Journée africaine de la Décentralisation 2016: les femmes à l’honneur pour l’atteinte des ODD

Le Mali, à l’instar de la communauté africaine, a célébré, hier mercredi 10 août 2016, au Centre de formation des collectivités territoriales(CFCT) à Koulouba sur la route de Kati, la Journée africaine de la décentralisation et du développement local. Le thème central de la présente édition est: «L’équité, la promotion du genre et l’autonomisation des femmes pour une meilleure réalisation de l’agenda 2063 et l’attente des objectifs de développement durable ».

Ce thème se veut une interpellation des décideurs sur la prise en compte de la dimension genre dans le choix de nos priorités de développement et dans la gestion des affaires publiques locales.
La cérémonie de lancement de cette Journée était présidée par le ministre de la Décentralisation et de la réforme de l’Etat, Mohamed Ag ERLAF. C’était en présence de son homologue de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Sangaré Oumou BA ; de l’Ambassadeur de l’Allemagne au Mali, Dietrich BERKER ; du représentant du GIZ, François MENGUELE, etc.
La journée a été marqué par deux tables rondes sur les 3 sous-thèmes, à savoir: Quelles stratégies pour améliorer la représentation des femmes dans les différents organes de leurs collectivités locales ; Autonomisation des femmes rurales : un atout pour éradiquer la pauvreté et la faim ; Régionalisation au Mali dans le contexte de l’approfondissement de la décentralisation.
Pour le ministre Mohamed Ag ERLAF, la commémoration de la journée africaine de la décentralisation et du développement local offre l’opportunité aux peuples africains d’échanger sur les défis majeurs auxquels sont confrontés leurs Etats dans la mise en œuvre de la décentralisation et du développement local.
Aussi, a-t-il soutenu, en optant pour la décentralisation, le Mali a choisi de réformer en profondeur ses institutions et de donner aux autorités locales un rôle central dans la prise en charge des questions de développement à la base.
«Quand bien même que le portage politique de la réforme a évolué en dents de scie au cours de la dernière décennie, la réforme a enregistré de nombreuses avancées incontestables, tant au plan institutionnel qu’à celui de la fourniture des services essentiels aux populations », a-t-il déclaré. Avant d’énumérer d’autres progrès, à savoir : l’élaboration du cadre de la Politique nationale de la décentralisation et la mise en place d’un arsenal législatif et réglementaire assurant l’implantation forte et irréversible des Collectivités territoriales dans le paysage institutionnel malien ; la mise en place d’une Institution de la république dédiée aux collectivités territoriales et l’émergence d’associations de pouvoirs locaux ; l’existence d’instruments techniques et financiers qui ont permis la réalisation de nombreuses infrastructures et le développement des compétences des élus et du personnel des Collectivités territoriales.
Par ailleurs, le ministre Ag ERLAF s’est réjoui de la création d’une Fonction publique des Collectivités territoriales qui emploie aujourd’hui plus de 50 000 agents ainsi que l’amorce du processus de transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux collectivités territoriales.
Malgré ces acquis, des difficultés et contraintes persistent, a-t-il reconnu. Des goulots d’étranglement qui ont pour nom : faiblesse des ressources financières propres des Collectivités territoriales; faiblesse des transferts de ressources financières, humaines et patrimoniales; l’insuffisance de la redevabilité des élus par rapport aux populations; faiblesse dans la mise en œuvre, par la tutelle, du contrôle de la légalité et de l’assistance conseil aux des Collectivités Territoriales, etc.
Pour le ministre Ag ERLAF, la commémoration de cette journée l’offre l’opportunité d’identifier les principaux défis à relever par nos réformes de décentralisation, citées ci-dessus.
Rappelons que cette journée, qui est à sa 5è édition, a été instaurée par les Chefs d’Etat et de Gouvernement en 2012, lors de leur 18è Sommet, tenu à Addis-Abeba (Ethiopie). Elle vise à promouvoir la décentralisation, la gouvernance locale ainsi que la participation des citoyens et des groupes sociaux dans la définition et la mise en œuvre des politiques de développement.
Le choix du thème de cette édition s’aligne sur les objectifs de l’Agenda 2063 et la proclamation par l’Union africaine, de l’année 2016 «Année des droits de l’homme, avec un accent particulier sur les droits des femmes».
A noter que le Mali et Madagascar sont les deux pays ayant déjà ratifiés cette Charte.

Par Abdoulaye OUATTARA

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