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jeudi 22 juin 2017
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Kidal : il faut se préparer à la guerre

Janvier, mois de tous les dangers au Nord ? En tout cas, depuis la reprise des hostilités

La situation sécuritaire au nord du pays, malgré les appels au calme et à la sérénité, s’est notablement dégradée, depuis trois semaines. Les attaques criminelles de Ténekou et de Nampala étaient les signes avant-coureurs d’une reprise imminente des hostilités par l’irrédentisme séparatiste qui venait à peine d’enterrer leur vieux Amenokal.
Les affrontements de la semaine dernière à Tabankort avec en pointe une provocation grossière des combattants de la Coordination séparatiste contre les forces internationale qui ont légitimement réagi servent aujourd’hui de prétexte à ceux n’ont jamais fait mystère de leur volonté de s’emparer, par les armes, d’une partie de notre territoire, d’embraser le Nord encore le Nord et de faire, comme à leur habitude, un arrogant chantage contre le processus de paix en cours.
Désormais casernés dans le camp N°2 de Kidal, les forces onusiennes sont dans le point de mire de leurs protégés d’hier auxquels ils ont, depuis janvier 2013, octroyés gît, couvert et protection ; en attendant d’être attaquées et massacrées comme les soldats maliens sans défense, un certain 21 mai.
Vide de toute présence « indésirable », Kidal, depuis cette date, était à la merci des réactionnaires racistes du MNLA et de leurs complices terroristes dont le retour s’affirmait, de jour en jour. Une dangereuse connexion qui n’est pas sans rappeler janvier 2012 où le MNLA paradait, sans complexe et sans honte, sous les fanions jihadistes.
La réactivation de cette coalition « séparo-terroriste », dans le contexte de regain de violence suite à Tabankort, réduit à l’extrême les marges de manœuvre de la Médiation et de la Communauté internationale. Tenter de dialoguer, c’est laisser prospérer et se sanctuariser les terroristes que la France et la Communauté internationale ont combattus, trois ans durant. Agir préventivement, c’est tomber dans le piège du MNLA et de ses complices en scellant définitivement le sort du processus en cours, dont chacun sait à la limite du péril.
Sauf que, entre deux maux, la sécurité de l’ensemble de la région impose le choix du moindre mal. Le Mali et ses alliés dans cette guerre contre le terroriste, vont-ils choisir d’imposer une fois pour toutes la paix par les armes ou de laisser les factions terroristes faire de nouveau la loi dans le nord du Mali et dans l’ensemble du Sahel ?
Nous prenions le risque de penser que le moindre mal n’est certainement pas de permettre aux hordes jihadistes, avec un Boko Haram à son apogée de l’autre côté, d’infester à nouveau la région. La guerre de ce point de vue est inévitable au double plan : une guerre contre le terrorisme qu’il faut achever et une guerre pour restaurer la souveraineté du Mali qui reste inachevée, tant que Kidal ne sera pas libérée.
Pour avoir mené l’une sans l’autre, chacun constate les résultats sur le terrain. Les données de l’équation sont claires. Qu’on ne s’y trompe point. Loin d’une guerre d’extermination contre les touareg, il s’agit d’une même et unique bataille, celle de paix contre le terrorisme. Le défi est dès lors posé au MNLA de prouver qu’il n’est pas le supplétif et le micro des légions terrorisme, mais qu’il concourt avec sincérité, aux côtés de la France et des Nations Unies, à la guerre contre le terrorisme. Autrement, il y a, comme il ne doute aucun doute dans les faits, duplicité et connivence avec le terrorisme. Toute chose qui légitime une révision des approches, des uns et des autres, à commencer par la France, « amie des Touaregs ». Des Touaregs aujourd’hui plus nombreux à Bamako à Kidal.
Sambi Touré




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