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dimanche 22 juillet 2018
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Kidal: la communauté internationale comme bouc émissaire

Dans la logique de ses manœuvres habituelles, la CMA a de nouveau instrumentalisé, vendredi dernier, à Kidal, des femmes et des enfants, pour manifester contre la communauté internationale, accusée de partie pris, à la suite des violences perpétrées ces derniers temps dans la région. Au regard de la menace qui plane sur la feuille de route du 23 juin entre unanimement convenue entre les parties maliennes à l’Accord pour la paix, à cause des violences de ces derniers jours, les groupes armés de Kidal sont à la recherche d’un bouc émissaire pour porter la responsabilité de ce rendez-vous manqué.
Alors qu’un silence radio plane autour du nouveau chronogramme concocté par les parties à l’Accord en vue du retour de l’administration dans la huitième région administrative du pays à partir de ce 20 juillet, Kidal est à la recherche d’un bouc émissaire pour lui faire endosser la responsabilité de l’échec de ce rendez-vous crucial. Oui, le rendez-vous manqué du 20 juillet, peut-on affirmer, sans aucun détour. Arrêtée par les parties maliennes à l’accord pour la paix issu du processus d’Alger et entériné par la 19e session du CSA, le 11 juillet dernier, la feuille de route pour le retour progressif de l’administration à Kidal est encore partie pour sa belle mort. Et pour cause ?
Ni la communauté internationale, à travers la MINUSMA ni la Médiation internationale pilotée par l’Algérie ne semblent se préoccuper par ce nouvel échec du 20 juillet. En tout cas, leur silence assourdissant autour de la question à 24 heures seulement du rendez-vous marque les esprits. Les maîtres de Kidal, qui ont savamment orchestré cet échec, restent à la manœuvre. Après les violences intercommunautaires entre Imghad et Ifoghas, préparant le terrain de l’échec du rendez-vous du 20 juillet, c’est une marche, une manifestation de femmes et d’enfants instrumentalisés qui finalise le plan des groupes armés.
Au cours de cette marche, tenue vendredi dernier, la stratégie visait à mettre la communauté internationale au ban des accusés. Lors de cette manifestation aux allures de manipulation de la part de la CMA, les marcheurs ont brandi des pancartes et banderoles sur lesquelles étaient inscrites des slogans dénonçant « la non-sincérité » de l’ONU dans le règlement de la crise malienne. Avant de l’exhorter à mettre fin aux affrontements opposants la CMA au GATIA.
Nous pensons plutôt que cet appel des manifestants devait être adressé aux deux mouvements qui ont violé le cessez-le-feu signé entre les deux parties, le 28 juin 2017.
Malgré la condamnation, les nombreux appels au calme et à la retenue de la communauté internationale, les deux groupes armés ont continué de s’affronter sur le terrain, mettant en danger les chances d’un règlement pacifique du conflit.
Cette question s’est d’ailleurs invitée dans les débats lors de la 19e session du CSA.
Dans le communiqué qui a sanctionné les travaux de cette session, il ressort clairement que : « Le Comité a condamné fermement les violations récurrentes du cessez-le-feu par les mouvements signataires, notamment dans la région de Kidal. Il exhorte l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus à œuvrer pour une cessation immédiate et inconditionnelle des hostilités ».
D’ailleurs, dans les milieux des internautes, on estime que : « S’il y a prise de partie de la Communauté Internationale dans la gestion de la crise au Nord du Mali, c’est bien en faveur de ces marcheurs qui ne font qu’amuser la galerie, à l’approche du 20 juillet 2017 (date retenue pour le retour de l’administration à Kidal). »
En tout cas, la pratique est connue de tous, à la veille de chaque rendez-vous important dans la mise en œuvre de l’Accord, les problèmes du genre font leur apparition sur le terrain à Kidal.
On se rappelle qu’à l’issue de la 18e session, la libération du camp I de Kidal avait été le point de discorde entre la CMA et le CSA.

Par Abdoulaye OUATTARA




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