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dimanche 11 avril 2021
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Issa Kaou N’DJIM à Ségou: ‘‘nous ne soutenons pas les autorités de la transition’’

Une forte délégation de la CMAS, conduite par son coordinateur général, Issa Kaou N’DJIM, était le week-end dernier à Ségou et à Koutiala. L’Objectif était d’implanter la CMAS dans ces deux localités du pays. Faisant le bilan de cette étape, Issa Kaou N’DJIM a confié à la presse que la CMAS est là pour obliger chacun à s’assumer face à son passé. À son arrivée dans la capitale des Balazan, Issa Kaou N’DJIM s’est confié à nos confrères de Energie FM : « Je vois que les politiciens de 91 refusent de s’assumer alors que le pays veut tourner la page », a-t-il accusé. Aussi, il a tenu à clarifier la position de son organisation par rapport à la transition. « Nous ne soutenons pas les autorités de la transition, mais nous soutenons la réussite de la transition », a-t-il déclaré. Nous vous proposons l’intégralité de son interview transcrite par Info-Matin

Énergie FM : Pouvez-vous nous faire le compte rendu la première journée à Ségou ?

Issa Kaou N’DJIM : Je pense que vous-même, vous êtes témoins, la CMAS est une réalité à Ségou. Nous pensons que ce qui est plus important, c’est de rendre cette réalité, au-delà de l’espoir, de réaliser le rêve que nous voulons construire autour du leadership de la CMAS. Celle de contribuer et asseoir une véritable démocratie, citoyenne, la bonne gouvernance, le vivre ensemble et aussi l’implication de tous les Maliens dans l’intérieur comme ceux établis à l’extérieur, ensemble pour défendre le Mali. Comme nous le disons nous-mêmes, Un Peuple-Un But-Une Foi. Ça s’inscrit dans cette logique.

Énergie FM : Ici à Ségou, vous avez été reçu par M. TALL, qui vous a fait savoir comme les autres, qu’ils vont soutenir l’Imam Mahmoud DICKO, comme par le passé ?
Issa Kaou N’DJIM : Je pense que cela nous conforte, et cela aussi notre choix de défendre la vision du Cheik Imam Mahmoud DICKO. La CMAS est une organisation politique qui veut faire la promotion de cette vision qui est incarnée par le Cheik Imam Mahmoud DICKO. Et qui s’articule essentiellement autour de 3 axes, à savoir : l’islam qui contribue à développement harmonieux et aussi contribue au vivre ensemble et à améliorer la bonne gouvernance et l’amour de la patrie.
Je pense qu’on ne peut pas dissocier cette dimension de nos valeurs sociétales. Si les notabilités, les religieux, chacun dans ses expressions, dans son style, est d’accord sur le point commun que la vision de l’éclairé, l’imam Mahmoud DICKO, sur l’échiquier politique vient de perturber beaucoup de politiciens. Parce que on est sorti du huis clos. Aujourd’hui, il y a une nouvelle dynamique, une nouvelle approche qui est contraire à celles qui ont plongé le pays dans le chaos économique, dans le chaos de la corruption. Je dirais même dans le déni de justice et de démocratie de façade. Il faut faire la rupture avec cette vieille garde qui doit s’effacer aujourd’hui. Tout le monde tire sur la CMAS, cela veut dire que la CMAS est une force politique en laquelle des milliers de Maliens se reconnaissent. Nous ne sommes pas naïfs. Il y aura aussi qui vont chercher à nous abattre. Ça, c’est de bonne guerre. Mais nous pensons que ce combat sera un combat démocratique et républicain pour que les Maliens puissent choisir les meilleures parmi les propositions de choix. Et je suis sûr que la CMAS est devenue incontournable sur l’échiquier politique tant par sa vivacité, tant par sa clarté et ses prises de position sans ambiguïté. Je crois que nous obligeons tout le monde de s’assumer sur son passé. Parce que je vois que les politiciens de 91 refusent de s’assumer alors que le pays veut tourner la page. C’est ce qui fait que tout le monde tire sur la CMAS. Nous avons compris, et nous allons gagner cette bataille.

Énergie FM : En plus de l’implantation de la CMAS à Ségou et Koutiala, votre mission a aussi pour objectif d’expliquer à vos militants pourquoi la CMAS soutient les autorités de la transition ?
Issa Kaou N’DJIM : Non, je crois qu’il faut rectifier. Nous ne soutenons pas les autorités de la transition, mais nous soutenons la réussite de la transition. Je crois qu’il y a une très grande différence.
Je pense que ce qui est important pour les Maliens, c’est la convivialité, c’est aussi le don de soi. C’est des vertus de chez nous. C’est aussi la tolérance et la solidarité. Nous allons nous impliquer fortement aux côtés des plus hautes autorités pour la réussite de la transition. Ça, c’est extrêmement important. Parce que, il y a un déficit de communication gouvernemental. Je ne vais pas me substituer au gouvernement, mais je vais tout juste apporter ma contribution politique en tant qu’allié, soutien, mais aussi en tant que contenu. Parce que, nous sommes dans le Gouvernement, nous allons rentrer dans le CNT. Tout cela explique les prises de position à charge et à décharge.
Ce qui est important, c’est ce que pense la majorité des Maliens. Et je suis sûr qu’aujourd’hui, la tendance nous ait favorable, tout le reste, c’est des tempêtes dans un verre d’eau. Mais le plus important, c’est le maillage sur l’ensemble du territoire. Et les prochains mois, s’il y a une solution pour la COVID-19, nous allons essayer de voir un peu en Afrique, en Europe, pourquoi pas au-delà, pour rencontrer les Maliens et les expliquer le pourquoi et le comment, pour arriver à la réussite de cette transition qui ouvrir la voie à des élections générales crédibles et transparentes. Pour que le pays puisse se doter des institutions fortes, mais aussi rendre la démocratie irréversible par la citoyenneté, la bonne gouvernance, et puis aussi le respect des derniers publics. Il s’agit d’un engagement citoyen auprès du peuple malien. Je pense que la CMAS jouera sa partition. Aujourd’hui, le peuple dans sa grande majorité est dans une logique plus responsable. Parce que les Maliens ont compris que crier sur l’Etat, chercher à déstabiliser l’Etat, ne fait qu’aggraver la souffrance. D’autres diront qu’on sait acharner sur un régime corrompu. Je fais une différence entre un régime corrompu et l’État. Aujourd’hui, c’est comment préserver l’État pour que nous puissions nous servir de cette continuité et aller à des élections générales crédibles et démocratiques. Je pense que ce message est compris par le peuple du Mali.

