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dimanche 20 août 2017
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Journée africaine de la décentralisation: les progrès du Mali salués et magnifiés

Le Mali, à l’instar de la communauté africaine, a célébré, hier jeudi 10 août, la Journée africaine de la décentralisation et de la gouvernance locale (JADGL) au Centre de formation des collectivités territoriales (CFCT) à Koulouba sur la route de Kati. Deuxième du genre, pour notre pays, et sixième sur le continent, l’édition de 2017 était placée sous le thème : « Égalité de chance, autonomisation socio-économique et participation des jeunes à la gouvernance locale et au développement local en Afrique ».

Ce thème vise à sensibiliser davantage les acteurs de la décentralisation sur la nécessité de créer de l’emploi durable au profit des jeunes et de les inciter à la participation citoyenne.

Une cérémonie grandiose
La cérémonie officielle de lancement des activités commémoratives de cette présente édition était présidée, hier jeudi, par le ministre de la décentralisation et de la fiscalité locale, Alassane Ag Mohamed MOUSSA ; en présence du représentant des PTF, Jan MEISE ; de la Directrice générale du CFCT, Mme Coulibaly Nanumba Thérèse SAMAKE ; du président de l’Association des municipalités du Mali, Boubacar BAH ; du directeur PADRE/GIZ, François MENGUELE ; du Directeur général des collectivités territoriales, Abdrhamane CISSE ; du maire de la commune urbaine de Kati, Yoro OUOLOGUEM, etc.
Deux temps forts ont marqué cette cérémonie, l’intervention du ministre en charge de la Décentralisation, suivi de deux panels sur les sous-thèmes retenus pour cette édition 2017, à savoir : « la participation de la jeunesse africaine à la gouvernance locale » et « L’économie numérique, moteur du progrès socio-économique des jeunes en Afrique ».

Appel à la jeunesse
Elle a été une occasion pour les différents intervenants de lancer un appel à l’endroit de la jeunesse afin qu’elle montre de l’intérêt pour la gestion des affaires décentralisées, gage d’un développement harmonieux prenant en compte leurs préoccupations pour les intégrer dans les politiques de développement du pays.
Rappelons que la journée du 10 août a été instaurée par les chefs d’États africains en 2012, lors du 18e Sommet de l’UA, à Addis-Abeba, en Éthiopie. Elle a pour objectif principal de donner aux chefs d’États africains, l’opportunité d’échanger sur les défis majeurs auxquels sont confrontés leurs pays dans la mise en œuvre de leurs politiques de décentralisation et du développement.
La JADGL vise à promouvoir les valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local en Afrique, un préalable à l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble des peuples du continent.
La rencontre se tient conformément aux objectifs poursuivis par la Charte africaine des valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local adopté en 2014 par les États membres de l’Union africaine pour assurer la promotion, la protection, le renforcement et la consolidation de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local en Afrique.

Interpellation
Après le mot de bienvenue du maire de la commune de Kati, le chef du département de la décentralisation et de la fiscalité locale, Alassane Ag Mohamed MOUSSA, a souligné que le thème retenu interpellait les acteurs (gouvernants et gouvernés) sur l’un des grands défis de la mise en œuvre de la décentralisation et du développement local, en l’occurrence la prise en compte de la dimension genre, particulièrement la jeunesse dans le choix des priorités de développement et dans la gestion des affaires publiques locales.
Pour le ministre, cette journée que notre pays célèbre pour la deuxième fois, après l’édition de 2016, fait largement écho à la Journée nationale des Communes, instituée au Mali, depuis 2001.
« Elle offre aux acteurs intervenant dans le processus non seulement de faire le bilan des actions réalisées en matière de décentralisation et du développement local, mais aussi d’instaurer un cadre de réflexion sur la problématique de la mise en œuvre de ces politiques », a-t-il dit.
Ainsi, il a profité de l’occasion pour jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru pour mieux situer les enjeux et défis du moment et esquisser les perspectives d’approfondissement de la décentralisation à court et moyen termes.

11 465 projets financés
Au Mali, a-t-il fait savoir, la mise en œuvre de la décentralisation a permis d’atteindre des résultats encourageants, en termes notamment de renforcement du cadre juridique et institutionnel assurant l’implantation forte et irréversible des Collectivités territoriales dans le paysage institutionnel malien et d’amélioration de la couverture du territoire national en infrastructures (écoles, centres de santé, pistes rurales, points d’eau, etc.).
À titre illustratif, il a indiqué que sur la seule période allant de 2013 à 2017, les investissements réalisés par les collectivités territoriales sous leur maîtrise d’ouvrage se chiffrent à 11 465 projets d’infrastructures et d’équipements collectifs, pour un coût global de l’ordre de 66 milliards de francs CFA.
Selon le ministre, ces réalisations, illustrent à suffisance, l’engagement du Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, à faire de la décentralisation le moteur du développement local et régional de notre pays.
De même, a-t-il ajouté, l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger réserve une place de choix à la libre administration des collectivités territoriales en vue d’assurer une meilleure gouvernance du pays tenant compte de sa diversité ethnique et culturelle ainsi que de ses spécificités géographiques et socio-économiques.

30 % des ressources transférées en 2018
Par ailleurs, a-t-il rappelé, le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa MAIGA, a affiché, aux termes de la Déclaration de Politique générale, adoptée par l’Assemblée nationale, le 15 juin 2017, la volonté sans équivoque du Gouvernement à soutenir et amplifier la stratégie de transfert des ressources aux collectivités territoriales pour la réalisation de l’objectif de 30 % des ressources transférées en 2018.
Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt, dit-on. En dépit des progrès enregistrés, le ministre a reconnu que certaines difficultés persistent. Elles sont liées notamment à la faiblesse des ressources propres des collectivités territoriales, à l’insuffisance de la redevabilité des élus par rapport aux populations ainsi qu’à des dysfonctionnements perceptibles çà et là dans l’exercice de la maîtrise d’ouvrage du développement local et régional.
Avant de terminer, il a tenu à exprimer sa profonde gratitude à la Coopération technique allemande, et à l’ensemble des PTF pour leur soutien constant et multiforme à notre processus de décentralisation.

Le Mali, pionnier
Dans son exposé, le Directeur du PADRE, François MINGUELE, a souligné que le Mali faisait partie des 4 pays africains qui ont signé et ratifié la Charte africaine des valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local sur les 12 qui ont signé sur le continent.
De même, il s’est facilité de constater que notre pays dispose d’un plan stratégique détaillé de transfert des compétences et de ressources aux collectivités. Ce qui a fait dire à notre locuteur que le Mali est un pionnier en la matière.
Il a indiqué également que la décentralisation est une manière pour les pays africains de retourner aux sources pour mieux envisager l’avenir.
Rappelons que la décentralisation est un système de gouvernance qui existe dans 30 pays en Afrique.

Par Abdoulaye OUATTARA




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