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dimanche 19 novembre 2017
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Kidal: l’installation du gouvernement et du MOC avant 20 juin

Les rideaux sont tombés, lundi dernier, aux environs de 17 heures sur les travaux de la 18e session du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Les recommandations de cette dernière réunion du CSA (Comité de suivi de l’Accord) étaient, hier mardi, au cœur des échanges entre le président du CSA, le diplomate algérien Ahmed BOUTACHE, et les hommes de médias, au Grand hôtel de Bamako ; en présence du chef adjoint de la MINUSMA, Davidse KOEN.

Cette 18e session qui s’est tenue à la veille de la date du 20 juin, deuxième anniversaire, du parachèvement de la signature de l’Accord, a été une occasion pour les parties de mesurer le chemin parcouru et de prendre de nouveaux engagements en faveur de l’accélération du processus de mise en œuvre de cet accord.
Faisant le bilan des activités réalisées depuis la signature de l’accord en 2015, le président du CSA, Ahmed BOUTACHE, a souligné : « Nous avons blanchi des étapes importantes dans la mise en œuvre de l’Accord qui nous permettent de parler de significatives avancées ».
Mais au-delà de ces avancées, il reste, selon M. BOUTACHE, à rendre effectif le fonctionnement des autorités intérimaires et le MOC de Kidal. De même, a-t-il dit, il faut veiller à ce que l’ensemble des mécanismes opérationnels de coordination (MOC) soient mis en place dans l’ensemble des régions le plus rapidement possible.
En ce qui concerne Kidal, il a fait savoir que la MINUSMA avait signé un accord avec la CMA qui lui permet de réaliser les travaux de réhabilitation du camp I de Kidal pour le mettre à la disposition du MOC.
Parmi les acquis, il a souligné, l’installation des autorités intérimaires dans les 5 régions concernées ; la mise en place du MOC dont celui de Gao est déjà fonctionnel ; la tenue de la Conférence d’entente nationale, l’adoption de la loi sur la révision constitutionnelle.
D’ici au 20 juin prochain, les parties s’engagent à rendre effectif le fonctionnement des autorités intérimaires ; la mise en place du MOC à Kidal ; mais aussi et surtout, le retour de l’administration civile, notamment le gouverneur à Kidal.
« Il y a beaucoup d’espoirs, mais il y a aussi beaucoup de travail à faire », a précisé le président du CSA.
Pour cela, il a appelé à des efforts et de la patience de tout le monde.
Il est important que les services sociaux de base puissent être de nouveau assurés dans la région de Kidal où les populations en sont restées longtemps privées.
Par ailleurs, avant le 20 juin, deuxième anniversaire du parachèvement de la signature de l’accord par l’ensemble des parties, l’engagement a été pris par ces derniers à faire un inventaire de l’ensemble des actions qui n’ont pas pu être réalisées, notamment, le DDR, l’intégration des combattants, la réforme sécuritaire, les services sociaux de base prévus dans la période intérimaire par l’Accord, et de mettre en place une nouvelle échéance pour leur mise en œuvre.
Malgré ces retards, le président du CSA se dit confiant. Car de son avis, les parties maliennes sont en train de travailler aujourd’hui dans une plus grande confiance qui permet d’accélérer les choses.
« La voie est ouverte », a-t-il clamé.
En ce qui concerne la révision constitutionnelle, il a fait savoir que la constitution est un cadre général (la loi fondamentale) sur la base de laquelle sont inscrits tous les textes qui régissent la vie de la nation sur différents plans. De ce fait, cette loi ne peut pas être un inventaire de revendications. Elle prend en considération les aspirations, les revendications majeures de principe qui expriment des valeurs pour pouvoir les transcrire dans la constitution.
Pour tout le reste, il y a le parlement et le gouvernement qui peuvent prendre des initiatives.
« Dire que les demandes des mouvements n’ont pas été prises en compte est, à mon avis, tout simplement, un mensonge », a-t-il tranché.
Ce qui est important à souligner, selon lui, c’est que tous les mouvements armés aient été consultés et qu’ils ont eu à formuler par écrit leurs préoccupations. « Seul le temps permettra d’intégrer toutes ses préoccupations », a-t-il souligné.
Quant à celui de l’équipement du MOC, il a rappelé qu’il était question que chacune des parties maliennes fournisse au MOC 200 éléments avec leurs armes légères et également un armement lourd. Et aujourd’hui, au MOC de Gao, a-t-il déploré, il n’y a pas d’armements lourds. « C’est véritablement une aberration », a-t-il dénoncé.
Comment voulez-vous demander à ces éléments armés d’assurer la sécurité des personnes et des biens, dans une région donnée, alors que vous ne leur donnez pas de moyens appropriés, s’est-il interrogé ?
« Si on ne donne pas ces moyens, le MOC ne sera pas en mesure d’assurer sa mission », a tranché le conférencier. Ce qui aggrave cette aberration, de l’avis du conférencier, c’est le fait dire que, on donnera des armes légères au MOC de Kidal, ensuite, il faudra que la force de Barkhane vienne protéger le MOC. Mais alors, à quoi sert-il finalement, s’est-il insurgé. Alors que sa mission première est d’assurer la sécurité des personnes et des biens dans la région où il est installé.
« Toute tergiversation en ce qui concerne la fourniture des armements lourds aux éléments du MOC par chacune des parties maliennes (Gouvernement, CMA, Plateforme) est l’expression d’une mauvaise volonté flagrante qui devrait être perçue comme telle par tout le monde », a-t-il conclu.
De son côté, le chef adjoint de la MINUSMA, Davidse KOEN, a souligné que toutes les parties sont en train de travailler aujourd’hui pour un retour rapide de l’armée malienne à Kidal. Et ce processus commence déjà par les éléments du MOC qui est composé d’au moins 200 hommes de chaque partie.

Par Abdoulaye OUATTARA




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