous les Maliens, autant la convocation du collège électoral, notamment, l’élection des chambres consulaires, rappellent-ils, constitue, aussi, pour le monde économique  une inquiétude et un enjeu majeur.

L’Etat va-t-il entendre ces cris de cœur ?

Par Mohamed D. DIAWARA

 




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