Journée internationale de la fille: le mariage précoce au cœur des préoccupations

9

Notre pays, à l’instar de la communauté internationale, célèbre aujourd’hui mardi 11 octobre la journée internationale de la fille. Le thème retenu pour cette 5e édition au Mali est : « le mariage des enfants, facteur de risque à la santé de la reproduction et à l’épanouissement de la jeune fille ».

Le choix du thème de la présente édition répond à une volonté affichée du département en charge de la promotion et la protection des droits de l’enfant, de créer des conditions qui permettent d’offrir à chaque fille du pays, la possibilité de disposer et de jouir pleinement d’un bon état de santé reproductive en toute responsabilité, explique Bakary Traoré, Directeur de la promotion de l’enfant et de la famille. Il s’agit, par cette journée, de combattre toutes les pratiques allant à l’encontre du mariage précoce. Selon, lui ce phénomène fortement ancré dans les mentalités au niveau des communautés, ôte à la jeune fille, les chances de jouir de son enfance, d’être bien préparée pour mieux intégrer la vie adulte et de s’épanouir.
Signalons que la Journée internationale de la Fille a été instituée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 19 décembre 2011, dans sa résolution N° 60/170 fixant le 11 octobre comme la Journée internationale des droits de la Fille (JIF). Cet engagement de la communauté internationale en faveur de la jeune fille est le fruit d’une longue action de plaidoyer des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’enfant et de l’équité du genre. Est-il bon de préciser que la commémoration de cette 5e édition de la Journée internationale dédiée aux droits des filles coïncidera avec la 1re année de mise en œuvre des Objectifs du Développement durable (ODD). C’est pourquoi au niveau mondial le thème retenu : « Progrès des filles = Progrès vers les objectifs de développement durable ». Comme la pratique du mariage précoce constitue un obstacle majeur à l’atteinte des ODD, ce thème, selon M. Traoré, cadre avec le thème national.
Selon le Fonds des nations unies pour la population (UNFPA), plus de 140 millions de filles se seront mariées entre 2011 et 2020, si rien n’est fait, 14,2 millions de filles par an et 39 000 par jour. En outre, sur les 140 millions de filles qui se seront mariées avant l’âge de 18 ans, 50 millions auront moins de 15 ans. La quasi-totalité de ces filles est de l’Afrique subsaharienne. La preuve, 73 % des filles en Afrique Subsaharienne sont mariées avant l’âge de 18 ans et 30 % avant 15 ans. Le taux de mariage précoce au Mali s’élève à 60 %. Ce problème risque de s’aggraver avec l’accroissement de la population jeune dans les pays en développement, selon les experts des Nations unies en charge de la protection de la petite fille. Ainsi, le Dr Babatunde Osotimehin, Directeur exécutif de l’UNFPA révèle que le mariage d’enfants est une violation épouvantable des droits de l’homme qui prive les jeunes filles de leur éducation, de leur santé et de leur avenir. Car : « une enfant qui se marie ne pourra pas s’épanouir.
Au Mali, le mariage d’enfants devient un problème pour les autorités compétentes. Et pour cause ? Selon des statiques officielles, près de trois quarts des Maliennes se sont mariées avant d’avoir 18 ans. Ainsi, une Malienne sur 15 a la chance de mourir de complications liées à sa grossesse ou à son accouchement, à cause du mariage précoce. Ce qui classe notre taux de mortalité néonatale, au 7e rang mondial, avec 54 décès pour 1 000 naissances vivantes.
Voilà des raisons pour lesquelles, les autorités du Mali ont décidé d’être au cœur de cette journée qui sera célébrée par le gouvernement, à travers le ministère de la Promotion de la femme, de la famille et de l’enfant, en présence de Mme Keita Aminata Maïga, épouse du chef de l’état. La journée de ce mardi enregistrera aussi la présence d’autres membres du Gouvernement, des responsables des structures administratives et techniques, des représentants des partenaires techniques et financiers, des ONG nationales et internationales, des organisations et structure d’enfants et autres organisations de défenses des droits des enfants.
Faut-il rappeler que la célébration de la Journée internationale de la fille offre l’occasion aux différents acteurs en charge de la protection et de la promotion des droits des filles et des adolescentes, d’examiner d’une part, les progrès accomplis dans l’accès aux droits qui leur sont reconnus, y compris la jouissance du principe d’équité et d’égalité. D’autre part, elle servira de cadre pour susciter l’intérêt des décideurs et du public en faveur de la mobilisation des ressources de qualité pour mieux bâtir un environnement favorable à leur épanouissement et à leur autonomisation.
Signalons que les activités commémoratives de la Journée internationale de la fille se dérouleront durant tout le reste du mois d’octobre 2016 dans toutes les régions de Mali en plus de Bamako. Il s’agira, notamment des activités de plaidoyer, d’information, de sensibilisation et de formation des groupes cibles. Ces activités seront conduites en particulier par les responsables administratives et politiques, les leaders communautaires, les filles et adolescentes, les parents, les responsables des organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers.

Par Christelle KONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *