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samedi 22 juillet 2017
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Journée internationale de lutte contre la drépanocytose: le Mali insiste sur le dépistage précose

Hier lundi, le Mali à l’instar de la communauté internationale a célébré la Journée internationale de la lutte contre la drépanocytose. Le Centre de recherche et de lutte contre la drépanocytose (CRDL) a abrité la cérémonie commémorative de cette journée, sous la houlette du Ministère en charge de la Santé et de l’hygiène publique, représenté par M. Issiaka DEMBELE.

C’était en présence de Mme TRAORE Fatoumata COULIBALY, secrétaire générale de l’association pour la lutte contre la drépanocytose ; du Pr Tapa DIALLO, Directeur général du CRLD. Le thème retenu cette année est « Dépistage systématique, un moyen efficace de lutte contre la drépanocytose ».
La Journée mondiale de la drépanocytose qui se tient chaque 19 juin est l’occasion pour les autorités du Mali et leurs partenaires de revenir sur l’une des maladies génétiques les plus courantes malheureusement méconnues. On estime que 50 millions d’individus en sont atteints dans le monde. Elle est particulièrement fréquente dans les populations d’origine africaine subsaharienne, des Antilles, d’Inde, du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen.
Cette année, le dépistage précoce des nouveau-nés et des jeunes de 5 à 18 ans est au cœur des préoccupations.
Selon le Dr DIALLO, le thème de cette journée vise à relever le défi de la réduction de l’incidence de la drépanocytose dans notre pays. Selon lui, plus la maladie est vite décelée, plus les crises sont minimisées, voire maitrisées.
« La drépanocytose est une maladie génétique qui se caractérise par une altération de l’hémoglobine, la protéine chargée de transporter l’oxygène dans le sang. Concrètement, les globules rouges de l’organisme prennent une forme de croissant ou de faucille. Ce phénomène peut entraîner de graves conséquences de santé : anémie, crises douloureuses pouvant toucher différents organes ou encore une résistance à certaines infections affaiblies. Donc, pour éviter toute cette souffrance, le dépistage reste le seul moyen efficace », a-t-il insisté. Il a par ailleurs présenté le CRLD comme étant le centre africain qui a vu le jour au lendemain de la déclaration de l’OMS considérant la drépanocytose comme une priorité de santé publique au monde.
« Cette réalisation a été possible, il me plait de rappeler qu’il s’agit d’un engament fort de l’État malien, soutenu par un partenariat exemplaire », s’est-il réjoui. Selon lui, ce partenariat public-privé a permis à plus de 800 drépanocytaires de bénéficier de soins spécifiques dans l’équité, depuis la création de CRLD.
Quant à Mme TRAORE de l’AMLUD, après avoir rappelé les circonstances de la création de cette journée, elle informe que le diagnostic de la drépanocytose est posé seulement après une analyse de sang.
« Le test d’Emmel révèle la présence de l’hémoglobine drépanocytaires S dans les hématies. L’électrophorèse de l’hémoglobine est suffisante pour poser le diagnostic de drépanocytose. Chers parents faites dépister les enfants de 0 à 5 ans pour une prise en charge précoce, de 5 à 18 ans, pour connaitre son statut avant le mariage », a-t-elle conseillé. Elle a par ailleurs remercié les partenaires techniques et financiers qui appuient les actions de l’AMLUD pour ses activités.
Le Dr Dembélé du ministère de la Santé et de l’hygiène publique, quant à lui, il a déploré que chaque année, 5 000 enfants naissent avec le trait drépanocytaire au Mali. En outre, poursuit-il, environ 50 % des drépanocytaires décèdent avant l’âge de 5 ans et 80 % avant leurs 20 ans.
Par ailleurs, a fait savoir le Dr DEMBELE, parmi les enfants drépanocytaires reconnus, 52 % ont un retard scolaire et activités professionnelles dus à des complications qui occasionnent des crises graves.
« Ces données montrent à suffisance l’ampleur du problème et justifient pour le Mali l’adoption d’une politique nationale de prévention et de lutte contre les maladies non transmissible dont la drépanocytose », a-t-il promis. Il a par ailleurs reconnu les efforts de l’État pour les acquis déjà mis en place en vue de minimiser la souffrance des personnes affectées et infectées par cette maladie. Il s’agit notamment du CRLD de Bamako, l’unité de prise ne charge de l’hôpital de Kayes, la formation des agents de santé sur la prise en charge de la drépanocytose et l’élaboration d’une politique et d’un plan stratégique national de lutte contre les maladies non transmissibles, dont la drépanocytose.
Cette journée a été marquée par des séances d’information et de sensibilisation sur la maladie.

PAR CHRISTELLE KONE




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