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samedi 8 mai 2021
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Journée panafricaine des femmes: les africaines face aux conflits armés

Le  mercredi 31 juillet, le Mali à l’instar des pays africains célèbrera  la journée panafricaine des femmes. Le thème de cette 57ème édition « Année des Réfugiés, des Rapatriés et des personnes déplacées : pour des solutions durables aux déplacements forcés en Afrique».  Vu la situation des  femmes du Mali à cause de la sécuritaire, le Département de la promotion  de la femme, de l’enfant et de la famille a décidé de célébrer avec sobriété cette édition,  pour témoigner l’unité et la cohésion de toutes les femmes du Mali, face à une guerre dont les principales victimes sont des femmes et des enfants.

Ainsi, face à cette situation, les plus Hautes Autorités du Mali, à travers  le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a retenu le thème : « Paix-Sécurité et Réconciliation Nationale : Enjeux, Défis et Opportunités pour les Femmes du Mali », comme le thème national. Un thème qui, selon les responsables du département interpelle chaque femme du Mali. C’est aussi une occasion de témoigner  aux femmes affectées  par ces crises la volonté des plus hautes autorités d’apporter à chaque femme et enfant du Mali un climat de paix et de quiétude, selon eux. «  Nous n’allons pas Faire une fête grandiose, compte tenue de la situation que vit notre pays. Cette journée sera une journée de compassion pour nos sœurs, et nos enfants déplacés et autres qui font face aux corolaires de la crise. Nous sommes  une seule population et nous resterons soudées pour faire face à cette crise qui ne sera qu’un mauvais souvenir », a dit Mme DIAKITE Aïssata KASSA TRAORE, Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille,  avant de saluer les plus hautes autorités pour les efforts quotidiens consentis dans la résolution de la crise au Mali.  A cet effet, la journée du 31 juillet sera  marquée par une conférence débat, dont la cérémonie d’ouverture sera présidée par Mme KEITA  Aminata  MAIGA, première dame du Mali au CNDIF.

Selon  Mme la  Ministre,  le 31 juillets 2019 sera l’occasion d’amener les populations, notamment les femmes à mieux s’impliquer dans le processus de réconciliation et jouer un rôle de modération et de pacification de la situation sociale, politique et institutionnelle au Mali. « Nous informerons et sensibiliserons les populations sur le lien entre paix, Sécurité et réconciliation nationale et sur les enjeux, les défis et les opportunités qui s’offrent à elles pour l’avènement de la paix au Mali. Cette journée nous permettrons  aussi de faire un plaidoyer auprès des Autorités en vue de l’implication des femmes dans toutes les structures et instances relatives à la réconciliation nationale et à la stabilité du pays,  de faire un plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers pour plus d’appui technique et financier en vue du renforcement du leadership féminin au Mali », a-t-elle délivré  le programme  de cette journée.        

Signalons que la célébration du 31 juillet offre aux Africaines un cadre d’échanges avec leurs gouvernements sur les contraintes majeures à leur bien-être et au développement du continent. Cette journée est une occasion de créer l’opportunité de capitaliser les réalisations accomplies en faveur de l’égalité des sexes et de renforcer les débats autour des droits de la femme et du développement en Afrique.

Historique

Les femmes d’Afrique, au lendemain de l’indépendance de certains de leurs pays, en dépit des frontières artificielles de langues, d’opinions politiques, triomphant des contradictions décidaient de s’unir, former une seule association afin de mieux se connaitre, d’échanger leurs expériences, de conjuguer leurs efforts pour l’émancipation de la femme sur le continent africain. La libération totale du continent africain, l’élimination de l’apartheid et l’instauration d’une justice commune qui défend les droits de l’Homme en tant qu’être humain, devenaient alors les objectifs prioritaires. Ainsi le 31 Juillet 1962, a été créée à Dar-es-Salam au Tanganyika actuelle Tanzanie, la Conférence des Femmes Africaines (CFA), première organisation féminine d’Afrique qui deviendra « Organisation Panafricaine des Femmes » (OPF), après le Congrès de Dakar  en 1974 où le 31 juillet a été consacrée  Journée de la Femme Africaine.  Ainsi, le congrès constitutif est formé de 14 pays indépendants et de 10 mouvements de libération nationale.

Cependant, malgré cette lutte acharnée de ces braves dames,  les avancées restent incertaines et inégales. En face, les résistances persistent. Comme partout ailleurs, les inégalités de genre perdurent.  En effet,  selon l’agence des Nations Unies pour les femmes, ONU-Femmes, les femmes sont victimes de violence et de discrimination. Elles n’ont pas accès à des emplois décents et sont victimes de discriminations professionnelle et salariale. Trop souvent, elles n’ont pas accès à l’éducation et aux soins de santé. Peu de femmes occupent des postes clés sur les scènes politiques et économiques, déplore la même source.  Par ailleurs, la qualité des soins de santé en faveur des femmes et des filles s’est à peine améliorée.  Pour la santé, ONU-Femmes  déplorent que le VIH/sida et autres maladies infectieuses  ne cessent  de faire des ravages parmi les femmes africaines.

Le nombre croissant des conflits armés et des violations qui les accompagnent a contribué à multiplier le phénomène des déplacements internes forcés et à grossir les vagues de réfugiés. On estime que les personnes déplacées sont dans plus de 75 % des cas des femmes et des enfants et que ce chiffre peut atteindre les 90 % pour certaines populations de réfugiés, selon le Haut-commissariat des nations unis pour les réfugiés.  Selon la même source, les abus dont souffrent les femmes et les filles dans les situations de conflits armés sont variables et peuvent être perpétrés sous forme de viol, d’esclavage sexuel et de prostitution forcée. Les femmes réfugiées sont très exposées à la violence et à l’exploitation au cours des troubles et le restent dans les pays d’asile et lors de leur rapatriement. Et malheureusement, la plupart des conflits au monde se font en Afrique.

En somme, la journée de cette 57ème édition sera  une journée de recueillement et d’hommage à toutes les femmes africaines confrontées au quotidien désastreux de la guerre

PAR CHRISTELLE KONE




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