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samedi 24 juin 2017
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Journée internationale des droits des travailleurs migrants: l’AME débat du document de politique nationale de la migration

Dans le cadre de la Journée internationale des droits des travailleurs migrants et leur famille, célébrée le 18 décembre de chaque année, l’Association malienne des expulsés (AME) a organisé, hier jeudi, dans son restaurant, à Djélibougou, un débat public sur le document de Politique nationale de la migration

La conférence, animée par le président de l’AME, Ousmane DIARRA, a enregistré la présence de Allassane DICKO, responsable plaidoyer et de Mme DOUMBIA Souad TOURE, chargée des questions d’accompagnent social.

Selon le président de l’AME, le 18 décembre a été consacré, en 1990, par l’Assemblée générale des Nations-Unies, comme journée de défense des droits des travailleurs migrants et de leur famille. Depuis, le texte a été ratifié par des pays africains dont le Mali. Cependant, a-t-il fait constater, très peu de pays occidentaux  l’ont encore ratifié.

Par conséquent, l’année 2014 a été très chaude pour les migrants clandestins, à cause des mesures draconiennes prises par ces pays occidentaux pour éviter aux ressortissants des pays en guerre d’accéder à leurs frontières. Or,  nombreux sont les Etats africains et asiatiques qui sont marqués par des conflits socio-politiques. Ce qui a occasionné des déplacements massifs des populations de ces pays. C’est dans ce contexte que beaucoup de ressortissants de ces pays ont tenté sans succès d’entrer en Europe, selon M. DIARRA.

De plus en plus, les pays de l’Union européenne se concertent pour trouver des solutions musclées à l’immigration clandestine par des expulsions massives à l’intérieur et aux entrées de leurs frontières.

C’est ainsi que l’AME a accueilli 931 migrants, expulsés de différents pays, courant l’année 2014, a indiqué Mme TOURE. Aujourd’hui, les conditions de retours de ces migrants posent un réel problème, quant à leur prise en charge, a-t-elle souligné.

Avec le document de Politique nationale de migration, adopté par le gouvernement et promulgué par l’Assemblée nationale, le président de l’AME nourrit l’espoir quant à l’avènement d’une nouvelle forme de rapport entre notre pays et ses partenaires européens, en matière de gestion des flux migratoires et du co-développement.

Selon Allassane DICKO, si le nouveau document constitue une avancée majeure en matière de gestion de la migration, il soulève autant des interrogations que le gouvernement et les organisations de la société civile doivent se retrouver afin d’en trouver des réponses adéquates.

En tout état de cause, l’AME salue vivement  l’avènement de ce document, auquel il a largement contribué.

Selon les consultants de l’AME, le document en question soulève des interrogations sur le «choix de partir», la problématique des informations à fournir aux potentiels candidats de départ, le fichage à l’interne et à l’étranger des migrants, et enfin la question de facilitation pour l’acquisition des documents de migration pour les candidats. Car, comprend-on à l’AME, cette nouvelle politique doit participer à réduire, voire minimiser l’immigration clandestine.

La journée a été marquée, à l’AME, par des expositions photos, la projection de film documentaire sur la migration, ‘’un Thé de grins-discussions des participants…

Les Nations-Unies par la voie du secrétaire général, Ban Khi MOON, a profité de la journée  internationale des migrants pour appeler les pays à la mise en place de bonnes conditions en faveur des 232 millions de migrants dans le monde afin qu’ils puissent exercer pleinement leurs droits fondamentaux et que ces droits soient protégés.

«Trop de migrants vivent et travaillent dans des conditions précaires et injustes. Beaucoup risquent leurs vies en mer en tenant de trouver refuge. Eux-mêmes et leurs enfants sont extrêmement vulnérables à l’exploitation et aux abus. Beaucoup sont privés de liberté au lieu d’être accueillis avec l’empathie et la protection dont ils ont besoin. La discrimination persistante à l’encontre des migrants crée des inégalités criantes, menace le tissu social et bien trop souvent, entraîne des agressions violentes et meurtrières » a déploré le secrétaire général de l’ONU.

Le programme de développement pour l’après-2015 donne l’occasion à l’ONU de veiller à ce que les besoins des plus pauvres et des plus marginalisés deviennent une priorité.

«Pour réaliser l’objectif essentiel de ce nouveau cadre de développement, « ne laisser personne de côté, nous devons porter une attention accrue à la situation précaire des migrants de notre monde», a déclaré le secrétaire général des Nations unies.

Aussi, a-t-il appelé, à la ratification et à l’application des textes et instruments relatifs aux travailleurs migrants.

«Je demande aux États de ratifier et d’appliquer tous les principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, notamment la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, ainsi que les instruments pertinents, relatifs au droit international du travail. En outre, je prie instamment les États d’adopter des politiques de migration globales, fondées sur les droits de l’homme et favorisant les voies légales de migration ».

En conclusion, il a souhaité que les États disposent de données exactes afin d’inclure les migrants dans leurs stratégies de développement et leur permettre de mettre leurs aptitudes et leurs expériences au service des sociétés où ils vivent. Les politiques de migration doivent reposer non pas sur la xénophobie ou sur de fausses impressions, mais sur des faits objectifs.

Par Sidi DAO.

 




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