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mercredi 14 avril 2021
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Journée mondiale de la presse au Mali: sous l’ombre de notre confrère Birama

Dans le cadre de la célébration de la fête du 3 mai, consacrée journée mondiale de la liberté de la presse, la Maison de la presse a organisé, hier mardi, une conférence-débat sur le thème « Rôle de la presse dans la lutte contre les extrémismes ». Pour débattre cette problématique, qui domine l’actualité brûlante de l’heure, deux éminents conférenciers étaient à la vedette : le Dr Naffé KEÏTA, socio-anthropologue et le Dr Sidiki N’Fa KONATE, directeur de l’ORTM.

C’est le représentant du ministre de l’Économie numérique, de l’information et de la communication, porte-parole du gouvernement, Check Oumar MAÏGA, secrétaire général, qui a présidé la cérémonie. C’était en présence du ministre des Affaires religieuses et du culte, Thierno Amadou Omar Hass DIALLO, des anciens ministres de la communication, Gaoussou DRABO, Hamadoun TOURE, Manga DEMBELE ; du président de la HAAC, Fodié TOURE, du président de la Maison de la presse, Dramane Alou KONE, etc.
Comme le demande la tradition, une minute de silence a été observée à la mémoire de tous les professionnels qui ont perdu leur vie au cours de l’année écoulée dans l’exercice de leur fonction. Dans cet ultime hommage, chaque intervenant a exprimé sa préoccupation face à la situation de notre confrère Birama TOURE, disparu depuis le 29 janvier 2016, et qui n’a encore donné de suite.
De l’avis des deux conférenciers, la fonction de journaliste est antinomique avec l’idéologie du terrorisme qui est une doctrine. Une bonne raison pour les conférenciers d’amener les confrères à combattre le terrorisme, à travers sa dénonciation systématique.
Naffé KEÏTA, de son côté, a souligné que le terrorisme est un phénomène qui se manifeste par les actes de violence, d’extrémisme et de censure. Aussi, a-t-il fait savoir, la plupart des actes de terrorisme sont posés par des jeunes, âgés de moins de 25 ans, mais généralement aussi des femmes et des enfants. Il a invité les hommes de médias à faire preuve de responsabilité et de professionnalisme dans la couverture des évènements du terrorisme, car dit-il, il s’agit, pour la presse, de jouer son rôle de sentinelle et de veille sur le respect des libertés individuelles et collectives.
Le Dr KONATE, lui, n’a pas manqué de saluer la presse malienne qui, selon lui, a fait preuve de responsabilité et de retenue face aux attentats terroristes successifs, survenus dans notre pays. Il s’agit notamment du massacre d’Aguelhok, des attentats contre « La terrasse », l’hôtel Radisson, etc.
L’information est un choix, un principe contraire à la propagande djihadiste qui a tendance à imposer sa vision des choses aux autres par la force et la violence, a expliqué le conférencier. Aujourd’hui, le journaliste rencontre l’extrémisme dans tous les domaines de la vie nationale. Belle illustration : le coup d’État du 22 mars 2012 qui est, selon lui, une manifestation de l’extrémisme dans le domaine politico-militaire. Pour N’Fa KONATE, la lutte contre les extrémismes invite les hommes de médias à un retour aux fondamentaux du journalisme.
« C’est dans la tête des hommes que naissent les idées extrémistes et c’est dans la tête des hommes qu’il faut les combattre », a-t-il dit. C’est pourquoi, les médias, tous genres confondus, ont un très grand rôle à jouer dans la lutte contre les extrémismes, d’où qu’ils proviennent.
Le parrain de la semaine nationale de la liberté de la presse, l’ancien ministre Gaoussou DRABO, a invité la jeune génération à un journalisme de combat, basé sur l’engagement contre les extrémismes. Pour le doyen, le journaliste ne peut plus se contenter des simples faits, de présenter les faits aux lecteurs et aux auditeurs. Face à l’abondance de l’actualité, et eu égard à la complexité des menaces du moment, il doit aller au-delà du compte rendu pour faire des analyses profondes. En revanche, le parrain de ces festivités a mis en garde les confrères contre les méfaits du journalisme partisan qui est de nature à tuer le métier.
De son côté, le secrétaire général du ministre de l’Économie numérique, de l’information et de la communication, Check Oumar MAIGA, a souligné que le doit à l’information est l’un des droits fondamentaux de l’individu après le droit à la vie. Justifiant le thème retenu par la MP, à savoir « Accès à l’information et aux libertés fondamentales – c’est votre droit ! », pour la célébration de cette journée, qui est était au cœur de l’actualité brûlante, il en conclura que cette problématique permettra de reculer les frontières de l’intolérance, la haine et la barbarie.

Par Abdoulaye OUATTARA




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