Journée mondiale des toilettes: WaterAid-Mali joue sa partition

L’organisation internationale de développement, Water Aid-Mali, dont la vision est celle d’un monde où chacun aura accès à l’eau potable et à l’assainissement, à l’instar de la communauté internationale, a célébré, le mardi dernier, dans la sobriété, (Ebola oblige), la Journée mondiale des toilettes.

Selon les responsables de Water Aid, dont la vision est celle d’un monde où chacun aura accès à l’eau potable et à l’assainissement, ce jour leur rappelle tristement la crise actuelle que traverse l’Afrique de l’ouest où le virus Ebola est en train de faire des milliers de victimes.

Cette crise, expliquent-ils, est exacerbée par l’épidémie de choléra chez les enfants au Niger, au Ghana et en Sierra Leone. Le manque d’accès aux toilettes et à l’eau potable en est le principal facteur.

Il ressort des statistiques que de 2000 à 2013, dans le monde en développement, plus de 10 millions d’enfants ont perdu la vie à cause du manque d’accès aux toilettes.

Aujourd’hui, d’éminents spécialistes internationaux de la santé et du développement dont WaterAid, AMREF Health Africa, l’Association médicale mondiale et d’autres ont lancé un appel pour que cesse une crise qui a coûté la vie à plus de 10 millions d’enfants de moins de 5 ans, depuis l’an 2000, dont 146 000 au Mali.

Par ailleurs, dans une lettre ouverte adressée à Ban Ki-MOON, Secrétaire général des Nations unies, rapportent-ils, les signataires mettent en avant le désespérant gâchi humain qui résulte du manque d’accès à des toilettes de base.

«Quand il n’y a pas de systèmes d’assainissement de base, les enfants n’ont d’autre choix que de vivre et de jouer dans un environnement contaminé par les matières fécales», déplorent-ils.

Aussi, la lettre rappelle-t-elle, près de huit enfants maliens sur dix n’ont pas accès à des toilettes de base. Une situation qui, lorsqu’elle s’ajoute à la consommation d’eau non potable et à l’absence de services d’hygiène contribue à trois des principales causes de mortalité infantile: la malnutrition, la pneumonie et la diarrhée.

Cette lettre ouverte, coordonnée par l’organisation internationale de développement Water Aid pour marquer la Journée mondiale des toilettes souligne aussi que cette crise du secteur de l’assainissement «concerne chaque instant de la vie de chaque enfant, de sa naissance jusqu’à l’âge adulte, s’il a la chance de vivre jusque-là ».

De même, indique-t-elle: «Cela fait près de 150 ans que l’on connaît les dangers associés aux mauvaises conditions d’assainissement et à l’eau insalubre pourtant plus de 10 millions de personnes n’ont pas accès aux toilettes adaptées au Mali, ce qui affecte la santé des enfants et, souvent, les prédispose à la maladie et à la pauvreté tout au long de leur vie.

«Ces enfants ont besoin que notre gouvernement unisse et intensifie ses efforts, et s’engage à ce que d’ici 2030, il n’y ait plus de ménage, de centre de santé et d’école sans latrines et sans eau potable», a plaidé le responsable de Water Aid.

L’OMS estime que 88% des cas de diarrhée sont imputables à un manque d’accès à un assainissement de base, à la consommation d’eau non potable et aux mauvaises conditions d’hygiène.

Au niveau mondial, on estime que plus de 12 millions d’enfants ont perdu la vie à cause des maladies diarrhéiques entre 2000 et 2013; le manque d’accès à ces services est responsable de 10,6 millions de ces décès.

La lettre ouverte adressée au Secrétaire général des Nations unies et la publication du rapport interviennent à un moment crucial alors que s’achèvera en 2015 le programme articulé autour des OMD mis en place en l’an 2000.

C’est pourquoi, WaterAid Mali invite le gouvernement à s’engager à soutenir un nouvel objectif visant à ce que chaque individu, où qu’il vive, ait accès à l’eau potable et à un assainissement de base d’ici 2030.

L’Organisation internationale de développement, Water Aid, présente dans 26 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et du Pacifique, agit pour transformer des vies en améliorant l’accès à l’eau potable et les conditions d’hygiène et d’assainissement de populations parmi les plus pauvres au monde.

Notons que depuis 1981, 19,2 millions de personnes ont pu accéder à l’eau potable grâce à l’action de WaterAid et 15,1 millions à l’assainissement, depuis 2004.

Par Sékou CAMARA

 

 

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