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vendredi 18 août 2017
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Kidal : le devoir de vérité

Pour la énième fois, la paix est encore à la croisée des chemins au Nord. Telle une rengaine, le séparatisme remet encore ça : la défiance envers la République et envers la Communauté internationale.
Prenant prétexte la légitime riposte des forces internationales, la conspiration séparatiste orchestre encore une fois un climat insurrectionnel à Kidal, s’attaque aux forces onusiennes et menace de se retirer du processus de paix. Une attitude qui pédale à contre sens des efforts jusqu’ici déployés et préoccupe fortement la Médiation qui estime que cette position velléitaire est «de nature à mettre en péril le processus de paix en cours à Alger».
Malgré le silence de cathédrale au niveau officiel, les derniers développements de la situation sur le terrain ne sont pas sans angoisser l’État et faire monter un peu plus le mercure au plan national.
En effet, Kidal est et restera, jusqu’à l’uniformisation totale et complète de la souveraineté sur l’ensemble du territoire national, la première cause prioritaire nationale, la première de toutes les urgences et de toutes les convergences.
L’opinion malienne, chaque patriote, dans sa chair et dans son âme, ne peut ne pas ressentir cette énième provocation envers les forces alliées et ce énième chantage à la paix, comme la ligne rouge que les séparatistes doublés de criminels ont enfin franchie. Mais aussi, comme une vieille stratégie d’éternel retour à la case départ qui ne peut et ne doit prospérer.
Le Mali veut la paix, les Maliens n’aspirent qu’à la paix. Mais, hier comme aujourd’hui, chacun sait qu’elle n’est point la résultante d’éternelles diversions et tergiversations, et surtout d’éternels recommencements.
Le temps est venu de se rappeler quelques petites vérités. La paix se gagne par le dialogue, la guerre ne peut se gagner qu’au bout du combat. Le séparatisme ultra minoritaire, assume son option guerrière contre le Mali, s’affiche comme tel, et se projette dans l’avenir comme tel.
Au nom d’Allah, avons-nous peur de la guerre ? Le digne peuple du Mali a-t-il honte de répondre aux armes par les armes ? Arrêtons ces sérénades pacifistes pour montrer à l’ennemi que nous sommes prêts à mourir pour le Mali.
Le MNLA et sa clique d’alliés ne sont et ne seront jamais « nos frères », sinon ils ne prendraient pas des armes contre leurs « frères », ils n’assassineraient pas leurs « frères », ils ne violeraient pas leurs « sœurs », ils ne laisseraient pas flageller, amputer et lapider leurs « frères » et « sœurs ». Quelle que soit l’amnistie qu’on puisse leur accorder, le Peuple du Mali, qui a vu 153 de ses enfants égorgés et éventrés par ces criminels racistes, ne sera jamais amnésique. Parce que pour le commun des Maliens quand quelqu’un prend des armes et te déclare la guerre, il est ton ennemi. Quand il se refuse à demander pardon, il reste et restera pour toi un ennemi.
Point ne sert de se réclamer d’un passé glorieux si on ne se donne pas le temps et les moyens d’être digne de ses ancêtres. Il est temps de donner tort à tous ceux qui pensent que le Malien contemporain n’a pas les moyens de sa fierté, mais seulement la prétention de sa grandeur. Par Dieu de toutes les chapelles, nous ne sommes pas des lâches et notre volonté de paix n’est pas et ne doit pas être assimilée à une esquive.
C’est pourquoi, chaque Malienne, chaque Malien, doit aujourd’hui se convaincre que le temps de la politique d’évitement est révolu ; que nous ne pouvons pas éternellement faire économie d’une guerre avec ceux qui prétendent s’approprier par les armes d’une partie de notre territoire. La guerre, comme l’a dit le Président ATT et comme l’a redit le Président IBK, nous ne l’a souhaitons pas ; mais s’il le faut, nous la ferons. S’imposera-t-elle demain ? Dans un mois ? Dans une année ? Dans dix ans ? Peut-on éviter la guerre contre ceux qui n’ont reçu comme solution testimoniale que la division de notre pays ?
Soyons prospectifs, car le message de l’Amenokal Intallah Ag Ataher d’outre-tombe servira toujours de bréviaire à ceux que nous avons toujours pompeusement pris pour des « frères égarés ». Et ce message est d’une limpidité conseillère pour toutes les parties : « Non non, toutes ces formes d’administration ne serviront à rien, seule la séparation avec le Mali peut ramener la paix. Si on va vers une fédération, si c’est seulement ça qui est possible, nos populations de l’Azawad ne vont pas accepter le retour du Mali. Ils ne vont jamais accepter ça, car la révolution est rentrée dans leur sang, ainsi que la séparation avec le Mali et c’est sur cette position que je suis aussi.
(…) La solution, c’est la séparation. Seule la séparation peut garantir la paix. Nous avons passé beaucoup d’années avec le Mali et après chaque période d’accalmie, une rébellion se lève et vient balayer tout ce qu’on a construit et on reprend à zéro.»(Extrait d’une interview du 29 novembre 2014 de l’Amenokal Intallah Ag Ataher auquel l’État du Mali dans son humanité a rendu hommage).
Comment s’étonner dès lors qu’un mois après son décès, nous en soyons là : ses descendants qui veulent chasser tout le monde de Kidal, sauf bien sûr les Français !
Au-delà du terrorisme, le danger de la partition de notre pays est, reste et restera toujours d’actualité si nous ne nous donnons pas le temps et les moyens de faire bloc pour défendre et préserver notre héritage, le Mali. Le soutien de la Communauté internationale nous est indispensable, mais nous ne gagnerons jamais contre le séparatisme étant séparés, divisés nous-mêmes.
La libération de Kidal n’est pas un défi du Président IBK, elle est un engagement, une priorité pour chaque Malien. Cette bataille ni IBK, ni aucun autre Malien seul ne peut la gagner. Elle n’est pas terminée, elle ne fait que commencer et se compliquer avec ce qui profile à l’horizon, depuis la semaine dernière à Kidal. C’est ensemble que nous la gagnerons, c’est ensemble que nous la perdrons.
C’est pourquoi, au nom de ce qui nous unit, il nous faut aujourd’hui, plus que le soutien de la Communauté internationale et l’Accord de Ouaga, une union sacrée autour de la Patrie et de la Nation qui dépasse le verbe pour rimer avec l’action et le comportement. Il ne s’agit point d’un cadeau au Président IBK et à son régime (qui gagneraient dans plus d’ouverture) de taire nos divergences et de faire un moratoire sur nos ambitions et agendas personnels que de faire bloc autour de la République et de la Nation éternelle. Notre patriotisme nous le commande, notre devoir de citoyen nous l’impose.

Par Sambi Touré




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