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mardi 22 septembre 2020
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Kadidia Touré, Secrétaire exécutive du UF/ BN du RPM: ‘‘je prie IBK de revenir à la maison’’

C’est par ces mots que la militante de première heure du parti Rassemblement pour le Mali (RPM) s’est adressée au président IBK, qui apparemment a tourné dos au parti, malgré le chemin de croix qu’il a traversé avec plusieurs militants, dans un passé très récent. C’était lors d’un entretien qu’elle a bien voulu nous accorder sur la situation actuelle du pays et du parti du Tisserand. D’entrée de jeu, Mme KONE a pointé du doigt le MNLA qui est la cause de tous les malheurs qui s’abattent actuellement sur les Maliens.

« Ils se sont laissés entrainer par des puissances étrangères qui leur ont promis terre et ciel. Pour quel résultat ? Où en sommes-nous aujourd’hui ? Les populations vivent dans la précarité totale, partout, à travers le Mali. Les enfants ne vont plus à l’école. C’est la faim, c’est la pauvreté totale. En un mot, c’est la désolation. Dès à présent, le MNLA doit se ressaisir, parce que c’est les populations, dont il prétend défendre les intérêts, qui souffrent le plus aujourd’hui. Par contre, eux-mêmes, dirigeants de ce groupe armé, vivent dans des hôtels quatre et cinq étoiles. Je lance un vibrant appel au MNLA afin qu’il redescende sur terre. Le Mali nous appartient à nous tous et il n’est pas question de leur céder un iota de ce territoire. Ça, il n’en est pas question », a-t-elle été claire !

Pour la situation générale du pays, elle a exhorté les Maliens à être réalistes et de bons citoyens.

« Nous, en tant que Maliens, nous nous réclamons du Mali, nous parlons de la solidarité, du patriotisme. Qu’en est-il de tout cela ? Dans la situation actuelle que nous vivons, je ne peux pas comprendre que certaines personnes se soulèvent pour réclamer des droits. Je prends l’exemple sur les différents gouvernements qui se sont succédé sous le président IBK. Les demandeurs de soi-disant droits étaient combien dans ces gouvernements ? Et chacun d’eux n’a jamais levé le petit doigt pour réclamer ou dénoncer quoi que ce soit. Il a fallu qu’ils soient éjectés du gouvernement pour qu’ils aillent dénoncer. Où est le patriotisme, où est la solidarité ? Un homme est jugé par son sens de responsabilité. Quand tu occupes une place de responsabilité et que tu ne te sens pas à l’aise, tu démissionnes purement et simplement au lieu d’attendre d’être renvoyé pour aller te plaindre ensuite. Je rends ici hommage à Mme SYLLA qui a démissionné de son poste de chef de cabinet au ministère de la Promotion de la femme. Je rends hommage à Oumar Tatam LY, qui a démissionné de son poste de Premier ministre et depuis, on a plus entendu parler de lui. C’est cela, le sens de la responsabilité. C’est pourquoi il est bon de connaitre ses collaborateurs, avant de les choisir. Oumar Tatam Ly mérite tout notre respect, car il a le sens de la collaboration franche. C’est un grand Monsieur », a-t-elle dit.

Comme pour enfoncer le clou, Mme KONE accuse l’ancienne première dame, Mme Adam BA KONARE et le Pr Ali Nouhoum DIALLO d’avoir incité les populations à la violence.

« Par contre, je suis désolée, dans la situation actuelle de voir certains responsables maliens inciter les gens à la violence telle que Adam Ba KONARE. Elle ne peut pas dire qu’elle n’a pas conscience de la situation du pays pour la simple raison que son mari fut président du pays pendant dix ans. Elle et son mari doivent connaitre les tenants et les aboutissants de cette crise qui nous éclabousse aujourd’hui. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle a fait cette sortie ratée pour dire qu’on veut exterminer les peulhs et Ali Nouhoum DIALLO également qui tenait des propos amenant des communautés du Mali à se révolter les unes contre les autres. Eux qui ont mobilisé les Maliens à réclamer la démocratie, sont en train de tout faire pour la bafouer.

Quand j’ai vu la dernière intervention du Pr DIALLO pour appeler à ne pas faire l’amalgame, je me suis dit que s’il avait commencé par cela, on n’allait pas être à ce niveau aujourd’hui. Tout le monde sait d’ailleurs que cette crise n’est pas une guerre intercommunautaire. Les peulhs ont été tués, aujourd’hui, c’est le tour des dogons de se faire tuer. Je suis encore très déçue qu’Adam Ba KONARE ne soit pas sortie pour adresser une lettre au peuple dogon, comme elle a fait lors du massacre d’Ogosagou. Pourtant, elle sait ce qui se trame en dessous de cette crise. Vraiment, qu’on ne nous berne pas, pour nous donner des leçons de patriotisme », a-t-elle indiqué.

Quant au président IBK, Mme KONE lui a rappelé des moments difficiles que le parti RPM au pouvoir aujourd’hui a traversés pour que ce jour soit. Elle a ainsi demandé au président de la république de retrouver les siens au sein de la famille RPM.

« Je m’adresse au président IBK. Vraiment, je demande à IBK de revenir à la maison. Ceci est un cri de cœur, qu’il revienne à la maison. Nous, au RPM, nous avons tout vécu. Nous avons fait 13 années d’opposition. Il y avait cette solidarité-là. On s’aimait entre nous. On a tout partagé », a-t-elle rappelé, avant d’insister sur le rôle des femmes au sein du parti.

« C’est nous les femmes du RPM qui cotisions pour aller faire la présentation des vœux à Sébénicoro. Au lancement de la coordination alternative au centre Djoliba, on nous a coupé l’eau et l’électricité, mais nous avons tenu à réussir notre projet pour parvenir à la création du RPM. Encore, quand IBK claquait la porte de l’ADEMA, on était que 10 femmes à le suivre. Certaines sont décédées et nous autres vivons encore. Nous faisions le porte à porte pour faire sortir les gens pour la création de la coordination alternative, avant la création du RPM. Donc, je prie le président IBK d’avoir un regard rétrospectif. Je le prie de le faire à cause des défunts députés Alfousseyni MAIGA, Kadari BAMBA, Bakary KONE de Kolondièba dit BK, Flakè, Lamine Dessé COUlIBALY, Boubou KOITA. Paix à leur âme ! Ils ont soutenu ce parti, corps et âme. Ce sont eux qui ont financé ce parti-là. Ils ont été les premiers députés à former le groupe parlementaire RPM à l’Assemblée nationale. Qu’il le fasse pour la mémoire de ces grands hommes et femmes. Tout le monde peut lui faire du mal, nous, les militants du RPM, nous ne pouvons lui faire aucun mal. Nous, on ne va jamais le trahir. Ceux qui prétendent l’aimer aujourd’hui le font pour son pouvoir. Si l’on ne prend pas garde, nous allons nous confronter à la cohabitation. Qu’il fasse attention. Aujourd’hui, des groupes se sont formés qui se disent de la majorité présidentielle. Le jour où le RPM n’aura pas la majorité, il ne verra jamais ces derniers autour de lui. Donc, il va être confronté à la cohabitation. Nous, nous ne souhaitons pas qu’on en arrive là. Vraiment, qu’il revienne en famille. Nous, nous l’avons toujours respecté. La preuve, lors de l’assemblée générale du RPM au Stade omnisport, nous avons donné la latitude au président du parti, IBK, de former lui-même son bureau exécutif national. Qu’il se souvienne de tous ces beaux jours et qu’il retourne en famille », a-t-elle plaidé.

PAR CHRISTELLE KONE




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