Journée de l’industrialisation: le combat pour le Made in Mali

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En prélude à la journée de l’industrialisation de l’Afrique (JIA), prévue les 19 et 20 du mois, l’Organisation Patronale des Industriels (OPI) a organisé, à son siège, une conférence presse, pour présenter l’événement, mais également le tome 2 du Livre blanc de l’industrie.

Le président de l’OPI, Cyril ACHKAR, a introduit ses propos par deux citations pour mettre en exergue le rôle prépondérant de l’industrie dans le développement d’un pays.
D’abord celle d’Abraham LINCOLN, ancien Président des États-Unis qui disait : « lorsque nous achetons un bien à l’étranger, nous avons le bien et l’étranger. Mais lorsque nous achetons un bien chez nous, nous avons le bien et l’argent ».
Ensuite celle de Mamadou Moctar BA, ancien président de l’OPI (2000-2005), en 2003 : « pour produire mille tonnes de sucre, il faut près de mille personnes. Mais pour importer mille tonnes de sucre, il faut seulement deux personnes : un acheteur et un magasinier ».
M. ACHAR a ensuite rappelé que c’est le 7 juillet 1975 que l’Organisation a été créée, avec comme premier président Moussa Balla COULIBALY. Ses missions principales sont : contribuer au développement de l’entreprise industrielle membre ; promouvoir et développer le secteur industriel du Mali.
S’agissant de l’actuel bureau consensuel de l’OPI, a fait savoir son président, il est composé de 25 membres et a la particularité que les quatre anciens présidents sont présidents d’honneur.
En rentrant dans le vif du sujet du Livre blanc, le président fait des constats.
Le taux de croissance annuelle du PIB était de 5%, en 2015, selon la BCEAO. Or, il faudrait au minimum 7% de croissance inclusive pour stopper l’augmentation de la pauvreté et résorber efficacement le chômage.
La balance commerciale est fortement déficitaire (environ 400 milliards FCFA en 2015). D’où une grande dépendance aux aides étrangères qui ne favorisent pas le développement industriel d’un pays. Ce qu’il faut, selon le président de l’OPI, c’est une aide à l’industrialisation pour développer le pays. C’est aussi un ministère de l’Industrialisation doté d’un budget conséquent. Il propose 15% du budget comme c’est le cas de l’Agriculture. Parce que, justifie-t-il, il ne sert à rien de produire si on ne peut pas transformer sur place.
Le poids de l’industrie manufacturière dans le PIB est de 5%, alors qu’il est d’environ 11% pour l’ensemble de la CEDEAO.
Le taux d’utilisation de la capacité de production est de 33% (8h sur 24h). Les industries maliennes pourraient donc produire davantage, si elles recevaient plus de commandes.
L’objectif de l’OPI, a révélé Cyril ACHKAR, est d’amener l’industrie malienne à un niveau normal. C’est-à-dire atteindre les 11% de la CEDEAO ou les 20% qui feront du Mali un pays émergent ; figurer parmi les nations africaines les plus développées.
« Le développement sans industrialisation est impossible », a rappelé le président de l’OPI qui martèle que l’industrialisation, c’est le bon sens.
Le Livre blanc de l’industrie contient 24 mesures réalistes et innovantes qui pourraient faire de notre industrie le fer de lance du développement économique.
Pour évaluer le tome 1 du Livre blanc, Cyril, ACHKAR a fait savoir que 6,5 mesures sont appliquées ; 4 sont au niveau du Gouvernement ; 13,5 sont à initier.
Mme BENBABA Jamila FERDIANI, présidente de la Commission d’organisation de la journée, a rappelé qu’elle a été décrétée en 1989, lors de la 44e session de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Cela, pour inciter les pays à s’engager davantage dans le processus industriel, pour susciter une prise de conscience au niveau mondial et mobiliser l’appui international en faveur du développement industriel de l’Afrique.
La journée de l’industrialisation, décrétée par les Nations Unies, permet chaque année, d’aborder des problèmes liés au développement industriel durable et d’évaluer les stratégies d’atteinte des objectifs visant à faire des Africains des partenaires égaux dans ce nouveau monde.
La présidente présente la journée, au plan national, comme un espace de présentation et de promotion des produits ‘’made in Mali’’ ; de discussion pour renforcer la compétitivité de notre pays.
Le Directeur national de l’Industrie, Sékou KEITA, a mis en lumière les bénéfices de l’organisation de la journée de l’industrialisation : plus d’engagement des industriels ; la conscience qu’un pays se construit lentement, mais sûrement.
Pour parler du dynamisme de l’industrie malienne, M. KEITA a révélé qu’elle a exporté en 2015 pour environ 30 milliards FCFA. En 2016, avant la fin de l’année, elle est à 58 milliards FCFA.

Par Bertin DAKOUO

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