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samedi 17 avril 2021
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Journée de l’alimentation scolaire: des ventres pleins pour des têtes bien faites

La 6e édition de la Journée africaine de l’alimentation scolaire a été célébrée, hier lundi 1er mars, à Tiéguena, dans la commune rurale de Baguinéda. La cérémonie était présidée par le ministre de l’Éducation nationale, le Pr Doulaye KONATE, en présence du préfet de Kati ; de l’Ambassadeur de la délégation de l’Union européenne au Mali ; des représentants du PAM, de l’UNICEF, des ONG partenaires, des autorités scolaires, coutumières et administratives…

Le thème national retenu pour cette édition est : ‘’les cantines endogènes pendant la réponse COVID-19 au Mali gage d’une alimentation scolaire pérenne’’.
Dans leurs mots de bienvenue, le chef de village de Tiéguena et le maire de la commune rurale Baguinéda camp ont remercié les autorités pour le choix porté sur leur localité. Le maire a mis l’accent sur l’importance de la cantine scolaire. Il a souhaité que l’initiative émerge pour faciliter l’apprentissage des enfants. Le maire Issa DIARRA n’a pas manqué de signaler aux autorités les conditions de vie précaires des déplacés qui sont nombreux dans sa commune.
Le Directeur adjoint de l’Académie d’enseignement de Kati, Mamadou SISSOKO a affirmé que l’initiative des cantines scolaires a été prise au Mali pour faire en sorte que la faim ne soit plus une cause de la déperdition scolaire.
Le responsable de l’Académie a informé que le cercle de Kati compte 97 cantines scolaires avec plus de 33 000 bénéficiaires. Il a précisé qu’à Tiéguena ce sont 687 pensionnaires qui sont pris en charge par la cantine scolaire.
Le directeur adjoint de l’Académie de Kati a expliqué que la célébration de la journée de l’alimentation scolaire vise à donner plus de visibilité à l’alimentation scolaire tout en suscitant l’engagement des autorités à renforcer et à pérenniser l’initiative.
M. SISSOKO a ajouté qu’il s’agit aussi de sensibiliser les collectivités territoriales à prendre en compte l’alimentation scolaire dans les plans d’action des communes.
La directrice du PAM, Mme Sally HAYDOCK, a soutenu qu’en rétablissant le 1er mars comme journée de l’alimentation scolaire, l’Union africaine a voulu souligner la grande valeur de tels programmes et reconnaître la multitude d’effets positifs qu’ils produisent à l’échelle d’une nation. Elle a déclaré que l’alimentation scolaire est un investissement bénéfique pour le développement du pays. Une initiative qui permet d’attirer et de maintenir les enfants à l’école, d’améliorer leur santé, mais aussi de stimuler l’économie et les marchés locaux.
« L’alimentation scolaire est le filet de protection sociale le plus répandu au monde. Elle fournit un repas aux enfants dans les écoles, les libère des fonds que les ménages peuvent utiliser pour subvenir aux autres besoins de la famille. Les repas scolaires aident à briser le cycle de la faim et de la pauvreté et favorisent la réussite scolaire en augmentant les chances des enfants de poursuivre leur éducation et de devenir plus tard des adultes productifs et épanouis », a affirmé la responsable du PAM au Mali.
Elle a noté qu’au-delà de son contenu énergétique, la nourriture qui est proposée aux enfants doit être diversifiée et comporter les nutriments essentiels nécessaires pour leur assurer croissance et bonne santé.
Mme HAYDOCK a renouvelé l’assurance que le PAM continuera d’être aux côtés du gouvernement pour accompagner les enfants maliens vers une éducation de qualité et pour leur donner une chance de construire leur vie et leur pays.
A son tour, le ministre de l’Éducation nationale, le Pr Doulaye KONATÉ, a affirmé que le souhait du gouvernement est d’installer des cantines scolaires dans toutes les écoles au Mali. Il a informé que le gouvernement de transition prévoit la construction de 50 cantines au minimum. Selon lui, la cantine scolaire est un élément important, car dans beaucoup de localités l’école est souvent distante du lieu d’habitation des élèves. Une situation qui amène beaucoup d’enfants à abandonner l’école. Face à cette réalité, le Pr Doulaye KONATÉ a affirmé qu’il est important de renforcer ce dispositif pour favoriser la scolarisation des enfants, et surtout celle des filles.
Le ministre a fait comprendre que la pérennité des cantines dépend aussi de la bonne gestion par les Comités de gestion scolaire. L’État n’ayant pas les moyens d’installer des cantines scolaires dans toutes les écoles pour le moment, le ministre a expliqué que les zones défavorisées sont priorisées.
Il a plaidé pour l’appropriation des cantines scolaires par les collectivités locales, conformément à la politique de décentralisation de l’école.
Le ministre de l’Éducation nationale a saisi l’occasion pour appeler les enseignants à être plus présents dans les classes. Il a souligné que la baisse de la qualité de l’école s’explique aussi par le fait que le temps d’apprentissage réel n’est pas respecté.
« Si le temps d’apprentissage réel n’est pas respecté à cause des sorties des élèves, à cause des sorties des enseignants, on ne peut pas avoir la qualité. Donc, nous pouvons faire tout ce que nous voulons et mettre tout en oeuvre, mais si l’enseignant ne prend pas toute sa place dans cette affaire-là, ça va être difficile. Je les encourage, je sais qu’ils font déjà beaucoup d’efforts, mais je leur demande de faire plus, de continuer à revendiquer tout en étant présents dans les classes. Chaque heure perdue est une perte de qualité… », a plaidé le ministre de l’Éducation nationale.

PAR MODIBO KONE




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