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samedi 8 mai 2021
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Une justice à géométrie variable

La Cour d’assises de Bamako a ordonné, hier lundi, la fin du procès pour enlèvement et assassinat, de complicité d’enlèvement et assassinat, d’assassinat contre le général Amadou SANOGO, meneur d’un putsch en 2012, et une quinzaine de co-accusés. La Cour a invoqué une loi controversée adoptée en 2019 au nom de la réconciliation et offrant la possibilité de l’amnistie ou de la grâce aux auteurs de certains crimes perpétrés pendant la crise de 2012. Elle a également invoqué un accord de dédommagement conclu entre l’Etat et les parties civiles. Le tribunal a ainsi mis un terme au procès de l’affaire dite des Bérets rouges. Cette décision suscite indignation sur la toile avec des internautes qui la juge trop complaisante. Votre Facebookan du jour !

Sidi Diakité : ça se comprend ! Le pouvoir malien est inquiet des dissensions qu’il pouvait susciter au sein d’une armée par ailleurs confrontée aux djihadistes, et de la comparution, parmi les accusés, d’un ministre de la Défense. Il s’avère alors que le Mali est dirigé par des autorités de transition dominées par des militaires eux-mêmes auteurs d’un coup d’Etat qui a renversé le pouvoir civil d’Ibrahim Boubacar KEITA en août 2020. Devant l’enlisement du procès, rapidement après son ouverture en novembre 2020, les défenseurs des droits humains exprimaient leur crainte que la procédure ne connaisse un tel dénouement. Amadou Sanogo et ses co-accusés, soldats et gendarmes, étaient jugés non pas pour le putsch de 2012 qui avait renversé le Président Amadou Toumani TOURE, mais pour enlèvement et assassinat de 21 membres d’une unité d’élite, les «Bérets rouges», retrouvés morts plusieurs mois après. Chacun cherche sa tête.

Amadou Diarra : Arrangement ou justice, ou les deux se confondent ? En tout cas, je retiens que les responsabilités n’ont pas été situées. Pire, le pardon est intervenu avant l’établissement d’une quelconque culpabilité. Bref, libre, mais pas blanchi. Si j’étais lui, je me ferais petit dans le pays. Mais, je peux continuer à rêver. Là où des auteurs de crimes de sang et de viol ont été relaxés à cause de l’unité nationale, quid alors de ceux qui avaient l’intention de déstabiliser les institutions de la République?

Boura Aïssata Ombotimbé : la justice malienne n’arrête pas de nous humilier en longueur de journée.

Lasga Seck : des putschistes ne peuvent juger un putschiste. Sanogo est un officier subalterne. Qui pourrait reprocher à ses juges de rendre une justice à géométrie variable.

Fiston Mpyana : la fin des procès sans suite est une habitude des États africains qui protègent les rebelles.

Talby Kone : je ne comprends pas les Maliens. Au lieu de juger le Général, les assassins de la CMA sont au gouvernement. Mais Dieu ne dort jamais

Moumouni Beaucoum : affaire Sanogo : quand on se battait contre l’adoption de la Loi d’Entente Nationale, vous nous aviez traités d’apatrides, voilà le résultat. Demandez vos comptes à IBK et son ex-PM Soumeylou Boubeye Maiga.

Boureima Ouedraogo : heureusement que Dieu n’est pas corruptible. Paix aux âmes des victimes, courage et patience ; car Dieu leur rendra justice et ça ne saurait tarder.

Youmati Sirima : tant pis pour les morts. Voilà pourquoi il faut réfléchir par 2 fois avant de présenter sa poitrine pour défendre un régime en Afrique.

Maguétan Traoré : une Justice Honteuse et dégoûtante qui blanchit des crimes de sang ! Assurément la paix ce n’est pas pour demain !

Abdoulaye Toure : on ne peut jamais trouver la paix sans la justice. Les larmes des victimes qui coulent à chaque fois nous tirent vers la catastrophe. Vous êtes épris de justice, mais on peut faire quoi face à la complicité des victimes et la docilité de certains ?

Mohamed Ousmane DICKO : la justice au Mali est-elle avariée ? Des produits pesticides sont-ils associés à notre justice ?
Daouda Kinda : j’ai été de ceux qui ont toujours été opposés à la négociation avec les terroristes. C’est une grosse boîte de pandore de l’impunité et de l’infamie ! L’assassinat de 21 personnes en ce 21e siècle ne pourrait rester impuni. C’est un crime contre l’humanité qui est imprescriptible. Donc peu importe la justice théâtrale du Mali.

Apho Cisse : Face à un ennemi puissant, on a que le choix que négocier. Nous sommes très faibles, mon cher.




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