Énergie FM : Alors demain, c’est l’étape de Koutiala ?
Issa Kaou N’DJIM : S’il plait à Dieu, demain (samedi 28 novembre 2020), nous irons à Koutiala. Et même avant Koutiala, il y a Bla qui souhaite que nous puissions y mettre en place un bureau même si cela n’était pas prévu dans le programme. Mais ce qui est sûr, nous allons le faire. Nous sommes en discussions très avancées à San, et puis aller à Mopti, après le calendrier. Mais il se pourrait que pour des urgences, nous allons essayer de voir, et s’il y a des opportunités, vouloir aller très vite, parce que les échéances arrivent.
Je pense qu’aujourd’hui, il s’agit de combler cette attente du peuple malien, un peuple digne, courageux, que nous avons tous l’obligation de respecter et proposer des alternatives crédibles.
L’alternative crédible, c’est le renouvellement de la classe politique. C’est le renouvellement de ces vendeurs d’illusions qui ont plongé le pays par des politiques démagogiques, irresponsables ; des politiques de corruption généralisée, dans le chaos.
Ils doivent accepter par la volonté du peuple, et le leadership des jeunes, des femmes, de tourner leur page démocratiquement. Et ce message, nous allons le véhiculer partout. Et les gens ont peur de la réussite de la transition, parce que la réussite de la transition suppose leur disparition. Voilà pourquoi la CMAS est devenue la cible principale. Mais avec l’aide de Dieu et l’engagement du peuple malien, nous y arriverons.

Énergie FM : Vous allez faire Koutiala, mais il y a aussi le bureau de Ségou qui être mis en place ?
Issa Kaou N’DJIM : À Koutiala, nous allons mettre en place le bureau de Koutiala, et dimanche (29 novembre), ce sera le tour de Ségou. J’entends des bruits par-ci, par-là. Mais tout le monde doit être rassuré. Nous faisons de la politique, il y a beaucoup de leaders qui sont intéressés par la CMAS. Ségou ne fait pas l’exception. À Ségou, il y a beaucoup de courants. Nous allons tout faire pour que tout le monde puisse se reconnaitre, puisse arrivée à cet encrage démocratique qui fait en sorte qu’il y a un rassemblement autour d’un idéal. La vision d’un pays, des institutions fortes pour améliorer la gouvernance avec une participation citoyenne. Nous allons proposer ça à Ségou le dimanche. Et si les Ségoviens sont partants, nous allons rentrer à Bamako en apothéose. Mais si c’est beaucoup de gens qui veulent être le président de la CMAS à Ségou, nous allons passer par la voie démocratique.

Énergie FM : C’est-à-dire le vote ?
Issa Kaou N’DJIM : Ah, bien sûr !

Énergie FM : Déjà, il y a combien de courants à Ségou ?
Issa Kaou N’DJIM : J’ai échos de plusieurs courants, mais il y a aussi de fortes personnalités. Nous allons tout faire pour que ce bureau soit vraiment un bureau consensuel. Parce que nous avons besoin de rassembler, nous avons besoin de toutes les tendances dans le sens positif. Mais je veux parler de courant, je préfère ne pas donner le nombre de tendances pour ne pas avoir d’autres surprises dans la salle. J’espère que nous y arriverons à concilier les positions.

Énergie FM : Votre dernier mot ?
Issa Kaou N’DJIM : C’est de féliciter cette presse qui nous accompagne, comme vous faite partie (Énergie FM), la presse en ligne qui permet aux Maliens de se rendre compte de la vivacité du travail de terrain. On ne fait pas de virtuel, nous sommes sur le terrain, nous rencontrons des personnalités fortes, légitimes. Parlant de la CMAS, ça veut dire que nous sommes sur la bonne voie. Nous continuerons de parler concomitamment du Mali pour que les Maliens comprennent, nous écoutent aussi. Nous profitons de votre micro pour lancer un appel patriotique à tous les Maliens, les invitant à se mettre ensemble pour la réussite de la transition. De ne pas écouter les voix égocentriques qui pensent qu’aujourd’hui, tout ce qui n’est pas conforme à leurs intérêts égoïstes est anti-démocratique, ou bien la caporalisation, la militarisation. Je pense que ce qui est important, c’est comment aider à rassembler les Maliens, comment faire en sorte que le Mali reste debout. Pour que demain, l’histoire retienne qu’à un moment difficile de l’histoire de notre pays, les Maliens ont fait preuve de sagesse, de clairvoyance pour faire réussir la transition.




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