Journée mondiale du bégaiement: l’AVB préconise le dépistage précoce

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré, samedi dernier, la journée internationale du bégaiement, à la Maison des Aînés du Mali. 11ème du genre dans notre pays, cette journée a été marquée par l’organisation d’une journée de sensibilisation des acteurs et des intervenants dans la prise en charge de la petite enfance en vue de réparer, de prévenir le bègue.

Organisée par l’Association «Vaincre le bégaiement au Mali», l’édition de 2016 est placée sous le thème de : «Bègue…et alors ?–Dignité-Respect et Reconnaissance». Elle s’inscrit dans le cadre des activités commémoratives du mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion.
La présente édition a pour marraine Mme Sangaré Oumou BA, ministre de la Promotion de femme, de l’enfant et de la famille.
Le président de l’AVB (Association malienne des personnes bègues), Soumaïla DIARRA, a souligné que cette rencontre entre dans le cadre de la célébration de la journée mondiale du bégaiement célébrée chaque 22 octobre de l’année. Elle constitue, selon lui, une occasion pour les personnes bègues, les parents, les amis et tous ceux qui sont concernés par ce handicap de se réunir, d’échanger, de parler du bégaiement. Il s’agit aussi de discuter de tout ce qui se passe autour de cette catégorie de personne, des difficultés que les personnes bègues rencontrent.

Nécessité d’un changement de comportement
Par ailleurs, il s’agit de faire en sorte qu’on puisse avoir un changement de mentalité autour de ce mal qui est très souvent mal connu et les personnes qui en souffrent victimes de railleries.
Les problèmes sont nombreux en longueur de journée pour les victimes. Pour les enfants qui sont à l’école, a-t-il expliqué, il n’est pas rare de voir leurs camarades se moquer d’eux.
De même, certains enseignants ont du mal à les comprendre.
Conséquences : ils sont frappés et ridiculisés. Dans la vie courante, même les diplômés éprouvent beaucoup de difficultés au cours des entretiens d’embauche.
Il s’est réjoui de l’existence de l’association au nom de personnes bègues. De son avis, c’est dans ces genres de regroupement que les victimes peuvent vite trouver une solution à leur souffrance.
Aussi, il les a invités à aller voir les spécialistes de ce genre trouble du langage.
Pour aider les victimes à se guérir de leur situation, il a conseillé à l’entourage, notamment les parents, à être solidaire, à éviter les moqueries, les railleries. En un mot, il s’agit de mettre cette personne en confiance pour qu’elle puisse être à l’aise avec sa souffrance et ses difficultés.
Pour les tout-petits, l’AVB invite les parents à les faire dépister le plus tôt possible. «Dès qu’on commence à sentir que les mots de son enfant ne coulent pas trop, il fait plus d’effort pour faire sortir les mots; cet enfant mérite votre attention», a prévenu M. DIARRA. Il est même plus sage d’aller voir l’orthophoniste avant qu’il ne soit trop tard.

Un parcours du combattant
Pour la prise en charge, là aussi, c’est un parcours du combattant pour les victimes. Pour tout le Mali, n’y a pas plus de 5 spécialistes pour une population estimée à plus de 150 000 personnes. De même, en termes d’organisation, il y a qu’une seule association pour tout le pays.
Toutefois, cette association se bat pour organiser au moins 2 à 3 heures de séances de rééducation à ses militants par semaine. Ces séances ont lieu chaque samedi au CSRéf de la commune III.
A l’échelle internationale, cette catégorie est estimée à 1% de la population mondiale. Selon ce ratio, on doit avoir plus d’un million de victimes au Mali.
Sur le plan mondial, c’est la 19e édition, mais notre pays est à sa 11e édition.
Pour le représentant des autorités à cette cérémonie, Massama CAMARA, chacun de nous connaît le bégaiement pour avoir côtoyé soit au sein de notre famille, dans l’entourage, durant notre cursus scolaire ou à nos lieux de travail une personne souffrant de ce trouble de la communication qui entraîne la souffrance, l’humiliation et la honte, toute sorte de perceptions et sentiments négatifs et très négatifs chez le sujet qui en souffre.
Ce trouble, a-t-il dit, est à l’origine de pas mal d’échecs scolaires ; voire d’abandons, chez les enfants souffrant de bégaiement en raison de la phobie liée aux moqueries et railleries de leurs camarades.
Il a estimé à plus de 150 000 le nombre de personnes qui souffrent de bégaiement dans notre pays. Toutefois, a-t-il précisé, ce mal n’est pas incurable, surtout quand il est dépisté à temps.
Il a tenu à saluer l’Association vaincre le bégaiement au Mali à travers les actions qu’elle mène afin de susciter la mise sur pied de systèmes efficients de prise en charge.

Par Abdoulaye OUATTARA

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